‹ L'Épilepsie SénileChapitre 6 sur 47 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'épilepsie sénile n’a pas été complètement ignorée des anciens auteurs.

En 1550 Forestus publia l'observation d’un brasseur très vieux et très irascible qui tomba subitement frappé d’une attaque d’épilepsie. Grâce à ses soins, il ne mourut pas, mais dans la suite, ayant apporté quelque négligence à suivre le traitement prescrit, il retomba dans ses accès. [leut un jour une grave attaque ‘et fut porté chez lui convulsus ac collapsus. Le malade ne tarda pas à .mourir. L’auteur ajoute : « en effet, les vieillards atteints d’epilepsie meurent de l’attaque. S'ils survivent, ils restent toujours /eniter siderati (De cerebri morbis, p. 198. De epilepsta senem interfictente).

Tissot dans son « Traité de l’épilepsie » paruen 1770 admet lépilepsie survenant chez le vieillard.

Heberden(Opera medica. Leipzig, 1831 p. 85) relate un cas d’épilepsie survenu à l’âge de 75 ans et ayant duré pendant 6 à 7 ans. |

Schœænlein et Ellioston mentionnent l’épilepste sénile.

ARE P RE Ce dernier dit que souvent elle est constituée par du coma sans convulsions et qu'elle a fréquemment été prise pour une apoplexie.

Dans ses «Recherches et observations sur lépilepste, Paris, 1885» Marsonneuve (de Nantes) rapporte trois cas d’épilepsie sénile dans lesquels les malades sont observés avant, pendant et après l’accès. Nous avons emprunté à Maisonneuve ces trois observations.

Nous citons aussi une observation de Ca/meil qu'il rapporte dans sa thèse (Calmeil. De Pépilepste étudiée sous le rapport de sonsrège. Paris, 1824)

Poilroux (Nouvelles recherches sur les maladies chroniques et principalement sur les affections organiques et les maladies héréditaires. Paris 1823) rapporte l’observation d’une femme devenue épileptique à l’âge de 70 ans, et chez laquelle il note l’hérédité,

Portal dans son Traité de L’Epilepste, Paris 1827) nous dit :« l’épilepsie est une maladie de tous les âges ; elle est cependant beaucoup plus commune chez les enfants de l’an et de l’autre sexe ». Il dit aussi : « on a plusieurs fois confondu l’épilepsie chronique avec des accès apoplectiques » etil rapporte un exemple à l'appui. Nous citons d’après lui une observation d’épilepsie sénile.

Dans ses « Recherches statistiques sur l’épilepsie. » (Archives générales de médecine, série Il, t. Il, 1836), Beau, sur 213 malades observés, cite un cas d’épilepsie survenue après 60 ans, mais il n’en publie pas l’observation.

Leuret dans sa statistique de l’hospice de Bicêtre mon-

tre que sur 106 malades atteints d’épilepsie, 6 ont été

frappés entre la 55° et la 59° année, un entre la 65° et la 6%, (Archives générales de médecine, série IV, t. I, 1843).

L'épilepsie sénile est admise par Herpin (de Genève) qui dit: « La seconde moitié de la vie, en la faisant commencer vers 30 ans, n'offre qu'un très petit nombre de cas nouveaux, cependant on remarque une recrudescence à partir de 70 ans »,et cet auteur soutient comme le fera Trousseau neuf‘ans plus tard que « les coups de sang ou affections cérébrales éphémères des personnes âgées ne sont souvent autre chose que des attaques d’épilepsie. » (Herpin (de Genève). Du pronostic et du traitement curatif de l’épilepsie, Paris 1852).

Delasiauve dans son « Traïté de l'épilépsie », Paris, 1854, dit que passé 40 ans, les cas d’épilepsie deviennent de plus en plus rares. « La vieillesse la plus avancée, ajoute-t-il, nous en offre pourtant encore quelques exemples: ce que peuvent expliquer les dégénérations morbides que subit alors le cerveau ». Sur 70 observations portant indistinctement sur tous les âges, Delasiauve trouve deux cas d’épilepsie survenant de 60 à 80 ans.

Beaucoup d’anciens médecins regardaient l’épilepsie sénile comme une forme de la congestion cérébrale. C’est sous le nom de forme convulsive de cette maladie, qu’elle a été décrite en 1854 par Durand-Fardel (Traité clinique et pratique des maladies des vieillards, Paris, 1854, p. 29). Voici comment il la dépeint: « Rougeur de la face, mouvements convulsifs rapides et répétés occupant en général les membres d'un seul côté du corps et plus

prononcés d’un côté s’ils sont généralisés ; convulsions de

la face, des paupières, de la langue elle-même. Respiration pr écipitée. L'attaque n’est pas précédée du cri caractéristique de l’épilepsie ; ‘l'anxiété de la respiration, le . ronchus stertoreux, la turgescence de la face, l’écume sanquinolente, souvent même l'énergie des mouvements convulsifs ne se rencontrent qu’à un moindre degré.

