‹ L'Épilepsie procursive et Fugues épileptiquesChapitre 8 sur 25 · DEFINITION ET CAUSES · texte numérisé non relu

DEFINITION ET CAUSES

« On appelle « épilepsie procursive » une forme particulière d’épilepsie, dont les accès, au lieu de présenter les phases habituelles, sont constitués par une course ou propulsion rapide, en ligne directe dans l'axe horizontal du corps ou avec rotation à grands cercles, d’une durée ne dépassant jamais celle d’un accès épileptique ordinaire, ne s'accompagnant pas le plus souvent de chute et n'étant pas suivi de coma, mais se compliquant d’une congestion très forte de la face. »

Cette définition de MM. Bourneville et Bricon, nous donne une description générale de l’épilepsie procursive typique, mais il nous paraît rationnel de comprendre sous ce nom tous les cas où une impulsion irrésistible incite le malade à courir ou à voyager, même en dehors des accès et pendant un temps supérieur à leur

durée ordinaire.

La procursion peut à elle seule constituer tout. le syndrôme comitial; toutefois il est reconnu que la plupart du temps elle l'accompagne, et que, chez le même épileptique, on observe les grands accès convulsifs comme les impulsions ambulatoires,

Ces alternatives de haut mal et d'accès incomplets sc produisent sans ordre, sans raison, au gré de Îla lésion ignorée qui leur a donné naïssance. Alors, le malade prend sa course, évite les obstacles ou les renverse, continue quelques secondes ou quelques heures... Puis, il s'arrête, fatigué, harrassé, la plupart du temps incapable de retrouver ses souvenirs depuis son départ.

Ainsi se déroule devant les yeux de l'observateur, le tableau de cette affection si bizarre dans ses formes et ses apparences et l’on se demande quelle sause peut présider à la production de pareils phénomènes.

Le problème serait vite résolu si nous connaissions, chez l’épileptique, le mécanisme qui,suivant les moments, fait réagir son système nerveux d’une manière convulsive, lipothymique où délirante; mais bien qu’étudiée depuis longtemps, la question n’est pas encore élucidée.

Pourtant en 1827, Bravais signala l’épilepsie hémiplégique, et après lui Hughlings Jackson vint montrer par ses travaux que des lésions, localisées dans les circonvolutions cérébrales pouvaient provoquer des convulsions partielles ou générales des membres. Les expériences de Fritsch et de Hitzig et celles de Ferrier

vinrent confirmer ces données.

rage

Dès lors, par analogie, il est impossible de ne pas penser que l'épilepsie procursive, avec ses mouvements limités aux membres inférieurs, ne répond pas à des lésions de ce genre. Il serait puéril d'admettre une pareille solution ; car le phénomène observé est beaucoup plus compliqué. Le fait seul de garder l'équilibre nécessite la mise en jeu de contractions musculaires complexes et des mieux coordonnées en vue de la station verticale. Par suite, il est inadmissible que des mouvements aussi délicats soient produits par une simple lésion irritative.

Faut-il accorder davantage à ceux qui prétendent que les procursifs cèdent à un motif d'ordre psychique? Devons-nous admettre que l’impulsion irrésistible à courir se produit sous l’influence d’une hallucination terrifiante, ou parce qu’un autre ( moi » l’emporte sur le premier et l’entraîne inconsciemment dans une course aveugle?

Autant de questions qui doivent être résolues par autre chose que des vues de l’esprit et sur lesquelles, seule, la connaissance de la physiologie du cerveau

pourrait nous éclairer.

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