‹ L'Épilepsie SénileChapitre 44 sur 47 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Le diagnostic différentiel doit être fait avec l’urémie, la cungestion cérébrale, les lésions du cerveau et de ses enveloppes, et avec la syncope chez les vieillards atteints d’une lésion organique du cœur.

La forme convulsive de lurémie revêt ordinairement le caractère de l’épilepsie ; la similitude est souvent parfaite, et ce n’est que par une analyse minutieuse des signes, que Von pourra déclarer leur véritable origine.

Afin de ne pas prendre un accès urémique pour une attaque d’épilepsie, on tiendra surtout compte des causes qui lui ont donné naissance. L’urémie, en effet, succède tantôt à une lésion du rein, tantôt à un obstacle siégeant dans les voies urinaires et s’opposant à l'évacuation de l’urine.

L’accès urémique dans ces cas ne frappe pas subitement le sujet dans le cours d'une bonne santé apparente, D'un autre côté, les divers symptômes de la néphrite, œdème, urines albumineuses, etc.., ceux de l'intoxication urineuse, troubles gastro-intestinaux, œdème pulmonaire, etc., l’anurie consécutive aux obstacles méca-

niques, mettront le médecin sur la voie du diagnostic.

L'attaque d’épilepsie chez le vieillard peut être rattachée à une simple congestion cérébrale. L'erreur est facile quand le médecin est appelé auprès du malade dans le coma consécutif. Mais si l’on apprend que pareille attaque s’est déjà renouvelée plusieurs fois, que le coma a été précédé de convulsions ; s’il existe des cicatrices sur la langue ou une morsure récente, si enfin il n’y a pas de paralysie consécutive, hémiplégie ou aphasie plus ou moins durable, il ne seru pas malaisé de donner aux symptômes leur signification véritable.

Les phénomènes convulsifs que l’on rencontre dans les lésions du cerveau ou de ses enveloppes, dans les tumeurs des os du crâne ou de l’encéphale, tumeurs dans lesquelles.les lésions tertiaires de la syphilis entrent certainement pour la plus grande part, suivent une marche différente des phénomènes. qu'on observe. dans l’épilepsie.

En général, ils sont d’abord partiels, unilatéraux, frappent un membre, une moitié du corps, et deviennent bilatéraux ensuite. Mais ce n’est qu’à la longue que les convulsions se qgénéralisent. Les phénomènes paralytiques sont fréquents. à la suite d’un ou de plusieurs accès; on observe des paralysies qui, suivant le siège de la lésion, affectent la forme d’une monoplégie crurale, brachiale, “ faciale, d’une hémiplégie ou d’une aphasie, et cette paralysie d’abord incomplète et passagère tend à devenir permanente à s’accentuer et à s’étendre soit progressivement, soit en procédant par à coups. On observe des douleurs de tête éprouvées non seulement après les

accès, mais pendant les intervalles, des vomissements,

de la névrite optique. Ce dernier symptôme est d’une importance extrême puisque, ainsi que Hughlings Jackson l’a dit depuis longtemps, lorsqu'il existe avec des convulsions commençant localement, il est pathognomonique d’une maladie organique. Enfin, la perte absolue de connaissance fait souvent défaut.

Chez un vieillard atteint d’une maladie du cœur, le diagnostic différentiel devra être fait encore avec la syncope.

Un individu atteint de syncope devient pâle; sa peau se couvre d’une sueur froide ; ses extrémités se refroidissent; les membres sont dans la résolution. Les mouvements respiratoires ainsi que le choc du cœur et les lattements du pouls sont ‘abolis ; il est impossible de percevoir la moindre pulsation aussi bien à la radiale qu’à la carotide. Il y a en même temps perte de la connaissance et de la sensibilité. On observe exceptionnellement l'émission involontaire d’urines et l’évacuation des matières ficales. Les convulsions ne se montrent que dans les cas où la syncope se trouve liée à une hémorrhagie grave. Enfin, l’obnubilation intellectuelle que lindividu tombé en syncope éprouve lorsqu'il revient à lui, est de courte durée. Elle ne dure jamais une demi-heure, une heure ou même plusieurs heures, comme on le voit

après l'attaque épileptique.

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