CHAPITRE II
L'étude clinique de l’épilepsie procursive, au double point de vue des phénomènes physiques et psychiques nous à permis de constater d’une part des mouvements automatiques, d'autre part des actes parfaitement conscients. Et comme l’on constate tous les degrés entre ces deux ordres de phénomène, on est naturellement porté à se demander comment un simple mouvement automatique peut devenir conscient, ou mieux, puisque nos épileptiques ont déjà été des êtres normaux, comment ces phénomènes peuvent devenir inconscients.
A notre avis, on peut admettre que l’automatisme se passe uniquement dans cet être particulier que Virchow appelle P («€ être spinal », doué de simples mouvements réflexes, incapable de répondre à des excitations intrinsèques ou extrinsèques, ec d’obéir, comme à l’état normal, à une faculté supérieure directrice: la volonté.
Au moment où le corps est foudroyé par une attaque
convulsives, il y aurait chez l’épileptique inhibition
des centres du psychisme supérieur et tous les phénomènes physiologiques cesseraient d’être perçus par la conscience. Mais dans la procursion comitiale, un pareil état de choses n’est pas la règle; il existe une coordination spéciale des mouvements qui le plus souvent est incompatible avec l’automatisme pur.
On est donc amené à penser qu'entre ces deux centres psychiques supérieur et inférieur, il y a des points de relai d’une organisation plus ou moins parfaite, que la crise épileptique peut atteindre à des degrès plus ou moins élevés et envahir une zone plus ou moins étendue, suivant les malades et l’intensité de l'accès.
Si nous nous plaçons maintenant à un point de vue général, et si nous cherchons à classer les autres grandes névroses, suivant la perfection de leur état psychique, nous croyons devoir placer l’hystérie, immédiatement au-dessus de l’épilepsie, tout en lui reconnaissant aussi les caractères les plus variés dans sa manière d'être. Enfin après avoir examiné les différents types morbides de toutes les névroses, dans leur état psychique et particulièrement dans leurs phénomènes conscients, on peut dire que depuis l’épilepsie jusqu'aux psychasthénies, la conscience se rencontre dans tous ses degrés depuis son absence totale jusqu’à son intégrité absolue, mais qu’elle est particulièrement at-
teinte dans l’épilepsie.