Trousseau dans la communication qu’il fit à l'Académie de Médecine, dans la séance du 15 janvier 1861, déclara que certains états désignés alors comme congestions cérébrales apoplectiformes et caractérisés par une perte de connaissance accompagnée de mouvements convulsifs cessant au bout de peu de temps, pour faire place au retour de la santé, n'étaient que de lépilepsie. Il ne mentionne pas ces phénomènes d’une manière spéciale chez les vieillards, mais il cite un cas de l'espèce où ces attaques avaient commencé vers l’âge de 67 ans. C’est celui qui fait l’objet de l'observation VI rapportée par nous.

Trousseau enseigne d’ailleurs dans ses leçons cliniques de l’'Hôtel-Dieu que « l’épilepsie s’observe chez les individus de tout âge ; il faut reconnaître toutefois qu’elle se montre le plus ordinairement dans l’adolescence. Sielle est plus commune qu’on ne le croit généralement dans les premières années de la vie, elle n’épargne pas non plusles individus avancés en âge ». (Trousseau. Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu. T. II, p. 103).

En 1845, Moreau (de Tours). (De /a Folie hystérique. Union médicale. T. XXVI p. 159) avait déjà signalé sous le nom de congestion cérébrale épileptiforme ou d’attaques congestives épileptiformes, les accidents que Trous-

seau, seize ans plus tard, rapportait à l’épilepsie. Il dit

PE RO qu'on les rencontre chez les vieillards, les personnes de complexion dite apoplectique ou atteintes d’hypertrophie du cœur, celles qui se livrent habituellement à des excès

alcooliques où vénériens, à des travaux intellectuels excessifs, etc.

Plus près de nous, À. Vorisia dans ses «Leçons cliniques sur les maladies mentales professées à la Salpétrière, Paris, 1883 » nous dit : « Aucun âge ne met à l'abri de l’épilepsie, mais certaines périodes de la vie fournissent un plus grand nombre de cas. Ainsi, la première enfance. la puberté et l’adolescence. L'homme adulte et le vieillard sont moins exposés ».

L'opinion de Rosenthal (Traité clinique des maladies du système nerveux. Traduction française du D’ Lubansky, Paris, 1878, p. 533) ne diffère pas de celle d’A. Voisin: « L’épilepsie peut se montrer à tous les âges. La prédisposition la plus marquée se trouve dans lPenfance, et jusqu’à l’âge de 30 ans. Le plus grand nombre des cas se rencontre entre 20 et 30 ans ».

Gowers (De l’épilepsie et autres maladies convulsives chroniques. Traduction de A. Carrier, Paris, 1883) admet l’épilepsie sénile, et cite le cas d’un homme « atteint de ce qui était apparemment une épilepsie idiopathique à l’âge de 71 ans, et chez qui la maladie était héréditaire, son père ayant eu manifestement des accès épileptiques pendant nombre d’années ».

M. f'éré, dans un ouvrage publié en 1890 (Les Æpilerstes et les Epileptiques)reconnaît que « toutes les formes d’épilepsie peuvent se développer à toutes Les âges », et si l’on songe que bien des accès passent inaperçus, on

Rozier 2

jo est t:nté d'admettre avec lui que « l’épilepsie se rencontre à un âge avancé plus souvent qu’on ne paraît admettre ». Pour J. Voisin (De l’épilepste, Paris, 1897) « l’épilepsie peut apparaître à un âge avancé, mais alors elle reconnaît le plus souvent pour cause une infection spécifique ou une maladie des centres nerveux et des méninges ». Chez les vieillards atteints d’épilepsie, dit aussi J. Voisin, il n’est pas rare de voir des artérites des vaisseaux de la base. | Plusieurs observations d’épilepsie survenue à un âge avancé que nous trouvons dans la thèse de Delanef (Essar sur l’étiologie de l’épilepsie tardive. Thèse de Paris. 1883)

ont été communiquées à l’auteur par Charcot. Nous en

citons une. ‘

Devay (Gazette des hôpitaux. 1861), J. Séglas (Revue de médecine, 1885) et P. Jabot (thèse de Nancy, 1890), relatent aussi des observations d’épilepsie sénile que nous

leur avons empruntées et qu’on trouvera plus loin.

Crocq (de Bruxelles) (Presse médicale belge, 1890) insiste sur la lésion anatomique à laquelle se rapporte d’après lui l’épilepsie sénile. Cette lésion serait l’endartérite du tronc basilaire et de ses branches, laquelle entraînerait un trouble de la nutrition des éléments du

système nerveux central.

E. M.Sympson (British médical journal, 1894) fait de l’épilepsie sénile une étude d’ensernble entreprise à l’occasion de deux observations personnelles que nous lui avons

empruntées, et qu’on trouvera plus loin.

Rossi (Riforma médica, 1895) cite un cas d'épilepsie

aie ee sénile dont on trouvera aussi l'observation reproduite dans la présente thèse.

Naunyn (Zeit. f. Klin. med. Berlin. 1895) rapporte trois observations d’épilepsie sénile remarquables par ce fait que les accès épileptiques pouvaient être provoqués artificiellement par la compression des carotides. Nous reproduisons ces trois observations.

Enfin, Lauterbach (Wiener. Med. Presse 1896), F. T. Sympson (J. nerv and, ment, Dis. New-York. 1896), Æovalewshkt (Centralblatt. f. Nerv. und. Psych. 1897) et Lewis Allen (Médical. News, 1898 ont publié des cas d’épilepsie sénile dont les observations ont été traduites

par nous. On les trouvera plus loin.

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