‹ L'épilepsieChapitre 56 sur 74 · G, SG · texte numérisé non relu

G, SG

Rapport à la

normale.

De l’étude de ces courbes se dégage uniformément le fait suivant.

L acidité urinaire augmente dans des proportions considérables à la suite du traitement par 1 osséonéurone. Il ne s’agit pas là d’une simple acidification, telle

que celle qui pourrait résulter de l’absorption d’acides minéraux.

En effet, d’une part, l’osséoneurone ayant ses trois fonctions acides neutralisées, est chimiquement neutre; d'autre part, le poids d’acide phosphorique combiné aux deux molécules organiques dissociables ne dépasse pas, pour les doses ingérées, 0,12 (poids contenu dans une cuillerée et demie à café), alors que l’augmentation d’acidité constatée varie de 1 gr. 12 à 1 gr. 34. Le médicament a donc agi d’une façon purement physiologique et l’augmentation de l’acidité est due à une modification survenue dans les échanges intercellulaires.

Cette action de l’osséoneurone, si différente de celle des autres phosphates, dont les uns, les phosphates minéraux, ne paraissent avoir aucune action à cet égard, les autres, les glycérophosphates, ont une action nettement contraire et abaissent le taux de l'acidité urinaire (Portes, Cliron. méd.), pouvait être le fait saillant de la médication osséoneurique.

Il convient en outre de remarquer que, malgré l’absorplion du phosphate organique, le chiffre des phosphates minéraux excrétés reste stationnaire. Les phosphates organiques administrés sous forme d’osséoneurone sont donc restés fixés dans les tissus, dans lesquels ils s’accumulent.

Les observations cliniques faites pendant le court espace de temps qu’ont duré les expériences (un mois)

TRAITEMENT

ont permis do constater que le médicament est bien supporté par les malades qui manifestent pour lui une véritable appétence. L’état général paraît amélioré, on constate une augmentation de l’appétit qui, chez la malade Charr. se traduit par une augmentation de poids de 3 kilog-. f>00, dans l’espace de trois semaines.

Au point de vue spécial de son action sur le nombre des attaques, les expériences n’ayant pas été continuées pendant un temps suffisamment long-, il ne nous est pas permis de nous prononcer à cet égard.

Le nombre des attaques a été moins considérable chez les adultes pendant ce mois de traitement, que pendant les autres mois. Chez les enfants, au contraire, le nombre des attaques aurait été le même, et même un peu augmenté chez Mig... et Esn... Il faudra prolonger ce traitement et l’associer au bromure de potassium pour en avoir une idée bien exacte. C’est ce que je me propose de faire. Mais il faut retenir de ces expériences que l’acidité urinaire est augmentée, ce qui prouve l’assimilation du médicament, que l’appétit est amélioré, que l'état général est heureusement modifié, et que nous avons dans ce médicament un précieux auxiliaire pour l’amélioration de la nutrition générale.

La balnéation et l’hydrothérapie doivent être recommandées et prescrites avec méthode. C’est un moyen excellent pour obtenir la sédation et en même temps la

tonification du système nerveux. De plus il favorise les

fonctions de la peau et par suite l’élimination des toxines de l’économie. Il doit être prescrit en même temps qu’une médication interne. Les bains ne doivent pas être de longue durée : dix à quinze minutes au plus et à une température de 35° au maximum. Dans les cas d’excitation maniaque les bains sont prolongés (plusieurs heures), mais je n’ai en vue en ce moment que l’hygiène du malade.

La douche doit être brisée, en éventail. Un jet plein sous la plante des pieds termine cette opération. On doit éviter de mouiller la tête. Sa durée est de quinze à vingt secondes. Si le malade est d’une impressionnabilité excessive, et s’il a peur de l’eau froide, je prescris une douche tiède et, au bout d’un certain temps, j’arrive graduellement à la température de l’air extérieur. Pour qu’une douche produise de bons effets, il faut que la réaction se fasse bien et tous nos malades ne réagissent pas de la même façon. On est donc obligé de tâter son malade avant d’établir un traitement formel. Un bain de pieds chaud après la douche ou une douche de jet plein sous la plante des pieds sont souvent utiles pour achever la réaction et décongestionner la tête.

Une habitation spacieuse bien aérée, bien exposée au soleil levant, doit être recherchée pour ces malades. Us doivent habiter un rez-de-chaussée un peu surélevé, sur cave, si possible, et ne jamais habiter une maison à plusieurs étages, car les chutes dans les escaliers sont

TRAITEMENT

trop dangereuses. C’est celte raison qui a guidé les architectes de la Salpêtrière. Vous voyez que mon service d’épileptiques ne comporte aucun étage. De grandes cours et de grands jardins doivent entourer ces bâtiments. Quand les malades ont de l’espace devant eux, ils s’excitent bien moins souvent que lorsqu’ils sont réunis dans un espace restreint. Il y a d’une part moins de frottement entre chaque malade et, par conséquent, moins de causes de disputes et de contrariétés, et d'autre part la vue d’une grande étendue à parcourir les soulage et leur fait plaisir.

