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dissipé sans laisser après lui de faiblesse durable, Le jour suivant, il eut trois ou quatre accès semblables puis tout rentra dans l’ordre. Pendant deux ans, Fort... se porta bien. Depuis trois mois les accès de fourmillement ont reparu avec le même caractère. [ls surviennent à intervalles réguliers sans qu'aucune excitation antérieure paraisse les provoquer. [ls débutent toujours brusquement par le milieu de la face palmaire de la main droite. Le malade ressent tout à coup dans ce point précis des fourmillements et des picotements qui gagnent en deux secondes tout le bras et toute la moitié de la face. Les picotements persistent pendant deux minutes puis ils disparaissent brusquement. Après l'accès, la main reste endormie pendant une heure. À aucun moment le malade n’éprouve des éblouissements ou des vertiges. Pas de céphalalgies consécutives. Jamais d’engourdissement dans le membre inférieur. Dans les intervalles des accès la motilité et la force du membre supérieur sont normales. [l n’y avait pas d’atrophie.
OBsERVATION DE CHarcor (1).
Mme A.…., 31 ans, nerveuse. Convulsions dans le jeune âge. Depuis buit ans elle est sujette à des engourdissements de la main droite plus marqués dans la sphère du cubital. [ls se manifestent le plus souvent le matin au lever et se reproduisent tous les jours. Jamais ils ne remontent dans le bras, mais parfois la malade perçoit des sensations analogues dans la jambe. Elle éprouve en même temps une sorte de battement autour de la bouche, surtout à droite. Ces sensations sont quelquefois suivies de vertiges avec sensation de constriction dans la partie postérieure de la tête. Ces accès d’engourdissement durent environ une heure. Elle a depuis quelque temps de grandes attaques convulsives.
OBSERVATION DE FéRÉ (2).
B..., 8 ans. A l’âge de # ans convulsions. Elle se plaint d'accès d'engourdissements précédés de sensations de fourmillements dans la
(1) CHarcor, Leçons du Mardi.
(2) Ch. Féré, Les épilepsies et les épileptiques, Paris, 1890.
paume de la main. Elle sent venir l’attaque; elle en avertit sa mère. Les sensations éprouvées dans la main durent quelques minutes. La main atteinte est alors crispée, fortement fléchie sur le bras. Parfois les deux membres à la fois présentent ces symptômes. Quelques secondes après le début de ces accidents, elle devient inconsciente sans convulsions et s'endort pendant plusieurs heures. Parfois l'enfant dit qu’elle a un accès, et, rien extérieurement ne le dénote. Elle ressent alors «une sensation bizarre » qui la fatigue. Elle est ensuite comme hébétée. Le bromure de potassium a modifié son état.
Dans la première observation, nous sommes en présence | de troubles sensitifs survenant à intervalles plus ou moins rapprochés, laissant le membre dans un affaiblissement notable, dans un engourdissement qui rend le malade incapable de travailler. On pourrait songer à certaines crampes professionnelles qui rendent impotent un membre fatigué. Chez ce malade l’accès éclate en dehors de son travail, rien ne paraît provoquer particulièrement sa venue. Les intervalles qui séparent les accès n’auraient point une aussi grande durée si nous étions en présence d’un trouble moteur produit par le travail du malade. Certaines atrophies musculaires, certaines paralysies débutent par des fourmillements, de l’engourdissement dans les parties lésées.. Voilà six à sept ans que le malade éprouve ces sensations désagréables, ses forces sont normales, ses muscles ont toute leur vigueur. Les phénomènes qui rappellent le plus ceux de notre malade sont ceux de l'aura sensitive qui précèdent là grande attaque. Même début inexplicable et subit, mêmesirradiations, mêmes intermittences,mêmeinnocuité consécutive. Le membre affecté est dans un état identique à celui d’une partie du corps qui a été atteinte par les con-
ASSET AE)
vulsions. Il semble épuisé alors que le malade a conservé toute sa vigueur: son impotence d’ailleurs n'est que passagère.
Chez notre deuxième malade nous trouvons pendant huit ans des manifestations absolument analogues à celles du sujet observé par Pitres. Nous nous trouvons en présence de sensations ayant les mêmes caractères : mais le vertige et la perte de la connaissance qui les accompagnent éclairent le diagnostic. Voilà donc une malade qui pendant huit ans n’a eu comme manifestation de la névrose que de l'engourdissement. Celui-ci plus tard deviendra l’aura de la grande attaque. Ces deux phénomènes apparaîtront ensemble chez cette même malade, ils seront donc bien les effets d’une même cause; ils ont bien une même origine.
