SET SITUÉ
et c’est pourquoi son éclosion peut se faire à ces époques de la vie à propos d’une circonstance futile (frayeur, menstruation, etc...} Mais si l’on suppose l'individu moins prédisposé, moins dégénéré, cette prédisposion pourra demeurer très longtemps latente, et elle aura besoin pour se manifester sous forme de crises épileptiques d’une certaine désorganisation tantôt toxique, tantôt organique, etc., désorganisation qui, ne se faisant qu'à un âge avancé, ne déterminera que tardivement lapparition de l’épilepsie.
En résumé, plus la prédisposition est forte, plus l’apparition de l’épilepsie est précoce; plus la prédisposition est faible, plus la maladie apparaît tard et a besoin pour se développer de facteurs plus puissants, alcoolisme, syphilis, troubles circulatoires, etc...
Mais la prédisposition est essentielle et cette prédisposition, acquise cu héritée, est l’état d'équilibre instable de la cellule nerveuse. Sans elle les causes déterminantes
resteraient sans effet.
Rozier Ô
SYMPTOMATOLOGTIE.
Nous comparerons dans ce chapitre les symptômes de l’épilepsie sénile à ceux de Pépilepsie vulgaire, et nous verrons si l’épilepsie sénile se traduit par certaines particularités. |
Mais faisons observer tout d’abord que lattaque épileptique ne saureit se comparer à une autre maladie dont les symptômes évoluent devant le médecin qui n’a qu'à les noter. La crise épileptique survient brusquement et presque toujours en l’absence du médecin, et ce n’est que par linterrogatoire de l’entourage du malade, en éliminant un à un les divers signes, qu’on peut arriver à dire, approximativement, en quoitelle attaque diffère de Pattaque typique. C’est là d’ailleurs le seul point intéressant en l'espèce. Car à quoi bon décrire un ‘accès qui revêtirait l'aspect classique ?
Et d’abord, comment débute l’épilepsie sénile ? Le début est ordinairement brusque. Dans quelques cas cependant il peut se faire par des vertigess ou des troubles mentaux se produisant plus où moins longtemps, quelquefois des années, avant l’apparition des attaques (obs. XN, XIIT, XXVI, XXVII, XXX, XXXII).
Bo
Les deux formes de la maladie, grand mal et petit, mal, se rencontrent dans l’épilepsie sénile comme dans l’épilepsie vulgaire.
Les phénomènes épileptiques constituant le petit mal ont généralement une tendance plus grande à se repro- -duire, et, pour cette raison, ont été considérés par beaucoup d'auteurs comme plus dangereux pour l'intelligence. Mais si les manifestations de la maladie sont plus espacées dans le grand mal, les accidents immédiats que parfois elles provoquent les rendent plus redoutables encore. Il y a donc un certain intérêt à rechercher quelle est dans l’épilepsie sénile la formela plus fréquente. D’après les observations que nous avons recueillies nous voyons que lé grand mal se rencontre plus souvent que le petit mal,mais celui-ci passe sans aucun doute plus souvent maperçu, soit que la famille néglige de consulter un médecin pour des accidents qu’elle attribue à ce qu’on est convenu dans le vulgaire d'appeler «une faiblesse », soit que la durée de la crise n’ait pas été suffisante pour permettre au médecin de la constater à son arrivée. Aussi est-il difficile d'affirmer la fréquence plus grande du grand mal dans Pépilepsis sénile.
L’aura pouvant précéder l’attaque a dû vraisemblablement se produire chez un grand nombre des malades dont nous rapportons les observations. Mais nous ne sommes exactement renseignés sur l’existence de l’aura que pour trois cas (Obs. XIII, XVII, XXIT:), plus un cas cité par Work-Dodd (one hundred cases of épilepsy, B rain 1893) dont il donne l’observation résumée : femme de 67 ans
dont les attaques commencèrent à 62 ans ; 4 attaques
ds NON Vue par mois et quelquefois ? ou 3 par semaines ; accès toujours nocturne, durant quelques minutes, et toujours précédé d’une aura. |
Dans plusieurs cas, le eri initial est signalé (Obs. IX, XI, XIT, XXXII, XXXIII); de même l’écume à la bouche (Obs. LE If, IT, VIII, XI, XI, XV, XXXIT); les morsures de la langue (Obs. XIV, XXIT, XXIL, XXIV, XXIX, | XXXII, XXXII) ; l'émission involontaire d’urime et de matières fécales (Obs. IT, XV, XVI, XXIV, XXXII, XXXIII)
À un autre point de vue, le moment de la journée auquel se produit l’accès, nos documents ne sont pas assez précis pour nous permettre une statistique. Dans beaucoup de cas cepe dant, nous voyons qu: les attaques se produisent exclusivement pendaat la nuit. (Obs. I, IT, XII, XV, XXIV, XXIX, XXXII).
La durée des attaques est diffici'e à préciser, et leur fréquence est très variable.
Quant à l’état mental du vieillard épileptique, si nous considérons que chez l’adulte les accès répétés d’épilepsie amènent une sorte de défaillance intellectuelle quisouvent à la longue se transforme en une démence complète, nous devons admettre, étant donné le peu de résistance présenté par l’organisme du vieillard, que chezluila perte de l'intelligence doit être plus rapide. «A égalité du nombre des piroxysmes, dit Féré, la démence paraît ‘être d'autant plus rapice que le sujet est plus âgé ».
Nous trouvons en effet à ce point de vue une physionomi:li>n spécirle à lévnilepsie s'ni'e. £ur trente-trois vieillards sujets à des crises épilept'ques dont nous pro-
duisons les ohservations, l’affaiblissement intellectuel et
SERRES laffaiblissement de la mémoire, signe essentiel de démence, sont observés quatorze fois, (Obs. "IN, V, IX; XIIT, XV, XVI XIX, XX, XXI, XXIII, XXVI, XXVII, XXX, XXXI), et dans plusieurs de ces cas, la démence estcomplète. :
On sait que chez l'adulte les troubles circulatoires qui accompagnent les convulsions épileptiques violentes peuvent déterminer parfois des accidents de la plus haute gravité. Les tissus du vieillard modifiés par l'âge présentent une moindre résistance que chez l'adulte: le cœur droit est toujours un peu dilaté, la fibre musculaire plus ou moins dégénérée, les artères très souvent athéromateuses, les poumons généralement emphysémateux, Ces altérations organiques rendront par conséquent les trou. bles circulatoires plus redoutab'es chez le vieillard épileptique que chez l’adulte et le pronostic plus sombre.
On a également observé chez l’adult:, consécutivement à la chute, des fractures siégeant sur les diverses parties du squelette. La fragilité anormale des os du vieillard, et en particulier celle du col du fémur, rendra cette complication plus fréquente chez lui, et d'autant plus grave que la consolidation se faisant très lentement et très souvent pas du tout, le malade, obligé de qarder lelit, sera exposé
à des congestions pulmonaires toujours redoutables.