Tous les médecins s’accordent à dire que les travaux agricoles et horticoles sont les plus favorables pour l’amélioration et même la guérison de certains malades. 11 serait très désirable que des colonies agricoles fussent installées pour recevoir ces pauvres déshérités de la nature humaine.

La plupart de ces malheureux sont renvoyés des ateliers où ils travaillent et sont exposés ainsi à la plus grande misère. Il faudrait installer des colonies comme à Biclefeld, en Westphalie, où l'épileptique, par son travail, paierait sa nourriture et son logement. En ce moment-ci un épileptique ne peut être hospitalisé que s’il présente, en même temps que ses accès convulsifs, de la folie. Une fois son délire passé, il doit être renvoyé. Cette distinction entre les épileptiques aliénés et les épileptiques simples n’est pas juste, car un épilep-

tique simple peut devenir tout d’un coup aliéné et un épileptique réputé aliéné peut rester long-temps sans présenter de trouble mental. La création d’asiles ouverts, avec colonie agricole adjacente, est très désirable; on ne

saurait trop engager l’Etat à fonder ces établissements.

Nous avons vu que certains épileptiques sont très dangereux et même criminels. Devons-nous, une fois que ces malades sont devenus ou paraissent devenus inolîensifs sous l'influence du traitement, les mettre en liberté? La loi de 1838 11e permet pas de retenir dans un asile, comme aliéné, un individu guéri de son aliénation. Eli bien, je pense que vous devez garder toujours enfermé un individu qui a commis un crime, parce que cet individu est susceptible d’en commettre un autre sous l’influence d’un autre accès, surtout s’il est placé dans les mêmes conditions que la première fois. Nous savons en effet que, dans leur délire, ces malades ont un ou deux clichés invariables, qu’ils répètent toujours les mêmes actes et les mêmes paroles. Je conseillerai donc à un médecin d’établissement d’aliénés de refuser la sortie à ce malade et de provoquer, si sa détermination n’est pas acceptée, une consultation de médecins légistes qui feront un rapport et prendront la responsabilité de la sortie ou de l’internement. Cette consultation médico-légale vous sera toujours d’un grand secours; elle mettra votre responsabilité à couvert et elle vous débarrassera de solliciteurs très gênants. Vous

TRAITEMENT

vous étonnerez peut-être, messieurs, de m’entendre parler ainsi, de me voir sacrifier la liberté individuelle. La loi de 1838 dit qu’on ne peut retenir enfermé un individu qui a recouvré sa raison. J’applaudis des deux mains à cet article de loi; mais quand on sait qu’un homme, qui a tué son semblable, peut commettre le même coup aussitôt que son accès le reprendra, j’estime que l’intérêt général doit passer avant l’intérêt particulier. Si j’étais sùr du contraire, si j’étais sûr que cet homme n’eût jamais de rechute, je lui ouvrirais tout de suite les portes de l’établissement. Mais, encore une fois, je suis convaincu qu’il retombera. A tout considérer, messieurs, cet épileptique criminel que vous maintiendrez toute sa vie dans un établissement d’aliénés n’est, pas très à plaindre. Si la cause de l’aliénation mentale n’était pas intervenue, il aurait été condamné aux travaux forcés ou à la peine de mort. Sa maladie lui a donc donné la vie sauve et cette vie, il la passera dans le calme, à l’abri des luttes pour l’existence et, grâce à cette vie régulière, il verra ses accès diminuer de nombre et d’intensité. Il pourra peut-être ainsi reculer de plusieurs années sa déchéance intellectuelle, qui, comme je vous l’ai montré dans le cours de ces leçons, est toujours fatale, quand les accès sont fréquents.

Nous avons passé en revue les moyens employés pour prévenir un accès et ceux qu’il faut mettre en usage quand le malade a un accès. Voyons maintenant ceux que l’on emploie quand la cause est déterminée.

Quand l’épilepsie est d’origine traumatique, quand elle est due à un enfoncement, à une fracture du crâne, la trépanation est indiquée, et la guérison est possible. L’ancienneté de la maladie est une condition défavorable, mais ce n’est pas une contre-indication, car des cas de guérison parfaite existent dans la science. Ilorsley 1 a môme pratiqué avec succès la trépanation, l'incision de la dure-mère et l’excision d’une partie de substance cérébrale chez un sujet présentant une cicatrice ancienne de l’écorce grise. Dans les cas de pachyméningite, de tumeur cérébrale, de kyste, d’épanchement, etc., siégeant au niveau des circonvolutions, on doit employer ce moyen. Mais on doit le rejeter quand on n’a pas de signes certains de localisation cérébrale.

Quand l'épilepsie est due à des lésions des nerfs périphériques, que ces lésions siègent sur les troncs nerveux eux-mêmes ou dans les tissus qui reçoivent leurs ramifications, l’intervention chirurgicale donne quelquefois

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