‹ L'épilepsieChapitre 53 sur 74 · Derl. Klin. Woch., 1877, p. 18a · texte numérisé non relu

Derl. Klin. Woch., 1877, p. 18a

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ment soulevée, la position doit être presque horizontale. Si le malade est tombé dans une chambre peu aérée, on ouvrira les fenêtres pour lui donner de l’air, on le laissera étendu sur un matelas ou sur son lit et on ne troublera pas son sommeil post-paroxystique. On n’essaiera donc pas à le faire revenir à lui, à le réveiller. Le sommeil, après une attaque épileptique, est le meilleur réparateur que le malade puisse se procurer. On aura soin aussi, si le malade gâte pendant son accès, de le changer pour lui éviter une impression morale pénible à son réveil. Une fois qu’il sera réveillé, il faudra aussi le laisser le plus possible dans l’ignorance de ce qui s’est passé. Enfin, si les accès étaient en série, si un véritable état de mal se produisait, il faudrait avoir recours aune médication dont je parlerai plus loin.

Une hygiène des mieux entendues doit être suivie par l’épileptique, et le médecin doit veiller avec le plus grand soin à ce que ses préceptes soient écoutés. 11 évitera ainsi à son malade beaucoup d’accidents.

L’épileptique est un être éminemment excitable et impulsif. Il faut que, par la direction que l’on va donner à l’enfant atteint de cette terrible maladie, on lui évite des excitations funestes. On parviendra à ce résultat en

surveillant son éducation, son instruction, son alimentation et son habitation.

On lèvera de bonne heure l’enfant et après lui avoir fait faire un petit travail manuel et une promenade au grand air, on lui apprendra la lecture, l’écriture et le calcul; mais jamais on ne le poussera vers des travaux intellectuels demandant une grande tension d’esprit. L’assiduité au travail lui est funeste et provoque des convulsions. Il faudra donc varier les occupations. Au travail manuel succédera un repos, une promenade dans les champs, dans des lieux tranquilles et salubres. Les exercices violents lui sont nuisibles comme un travail intellectuel assidu. L’équitation, l’escrime, la natation doivent, dans la plupart des cas, être interdits. Il en est de même de tous les travaux qui exigent une grande dépense musculaire et qui surtout forcent les malades à tenir soit la tête baissée, soit le corps exposé à une vive lumière ou à une chaleur ardente. Un travail manuel trop uniforme, trop prolongé et trop soutenu est nuisible. Il convient, si tel travail manuel demande une application prolongée, de l’alterner avec un autre et de l’entrecouper par des distractions agréables.

La vie calme à la campagne et un travail manuel aux champs leur sont des plus favorables. Le jardinage est le but que l'on doit se proposer dans beaucoup de cas. La vie à la ville, au milieu des affaires et des excitations de tout genre (excitations visuelle, auditive, géné-

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sique, etc.), doit être interdite. Je recommande beaucoup aux parents qui font sortir leurs enfants de l’hospice de temps en temps de ne pas les emmener au théâtre, dans les cafés, ou dans les fêtes publiques. Chaque fois que mes ordres sont enfreints, l’enfant revient plus malade. J'ai été obligé plusieurs fois de suspendre les permissions de sortie. Les enfants manifestent d’abord leur excitation par de l'insomnie, des cauchemars et enfin par un plus grand nombre d’accès convulsifs.

Le professeur chargé de l’éducation d’un enfant épileptique doit avoir une grande fermeté en même temps qu’une grande douceur1. Il doit de plus être très indulgent. Il faut qu'il sache discerner les fautes commises par l’enfant. Les unes sont le fait du vertige, les autres sont le fait d’une inattention volontaire et, dans les deux cas, il doit agir différemment pour réprimander son élève. Ce simple fait, messieurs, vous montre combien il est utile qu'un médecin ait la direction d’une école d’enfants arriérés et épileptiques. Lui seul peut juger ces cas et mettre le professeur en garde contre une méprise.

L’alimentation doit être surveillée avec soin. Nous avons vu que des troubles digestifs sont presque toujours l’indice d’un accès et que, sous l’influence d’un écart de régime, l’épileptique est sujet à des accès convulsifs. Le vin pur, l’alcool sous toutes ses formes

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