DIAGNOSTIC
Dans la plupart des cas de procursion épileptique, ou bien ce qui est accompli se passe dans un court espace de temps, de sorte qu’on peut considérer l’impulsion ambulatoire comme l’équivalent physique d’un accès convulsif ordinaire, ou bien le phénomène se prolonge pendant des jours et des semaines, et Sa nature comitiale est plus facilement méconnue.
Dans le premier cas, lorsque le malade fait une chute, se mord la langue ou perd ses urines, quand, de plus, il s'arrête fatigué, harassé, le diagnostic ne permet aucun doute; mais dans le second, il offre plus de difficulté; nous n’avons plus là un accès typique, à tel point même, que certains auteurs ne veulent pas
le considérer comme d’origine épileptique.
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« L'épilepsie, disait Trousseau, est la maladie que lon méconnaît le plus souvent. Si la grande attaque est facile à diagnostiquer, il n’en est pas de même des accès dépilepsie larvée ».
Or, nous pensons que la fugue comitiale est un accès incomplet où le malade est plus troublé dans son activité psychique que dans ses phénomènes physiques.
« Quand on se trouve en présence d’un malade ayant fait une fugue, il y a deux façons, dit Cottu, d'arriver à établir le diagnostic précis de la névrose: d'abord, étudier la fugue elle-même, les conditions dans lesquelles elle à été accomplie et les caractères qu'elle présente; ensuite en examinant le malade lui-même et recherchant chez lui les symptômes d'une des principales affections capables de provoquer les fügues: épilepsie, dégénérescence mentale, démence précoce, paralysie générale, alcoolisme, ete. »
L'aura initiale avec ses nombreuses variétés, le cri souvent unique proféré au début de la crise, la soudaiüeté de l'attaque, les morsures récentes où anciennes de la langue sont en faveur de l’épilepsie. Si donc dans ces conditions, un malade vient à faire une fugue, et si suivant la définition de M. le Professeur Raymond, cet acte est impulsif, coordonné et suivi d'amnésie, nous n'hésiterons pas à porter le diagnostic.
D'autres fois nous aurons à examiner un autre genre de malades sujets à des impulsions intermittentes qui les poussent à des fugues plus où moins longues. Ces individus quittent tout à coup leurs occupations
pour accomplir quelquefois de véritables voyages. Ils
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obéissent à la suggestion, au rêve qui les captive. La crise terminée, ils sont fort surpris de se trouver loin de leur domicile; ils ignorent tout ce qui leur est advenu. (‘es malades ne sont pas inconscients, mais ils vont, dominés par l’idée fixe qui les poursuit. De plus, la fugue une fois accomplie, ils en ont oublié toutes les péripéties, mais ils sont capables de retrouver la suite de leurs souvenirs, si on les met en état de sommeil hypnotique, c'est-à-dire si on reproduit chez eux cet état second dans lequel ils étaient tout à l’heure.
Là, nous affimerons être en présence d’hystérie, et nous serons sûrs de nous-mêmes pour peu que nous puissions rassembler quelques stigmates physiques: rétrécissement du champ visuel, abolition ou diminution du réflexe pharyngien, zônes hystérogènes, hémianesthésie, etc. ;
En général, il est facile de distinguer l’hystérie de l’épilepsie, mais dans certains cas, comme dans celui de M. le Professeur Raymond, (Observation XVIIT) il est impossible de séparer les deux névroses, et l’on est obligé de créer le terme d’hystéro-épilepsie.
Les fugues rencontrées au début de la paralysie générale sont également conscientes, mais à une période plus avancée de la maladie, elles perdent ce caractère et l’état du malade suffit seul à nous mettre sur la voie du diagnostic.
Dans certaines intoxications, en particulier par la morphine et l'alcool, les malades cèdent à des hallucinations visuelles ou auditives que d'eux-mêmes, ils dé-
peignent très bien; par le fait, on ne saurait établir
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que ces malades n'agissent pas en parfaite conscience.
Les mêmes phénomènes ambulatoires s’observent également chez les dégénérés mentaux et les déments précoces. Chez les premiers, la fugue se fait sous linfluence d’une impulsion motrice sans motif et sans but avec conservation le plus souvent imparfaite de la mémoire.
En résumé, nous voyons que sur les simples données de la conscience, il est impossible d'établir des limites déterminées entre chaque névrose; et il nous semble légique d'admettre que depuis l’inconscience épileptique et la subconscience de l’hystérie, il y a tous les degrés jusqu'à la conscience parfaite des psycho-né-
roses.