‹ L'Épilepsie LarvéeChapitre 4 sur 25 · ASTON · texte numérisé non relu

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impulsions nous permettra de rattacher à cette dernière, des faits d’aliénation mentale, que certaines névroses semblent aussi produire.

Nous diviserons notre thèse en quatre parties :

1° Troubles moteurs de l’épilepsie larvée ;

2° Troubles sensitifs de l’épilepsie larvée ;

3° Troubles sensoriels dus à l’épilepsie larvée ;

4° Troubles psychiques dus à l’épilepsie larvée.

Avant d'aborder notre sujet nous nous faisons un devoir d'adresser à tous nos maîtres de Paris, l'hommage de notre profonde reconnaissance, pour les conseils qu’ils nous ont prodigués dans le cours de nos études médicales.

M. le D' Toulouse, chef de clinique à la Faculté de Paris, nous a donné d’utiles conseils pour mener à bonne fin notre travail : nous l’en remercions sincèrement.

M. le Professeur Joffroy, en acceptant la présidence de notre thèse, nous à fait un honneur, dont nous ne saurions lui être assez obligé.

Historique.

Les médecins de l’antiquité ont indiqué tous les symptômes de la grande attaque d’épilepsie, l’aura qui la précède, la convulsion qui la caractérise, les délires parfois impulsifs, qui se manifestent après elle. Ils ont vu la névrose dans son ensemble, ils ont méconnu ses fragmentations,ses dissociations. Jusqu'au X VII: siècle il semble qu'on n’ait pas observé les accès incomplets de l’épilepsie., En 1742 dans son Traité de l'épilepsie, Brescon s'exprime ainsi : « Il y a des auteurs qui ont vu des épileptiques qui ne tombaient pas, qui restaient debout, d’autres enfin qui couraient. J’altérerais la vérité si je rapportais en avoir vu de semblables, mais un médecin plus moderne assure avoir observé tous ces cas dans le même malade. Ettmüller même, dit en avoir vu un « danser en rond et déchirer dans son paroxysme, ses habits et sa chemise ». On n’admet pas à cette époque l’épilepsie sans son cortège de symptômes habituels. »

Dans son Traité de pathologie interne, J. Frank (1821) fait mention de « l’épilepsie larvée ». Pour lui comme pour Werlhof cette affection est une « fièvre intermittente larvée pernicieuse, qui rappelle l’épilepsie ou Péclampsie ». Georget (1831) cite, comme eux, cette variété du mal comitial,

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qui n’a rien à voir; avec les phénomènes qui nous occupent. Ces auteurs en effet attribuent à l’épilepsie des troubles qui n’ont rien de commun avec elle. En revanche toutes les manifestations larvées de l’épilepsie, surtout les manifestations psychiques, sont rattachées à des affections diverses. Pinel, Calmeil, Bouchut et Cazauvieilh, dans leurs ouvrages, s'occupent de la folie transitoire, de la folie intermittente, de la folie spontanée. Ces auteurs, comme Esquirol lorsqu'il nous parle de la monomanie homicide, dépeignent sous des noms divers des manifestations frustres de la névrose. Plus tard Falret prendra ces observations comme des types d’épilepsie larvée.

C’est Piorry, qui le premier a publié (1845) sous le nom « d’épilepsie incomplète », la première observation d'épilepsie,purement sensitive.« Des fourmillements, dit-il, parcourent le bras en descendant de l’épaule, jusqu’au bout des doigts: les mains sont fortement contracturées. Pendant ces accès, les souvenirs sont vagues et confus, la vision au réveil est troublée par des brouillards légers, par quelques éblouissements ». Voilà tous les symptômes qui autorisent Piorry à dénoncer l'existence de la névrose.

Les absences, les vertiges permettront à Cavalier (1854) de remonter à la cause de certains troubles psychiques. Herpin (1853) dans son traité sur les « accès incomplets » rattache à l'épilepsie certains troubles moteurs et sensitifs.

« Les accès incomplets, dit-il, sont des phénomènes qui apparaissent à une époque plus ou moins éloignée des attaques convulsives. Ils consistent en crampes d'un membre, en convulsions partielles, en spasmes viscéraux, en

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commotions. L'absence elle-même, un des signes les plus importants de l’épilepsie, est souvent prise pour une syncope et cependant, on ne saurait oublier que la rapidité de l'invasion, l'absence absolue de connaissance, l’égarement consécutif de la physionomie, la soudaineté avec laquelle les malades reprennent la phrase interrompue, l'existence simultanée d’une grimace, d’un peu d’écume à la bouche sont éminemment propres à l’épilepsie ». Les accès incomplets dont parle Herpin font partie des désordres que nous aurons à étudier.

La description du « petit mal» de Trousseau (1868) qui, à bon droit, est restée classique a fait faire un grand pas à la connaissance des formes frustes de l’épilepsie. C’est lui, qui le premier a étudié en France les attaques nocturnes méconnues, les névralgies épileptiformes, les fausses angines de poitrine, autant d'états morbides dont on méconnaissait la cause. Il a aussi décrit à merveille les attaques vertigineuses, les absences, qui parfois seules manifestent apparemment la névrose.

Morel (1869) sous le nom d’épilepsie larvée a magistralement étudié les troubles psychiques du mal comitial, qui ne sont point en rapport avec un état convulsif antérieur.C’est lui qui, le premier, a décrit l’épilepsie exclusivement psychique. Au lieu de conclure de l’épilepsie au délire, ajoutait Fabret{1860), on doit chercher à remonter du délire à l’épilepsie. Une observation attentive de certains phénomènes délirants, permet de reconnaître des caractères assez spéciaux pour faire soupçonner leur origine. Legrand du Saulle,Magnan en France : Griesinger, Leidesdorf, Krafft-Ebing, Samdt, Westphal, Gowers, Hamil-

COMBRET ?

ton, Martinencq, Algéri etc. etc. à l'étranger, ont adopté les. idées de Morel sur l’épilepsie larvée. Le dernier congrès des aliénistes (Bordeaux, 1895) s'est rallié aux conclusions de son rapporteur, V. Parant,qui admet la théorie de l’épilepsie larvée.

Il existe une manifestation étrange de cette affection, qui semble n'avoir été étudiée que dans ces dernières années. Depuis Hippocrate, on savait que les épileptiques dans le délire se livraient à des actes inconscients, à des fugues inexpliquées. Bourneville et Bricon (1889), sont les premiers auteurs qui ont démontré que la folie procursive pouvait bien être la seule manifestation du mal comitial. Mairet, la même année, prouvait que c'était là une manifestation dépendant fréquemment de l’épilepsie. Plus tard Charcot, Ladame, citèrent de nouveaux exemples d’automatisme ambulatoire, d’origine comitiale.

L’étude des troubles exclusivement sensitifs de l’épilepsie commencée par Piorry (1845), a été reprise ces derniers temps par Pitres.

Delasiauve et Connolly, sont les premiers auteurs qui aient cité des attaques d’épilepsie uniquement constituées par des troubles sensoriels ou des hallucinations. Cette forme-là a surtout été étudiée par Jakson, Anderson,Hammon, Hamilton.

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