‹ L'Épilepsie SénileChapitre 23 sur 47 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

(Jabot) (11).

G... (François) âgé de 81 ans.

Antécédents hérédilaires. — Père alcoolique mort subitement pendant un repas à l’âge de 57 ans. Mère vive et emportée mais n’ayant jamais présenté de phénomènes hyslériques. Le malade a sept frères ou sœurs ; quatre sont morts en bas âge, un cinquième est mort de la petite vérole, un autre d’une maladie de cœur. La sœur de G... vit encore ; c’est une femme très calme ; elle a plusieurs enfants ; aucun d’eux ne présente de troubles nerveux.

Antécédents personnels. — Le malade n’a présenté dans son

ho

enfance aucune manifestation nerveuse. A l’âge de £[ ans, il parl comme soldat en Algérie où il sert pendant sept ans. Ason retour d'Afrique, il se marie. Après un mois de mariage, ilabandonne sa femme. Depuis cette époque, on ne lui connaît qu’une seule passion, le vin. Peu soucieux de ce quilui restera pour vivre, il dépense en libations, en 48 heure, l'argent de 15 jours de travail. C’est dans cet alcoolisme aigü, presque ‘impulsif, qu'il trouve sa seule satisfaction.

G..., comme maçon, aurait fait plusieurs chutes; la dernière remonterait à 1864; la tête aurait porté sur le sol, et il aurait perdu connaissance. Cette chute n’aurait pas eu de conséquence dans la suite, ni paralysie, ni déformation. Aujourd’hui nous ne trouvons sur le crâne aucune trace de traumatisme.

Pas d’antécédents syphilitiques.

Entré à l’hôpital civil de Nancy en janvier 1888 pour une hydropisie d’origine cardiaque, le malade en sort guéri quelque temps après. Il y entre de nouveau au mois de mars pour la même affection. C’est à peu près à cette époque que G... aurait eu à l'hôpital sa première attaque d’épilepsie. Depuis, ces attaques se répètent nombreuses 6, 8, 10 et même 12 fois chaque jour, et cela pendant au moins trois mois. Un jour, étant{à peu près guéri et se çromenant dans l’hôpital, G... tomba sans connaissance sur l'escalier. Il quitta l'hôpital civil pour entrer à Saint-Julien le 10 décembre 1888.

L'urine fut examinée plusieurs fois, on n’y trouva jamais d’albumine.

Du 10 au 18 aécembre1838, onze crises d’épilepsie eurent lieu- Mais à partir de cette époque jusqu’au 18 mai 1889, l’observa-

tion ne mentionne aucune crise.

LE

Le 18 mai 1889 et les jours suivants, G... a eu quelques cri-

ses. Il reste ensuite pendant environ deux mois sans en avoir de nouvelles. En octobre et en novembre, il en aurait eu de loin en loin quelques-unes.

Le 10 décembre, G... a une crise d’épilepsie plus forte que de coutume :enrevenant du lavabo, il tombe sans connaissance sur le plancher et présente des convulsions dans les deux membres supérieurs et dans la face. Nous arrivons à la fin de la crise ; le malade interpellé nous regarde avec des yeux hagards, comme s'il sortait d’un rêve.

Voici la description d’un de ces accès habituels qui s’est produit sous nos yeux le 15 janvier 1890 : le malade pâlit, son pouls devient petit, fréquent, incomptable, sa respiration s’accélère, puis il tombe. La face est tournée du côlé droit et grimaçante, la bouche est entr’ouverte, les yeux sont convulsés et regardent à droite. Les membres ne présentent ni convulsions ni contractures, mais les pupilles sont dilatées et ne réagissent pas à la lumière. La perte de connaissance est com-

plète.

L'attaque dureune minute. Tout à coup, le pouls devient plus

ample, la coloration de la face apparaît, et, presque aussitôt les pupilles se contractent à l'approche de là lumière. Pendant une demi-heure à peu près le malade présente del’obnubilation intellectuelle.

Avant l'attaque le malade éprouve une aura assez prolongée partant de l’ombilic et allant à la tête.

Après l’altaque le malade a souvent plusieurs selles ahondantes et très liquides. Dans plusieurs attaques ‘on à observé des vomissements.

Les attaques surviennent soit le jour, soit la nuit. Les atta-

val ques nocturnes ne se révèlent au malade que par la pesanteur de tête qu’il éprouve à son réveil.

Depuis le 15 février, le malade a été suivi de très près par nous-même ; nous avons assisté à plusieurs de ses crises.

L'urine a été examinée tous les 3 ou 4 jours, nous n’avons jamais trouvé d’albumine.

Le malade ne passe pas huit jours sans avoir une attaque. A son dire, l’aura est plus longue qu’au début, il peut maintenant choisir sa place pour tomber, l’intelligence-n’a pas sensiblement diminué, l’état général est bon.

Le cœur est hypertrophié, la pointe bat dans le septième espace, les bruits du cœur sont irréguliers, les artères très athéromateuses. Le pouls au doigt comme au tracé sphygmographique est petit, fréquent, irrégulier et inégal. Pas de souffle, pas de dédoublement.

Le 15 février 1890, en notre présence, le malade présente quatre crises analogues à celle qui à été décrite. Du 16 février au 11 mai, le malade a eu 42 crises dont l’une, le 15 avril, a duré 20 minutes, dont une autre, le 7 mai, à élé suivie d'une obnubilation intellectuelle qui a duré plus de deux heures. En outre, il a éprouvé un jour une série de verliges; un autre jour deux auras successives non suivies de crises.

Le 41 mai, sur notre ordre, le malade monte et descend l’escalier. A la suite de ce travail musculaire forcé, sa respiration est gènée et haletante, il pâlit, perd connaissance et présente une crise analogue à celles que nous avons déjà observées.]

Du 12 mai au 1 juillet, 5 nouvelles crises.

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