‹ L'Épilepsie procursive et Fugues épileptiquesChapitre 20 sur 25 · LA PROCURSION AU POINT DE VUE PSYCHIQUE · texte numérisé non relu

LA PROCURSION AU POINT DE VUE PSYCHIQUE

Au Congrès des Médecins aliénistes et neurologistes de Bordeaux 1895, M. Pitres disait en parlant des épileptiques procursifs : (€ Durant ces accès, ils se meuvent comme de véritables automates, ne répondant pas aux questions qu'on leur pose, insensibles aux exeitations extérieures, inconscients de ce qui se passe autour d'eux. Ils ne conservent ultérieurement aucun souvenir de la déambulation impulsive », et plus loin il ajoute: € On a décrit également, sous le nom d'automatisme ambulatoire épileptique, des cas dans lesquels les malades, sans avoir jamais eu de convulsions ou de vertiges franchement comitiaux, exécutent des fugues prolongées tout à fait semblables à celles qui s’observent chez les neurasthéniques et les hysté-

riques. Mais rien ne prouve d’une façon positive que,

De RE

dans les cas de ce genre, l’épilepsie doive être mise en cause. }»

Nous accordons à M. Pitres qu'il donne dans sa description les caractères les moins discutables de l'accès procursif avéré: celui qui se manifeste par un acte automatique pur, c’est-à-dire inconscient. Mais, par es nombreuses observations que nous avons citées, nous n'avons pas les mèmes raisons de croire que la procursion comitiale soit un acte morbide aussi fixe et aussi constant dans ses forme et manière d’être.

Déjà Delasiauve, dans son Traité de l'Epilepsie, sacrifiait sans doute aux idées courantes, lorsqu'il disait: «€ Les malades peuvent conserver un vague souvenir des signes prodromiques qui souvent levancent le paroxysme, mais rien de ce qui se passe dans le fort de la crise autour d'eux, n'arrive à leur esprit ni à leur conscience. »)

D’autres auteurs, Axenfeld et Huchard disent également: ( [Il existe quelques faits rares où la conscience est en partie conservée », et plus près de nous, Magnan professe: « C’est l’inconscience absolue dans la majorité des cas. » Mais tous, jusqu'à Ducosté, n'ont parlé de cette conservation de la conscience que d’une façon toute incidente et sans y attacher grande importance. Il faut arriver à cet auteur pour voir rejeter les caractères considérés comme constants des impulsions épileptiques : l’inconscience et l’amnésie.

Sans doute de notre côté, nous avons cité des cas où l’inconscience est manifeste comme dans quelques

mouvements procursifs de courte durée, où dans cer-

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