‹ L'Épilepsie procursive et Fugues épileptiquesChapitre 21 sur 25 · RON · texte numérisé non relu

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tains accès de procursion, ceux de Cuv. par exemple (obs. XIV), mais la plupart du temps, nous voyons nos malades assister au début de leur crise, se sentir envahir peu à peu par l'accès et se rappeler au réveil certains actes de leur fugue.

Or, pour qu'une vague lueur estampe ies souvenirs les plus saillants, on ne peut pas dire que c'est la noire inconscience dans leur esprit, mais bien l'état « crépusculaire » ainsi qu’on l’a justement dénommé. Le malade n’est plus un automate, c’est un subconscient.

Et nous dirons avec Féré: « Après tout, l’inconscience n’est pas un phénomène nettement «déterminé ; lorsqu'on nous dit qu'un épileptique est inconscient de ses actes, on veut seulement dire qu'il n'en conserve aucun souvenir, quand il les a accomplis. Or l'absence de souvenir ne prouve pas du tout que Pacte oublié à été inconscient. »

Féré remarque aussi qu’en mettant l’épileptique sur la voie, on peut lui faire retrouver parfois la suite de ses souvenirs: (( Il ne faut pas croire, dit-il, que l'épileptique n'ait jamais aucune connaissance de ses faits et gestes pendant l’accès. » A considérer les phénomenes complexes observés chez nos malades, il est impossible d'admettre l’inconscience dans les actes tant soit peu compliqués ou prolongés.

Du reste, l’'Observation de V... (obs. XVII) nous en offre une preuve manifeste; la malade retrace après sa fugue toutes ses impressions; pour en conserver un

souvenir aussi exact, on ne saurait contester qu'à ce

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moment la malade est parfaitement consciente.

Une autre preuve que l’épileptique peut parfaiteinxent percevoir ses actes, est encore tirée du vagabondage, qui, de l'avis de tous les auteurs, est tout à fait conscient. Car, si, malgré tout, on ne voulait reconnaître à la fugue épileptique cette particularité d’être consciente à certains moments, il n’y aurait aucune raison d'admettre que le vagabondage ou fugue chronique, fût, lui seul, un phénomène conscient.

Nous ne voulons certes pas entreprendre de réhabiliter l’épileptique, car des exemples quotidiens nous montrent plutôt que chaque jour il fait un nouveau pas vers la démence.

Cependant on ne peut nier que certains épileptiques furent des hommes de haute envergure. M. (Gelineau nous en rapporte des exemples fameux.

Dans les moments de concentration où Socrate restait immobile, écoutant la voix de ce qu'il appelait son « génie familier », ne reconnaît-on pas les caractères de l'absence comitiale?

L'histoire nous rapporte encore qu'à l’époque où César commandait les armées, ( il avait été atteint à deux reprises différentes, d'attaques épileptiques, une première fois en Espagne, une seconde fois en Afrique au milieu de la mêlée. Il était jeune alors et porté à s’enivrer, car plus d’une fois, ses soldats transportèrent à sa maison, sur leurs épaules, leur chef ivremort. Plus tard, il se corrigea de ce défaut, mais il n’en resta pas moins sujet à de fréquents vertiges. On

sait que ce qui mit le comble à l’indignation du Sénat

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et du peuple romain contre César, c’est qu'au moment où le Sénat venait de lui confier de nouveaux honneurs, il ne daigna même pas se lever, ni répondre. La cause de cette impolitesse était que justement, lors de son introduction, César avait été atteint d’un de ses vertiges coutumiers qui ne lui permettaient pas de se rendre compte de ce qui se passait autour de ni. Revenu à lui et apprenant ce qui s'était passé, il voulut déchirer sa tunique et il essaya de se justifier auprès du Sénat en accusant sa maladie d’être la caure de ces vertiges qui, dit Plutarque, « ôtent à ceux qui en sont attaqués, l’usage de leurs sens, surtout lorsqu'ils parlent debout devant une grande assemblée. »

Mahomet, le fondateur de l’Islamisme, fut, lui aussi, un comitial avéré. (€ Doué d’une rare intelligence, vivant au milieu de tribus à demi-sauvages et aspirant à jouer un grand rôle dans le monde, il eut d’abord des visions extatiques à l'exemple de beaucoup - d'Orientaux et se plaisait à vivre dans les méditations, les contemplations et les rêveries. Mais, après 20 années de surmenage cérébral, de luttes contre ceux qui ne voulaient pas voir en lui ce qu’il pensait être: un envoyé de Dieu, il surexcita ses cellules cérébrales à un tel point qu'il eut des attaques d’épilepsie. Pendant ses accès, quand le mal le terrassait et le jetait par terre, sa femme favorite avait aussitôt le soin de le cacher à tous les yeux, en disant qu’à ce moment-là, Mahomet était en communication avec Aïlah, recevait ses ordres directement et perdait ensuite connaissance, aveuglé et ébloui par l'éclat de la majesté di.

vine.

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