OBSERVATION DE BERNHEIM
Antécédents héréditaires. — Pèreasthmatique. Mèrehystérique. Tante, maladie de Basedow: 2 frères morts de convulsions.
Antécédents personnels. — À. R... âgé de 18 ans. A l’âge de deux ans, accès d'asthme qui deviennent de plus en plus fréquents jusqu’à 13 ans, Au moment de la puberté, les accès d'asthme disparaissent et sont remplacés par des attaques d’épilepsie nocturne avec incontinence d’urine et morsure de la langue. Intelligence faible.
Les antécédents héréditaires du malade, où l'élément arthritique et nerveux se trouvent représentés, nous expli: quent suffisamment l’étroit lien qui semble relier l'asthme et l’épilepsie. Chez lui le mal comitial a été précédé par l'asthme. Celui-ci peut être rapproché de l’épilepsie à cause de l'élément convulsif limité aux muscles du thorax. Ce qui semblerait justifier cette hypothèse: à savoir que les accès d’oppression — comme les spasmes de la glotte d’après les auteurs anglais — sont une manifestation de l’épilepsie, c’est d’abord la coexistence des deux ordres de phénomènes chez le même malade ou leur apparition successive. Dans l'observation que nous avons rapportée,
l'asthme est le premier symptôme d’un état nerveux qui se -traduira plus tard par l'épilepsie convulsive.
On a décrit souvent les migraines des épileptiques avérés : on a dit que souvent les convulsions étaient remplacées par l'apparition de ces affections douloureuses. Parfois elles sont les premières manifestations du mal comitial. Dans ce cas elles sont excessivement douloureuses : leur brusque apparition, leur disparition subite, la période de torpeur et de somnolence qui leur succède sont caractéristiques. En étudiant les phénomènes qui les accompagnent, on peut faire un diagnostic que l'absence de convulsions rend difficile.
OBsERVATION DE Gray (1).
Antécédents héréditaires. — Mère migraineuse. Tante maternelle mélancolique internée. Frère aîné mort de convulsions. Antécédents personnels. — À..., âgé de 27 ans. Accidents convulsifs
de-7 à 8 ans. Sujet à des céphalées pouvant durer toute une journée. A 11 ans, elles disparaissent pour se reproduire à 15 ans. Elles affectent surtout le côté droit du front sans troubles sensoriels. Ces migraines se reproduisent presque à périodes fixes, elles apparaissent chaque quinze jours. Lorsque les douleurs étaient très intenses, elles déterminaient des spasmes de l’orbiculaire des paupières. Peu à peu, ce spasme s’est établi à l’état permanent et, depuis l'âge de 25 ans, le malade est affecté d’un tic non douloureux de l’orbiculaire droit qui persiste dans lintervallée des migraines. Il avait 28 ans, lorsque son premier accès d’épilepsie a éclaté après une attaque de migraine. Îl sentait, comme d’ordinaire depuis quelques années, un endolorissement de la région frontale avec recrudescence du tic de l’orbiculaire quand une contrariété provoqua l'apparition de la grande attaque. Depuis cette époque, les mi-
(4) Gray, The correlation and unterconvertibility of migraine and epilepsy. Pathologist, Brooklyn, 1881.