‹ L'Épilepsie LarvéeChapitre 8 sur 25 · LD LOT · texte numérisé non relu

LD LOT

chaque jour. Cela dura une heure environ. [1 sentait la venue de la crise, il en prévenait sa femme, dès qu’il sentait l’engourdissement. Ce malade présenta comme le précédent une alternative de phénomènes normaux et anormaux. Îl sortit de l'hôpital et ne put être observé plus longtemps.

OnsERvATION DE Trousseau (4).

Jeune fille, 48 ans. Tante et grand'tante maternelles étaient épileptiques. Dans ses accès elle pousse un cri plaintif, elle porte la main au creux de l’estomac et tourne la tête d’un côté. Sa face est grimaçante, son regard fixe. Avant qu'une minute se soit écoulée, tout paraissait ini, la malade se levait avec un air hébété en chancelant. Trousseau l’interroge, elle fait signe qu’elle ne peut parler. Quelque temps après, elle proférait des mots inarticulés, la parole devenait de moins en moins embarrassée. Peu à peu elle recouvrit l'intégrité du langage.

Dans l'observation de Bateman, nous retrouvons l’aura sensitive, cette sensation de fourmillement, cette douleur à la nuque, tous phénomènes annonçant les attaques convulsives. Le malade en éprouvant ces préludes reconnait la venue de l'attaque. Le paroxysme semble être d'ordre psychique. Ce délire violent avec tendances dangereuses est fréquent dans l’épilepsie, cette inconscience, cette amnésie sont autant de caractères que l’on retrouve dans le mal comitial. Quant à l’aphasie, qui survient après ces

‘troubles intellectuels, nous pouvons la considérer comme

une paralysie due à l'épuisement des cellules de lécorce. L'apparition brusque et rapide des symptômes, leur disparition instantanée, sont autant de caractères que nous avons déjà trouvés en étudiant les paralysies.

(1) Ciin. de l’Hôtel-Dieu, p. 111, t. 11.

La première attaque d'aphasie qui dure six semaines semble dépendre d’unelésion organique.Dans la suite nous retrouvons les évolutions rapides de la névrose, qui apparaît, disparaît tour à tour jusqu’à l’entrée en scène des phénomènes convulsifs. Ceux-ci établis, l’aphasie s’efface.

lorsque l’artérite ou l’embolie produisent l’aphasie, celle-ci est brusque, instantanée, mais sa durée est considérable. Si le malade recouvre la parole, c’est progressivement, les troubles fonctionnels persistent assez longtemps et s'accompagnent de troubles moteurs. Dans l’aphasie, d'origine comitiale, le retour de la parole est instantané. Le langage revient dans toute son intégrité. Dans l’intervalle des accès le malade parle librement, ses mouvements sont nombreux. Dans l’aphasie due à un trouble vasculaire, il n’y a ni intermittence, ni périodicité des symptômes. La décharge épileptique seule affecte ces variations brusques, instantanées, elle seule peut produire cette aphasie transitoire et fugitive. Lorsqu'elle atteint la circonvolution de Broca, le malade ne peut plus accomplir l’acte physico-psychique par lequel l’idée est convertie en langage articulé.

Le malade de Trousseau offre des symptômes qui nous éclairent sur le diagnostic. Les mouvements de la tête, les contractions des muscles de la face, l'air hébété qu'a le sujet à son réveil, sont autant de traits qui nous permettent de rattacher son aphasie à la névrose. Son hérédité d'ailleurs semble justifier notre assertion.

Les caractères de l’aphasie observée dans les exemples précédents, joints aux phénomènes concomitants très communs dans l’épilepsie convulsive, semblent nous au-

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ni

toriser à rattacher les troubles du langage au mal comitial.

Les troubles de la parole des paralytiques généraux ont des caractères particuliers qui les distinguent : le mutisme, le bégayement des hystériques s’accompagnent de symptômes qui ne permettent point la confusion.

$ 3. — Attaques apoplectiformes.

Romberg (1857) le premier démontra qu’une attaque apoplectiforme pouvait être la première manifestation del'épilepsie. Trousseau (1868) dans ses Cliniques de l Hôtel- Dieu en cite de nombreux exemples :

OBsERvATION DE Trousseau (1).

Il est un jour appelé auprès d’un malade âgé de 42 ans qui a perdu connaissance. [lle trouve sur son lit avec un visage vultueux congestionné. La respiration est difficile. Le malade est privé du mouvement, sa sensibilité est abolie. On le met dans la position demi-assise, on se contente de lui fouetter le visage avec un mouchoir mouillé, Une heure après, ée malade, sans autre traitement, recouvrait l’usage de toutes ses facultés. Il n'éprouvait qu'un peu de fatigue, une légère courbature. Plus tard, ces attaques dans lesquelles on ne pouvait surprendre aucun spasme, aucune contraction partielle, se répétèrent avec la même brièveté, la même innocuité consécutive. Elles devinrent de plus en plus fréquentes : on en observa jusqu’à six par jour. Plus tard, elles se transformèrent en grandes attaques convulsives. L'intelligence du malade s'était beaucoup affaiblie.

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