Rapprochons de ces faits Les accès avortés de la grande épilepsie. Certains malades atteints de grand mal conjurent leur chute en serrant fortement le membre ou la région d’où part l'aura. Ils n’éprouvent alors qu'une sensation d'engourdissement ou de picotement, symptôme précurseur de la grande attaque. Ces attaques avortées se produisent sans l'intervention du patient, on les observe bien avant l’apparition des accès convulsifs, M. le professeur Joffroy dans ses leçons cite l'exemple d’une malade qui, à certains moments, éprouvait une constriction violente de la gorge. Elle sentait une boule qui remontait de l’épigastre à la région cervicale. Sa face était un peu grimaçante, sa bouche légèrement déviée. Cette sensation pénible durait quelques instants, elle avait ensuite un air abasourdi, hébété caractéristique. L'absence de stigmates hystériques fit penser à l'épilepsie. Chez certains malades ce sont les
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muscles inspirateurs qui semblent convulsés, la respiration estpénible, saccadée, le malade pâlit à une sensation passagère d'oppression. Rien n’explique ces phénomènes de courte durée. Plus tard l’apparition de l'épilepsie jette un jour révélateur sur ces troubles antérieurs. La ressemblance de ces dérangements passagers avec l’aura épileptique, leur coexistence postérieure chez un même malade nous permettent de les rattacher à l’épilepsie. Les phénomènes qui les accompagnent seuls autorisent un diagnostic parfois très délicat. Leur localisation anormale augmente la difficulté.
OBservarioN DE Logrrerts (4).
Antécédents héréditaires. — Sœur mélancolique.
Antécédents personnels. — Maniaque avérée : a eu un enfant mort à la suite de convulsions. En 1885, en montant un escalier, en sentant une odeur un peu forte, souvent sans aucun motif, elle ressent un chatouillement dans le larynx. Elle fait quelques mouvements de déglutition, puis il se produit un engourdissement de la main droite et des bras, elle chancelle sur ses jambes. A cette époque-là elle n'avait jamais eu ni perte de la connaissance ni vertige. (L'examen laryngé était resté négatif.) En 1887, elle a de grandes attaques précédées du picotement du larynx et de l’engourdissement de la main droite.
Le chatouillement de la muqueuse laryngée comme les sensations d’engourdissement étaient les premières manifestations de la névrose. Une lésion organique même méconnue ne saurait occasionner des symptômes aussi inconstants etaussi capricieux dans leur allure. De plus, les caractères de l'irradiation de l’aura, les vertiges, la perte
(1) Lœrrerts, News facts in laryngolosy. Med. News, 1883.
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de la connaissance, sont autant de traits particuliers à l’épilepsie. Les antécédents de la malade semblaientd'ailleurs rendre possibles les troubles postérieurs.
Nombreuses d’ailleurs sont les affections que la névrose simule. Trousseau dans ses cliniques a depuis longtemps signalé les maladies viscérales dont elle prend le masque. Les sensations qui s’irradient d'un point vers un autre peuvent, dans certains cas, présenter une analogie absolue avec les fourmillements douloureux de l’angine de poitrine. En général ceux-ci vont du tronc dans le membre, ils sont très douloureux, l'angoisse du malade est très considérable. Dans l'épilepsie, les sensations moins pénibles suivent en général une route inverse et vont du membre vers le tronc. Bernheim (1) (1878), dans ses cliniques, cite l'exemple d’un malade épileptique avéré, chez lequel on observait une angoisse, un serrement épigastrique, des irradiations doulou reuses absolument semblables à ceux d’un angineux. Il n'avait pourtant point d'angine ». L'examen de l'appareil circulatoire, les antécédents pathologiques du malade, peu- * vent en dire plus long que l’étude des phénomènes sensitifs, lorsqu'on hésite entre l’épilepsie et l’angine de poitrine.
Certains auteurs ont vu des rapports entre l’asthme et l’épilepsie. Ces deux névroses ont été souvent observées chez le même malade. L'apparition des deux genres d'accès: semble alterner. L'hérédité qui y prédispose semble être la même. Salter (2) (1860) et Shüle (3) dans ses cliniques
(1) BerNHEIM, Leçons de clinique méd.
(2) Sazrer, On asthma, 1860, p. 44.
(8) SauLe, Tr. clinique des maladies anentales, p. 442, COMBRET +
S'RA) Afue
citent des cas d'asthme chez des épileptiques. Ce dernier en particulier rapporte l’histoire d’un soldat qui,sans troubles respiratoires appréciables à l'auscultation, avait une oppression, une gêne respiratoire extraordinaires, un délire violent survenant pendant les accès. Il attribua ces désordres à l’épilepsie à cause de l’inconscience et de l’amnésie du malade. Dans l'observation suivante, nous allons retrouver des manifestations dont l'origine n’est pas douteuse.