‹ L'Épilepsie LarvéeChapitre 9 sur 25 · OBSERVATION DE FÉRÉ · texte numérisé non relu

OBSERVATION DE FÉRÉ

Ch. Féré prenait à un malade des mesures anthropométriques. Tout à coup, il le voit pâlir, regarder fixement et tomber en arrière comme

(1) Trousseau, Clin. de l'Hôtel-Dieu, 1868,-p. 69, t. II. (2) Cu. FÉRÉ, Les épilepsies et les épileptiques, 1890, p. 115.

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foudroyé, sans mouvement, sans rigidité. Sa face se congestionne, la respiration devient stertoreuse. Lorsqu'on ouvre ses vêtements, on s'aperçoit qu'il a uriné sous lui. [l est dans la résolution complète, ne répond à aucune excitation. Les deux yeux sont ouverts, les pupilles sont dilatées et immobiles. Les réflexes rotuliens sont abolis et le pouls est dépressible. Au bout de cinq minutes, la respiration reprend le type normal, le pincement provoque des mouvements. Le malade répond aux interpellations par un grognement et retombe dans sa torpeur. Il s’endort pendant une heure environ. À son réveil, nul souvenir de ce qui s'est passé. Il a oublié même l'endroit où il se trouvait avant d’être frappé. Il a donc une amnésie rétroactive de cinq à dix minutes.

Dans ces cas, on le voit, les malades tombent foudroyés sans aura, sans convulsions. Leur visage est violacé, vultueux, leur respiration stertoreuse. Parfois ils urinent sous eux. La perte de là connaissance est complète. Voilà bien la description d’une attaque d'apoplexie. Si on interroge les antécédents, on ne trouve ni intoxication chronique,ni syphilis,ni lésion cardiaque, pouvant expliquer ces symptômes, chez un homme jeune, n'ayant point un tempérament apoplectique. D'autant plus que rien, les jours précédents, n’a fait prévoir cet événement. Quelques instants après la chute, une heure après environ, le malade a repris possession de toutes ses facultés. Il n’a gardé aucun souvenir de son attaque. Sa motilité, sa sensibilité sont normales. Il n’éprouve qu'un peu de fatigue, une légère courbature. Après un sommeil réparateur qui s'empare de lui, il reprendra sa vie accoutumée. Une nouvelle attaque se produira à quelque temps de là, qu’il traversera avec la même innocuité. Ainsi s'établira cette série périodique d’accès passagers inoffensifs, qui constituent cette forme larvée de l’épilepsie. Les convulsions, l’affaiblissement des

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facultés intellectuelles complètent le tableau. L'attaque apoplectiforme se transformera en grande attaque convulsive. Tantôt ces deux formes alterneront comme manifestations de la névrose, tantôt la seconde remplacera complètement la première. L'existence simultanée de ces deux formes de l’épilepsie chez un même malade, la transformation graduelle de la forme larvée en grande attaque, l'apparition périodique, l’intermittence des symptômes, nous autorisent ainsi que l’amnésie-à rattacher au mal comitial les désordres que nous décrivons.

Tel n’est pas le tableau de l’apoplexie. Depuis quelque temps, le malade sent que quelque chose d’anormal se prépare. Il à un vague pressentiment d’un malaise prochain. Lorsque l'attaque a eu lieu, le retour à la santé est. plus lent, les paralysies ne sont pas rares, le plus souvent elles persistent un certain temps. Le passé du malade peut éclairer le diagnostic. Les antécédents morbides des individus, chez lesquels une attaque apoplectiforme est le premier symptôme de la paralysie générale, serviront à faire un diagnostic parfois délicat. Au moment de l’attaque il est parfois téméraire de rattacher l’accident à une cause certaine. Il est prudent de s'abstenir, tant que des signes certains ne sont pas venus postérieurement éclairer le phénomène primitif. L'hystérie peut, elle aussi, se manifester par des chutes soudaines, sans que les convulsions caractéristiques de cette névrose apparaissent. L’examen du malade permet de trouver des zones hystérogènes qui fixent le médecin.

Les troubles moteurs de la paralysie générale, de l’hystérie, de l’apoplexie, se distinguent de ceux de l'épilepsie,

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