‹ L'ÉPILEPSIE TRAUMATIQUE considérée dans ses formes évolutives et anatomocliniquesChapitre 34 sur 49 · D. — LES ÉPILEPSIES SYMPTOMATIQUES NON TRAUMATIQUES · texte numérisé non relu

D. — LES ÉPILEPSIES SYMPTOMATIQUES NON TRAUMATIQUES

Une étude récente de MM. le professeur Guillain, Alajouanine, Thévenard, a insisté sur le diagnostic de certaines formes vasculaires et de certaines formes humorales: nous résumerons ici ce travail, ainsi que les remarques que nous avons faites en suivant l’enseignement oral de M. le Proîesseur Roger: 1° Dans les tumeurs cérébrales on peut voir à la période d'état, des troubles épileptiques et un certain déficit moteur associés, mais ces troubles sont habituellement précédés pendant un laps de temps plus ou moins long par des troubles sensitifs ou sensoriels, de la diminution de la vision surtout. Au début les symptômes pyramidaux sont habituellement très localisés.

2 Dans les syndromes épileptiques d’origine vasculaire (ramollissements) apparus immédiatement ou un certain temps après l'accident initial, on peut mettre en évidence un début assez massif des symptômes : il existe fréquemment de lhypothermie et de l'hypotension périphérique correspondant au côté de la lésion, les troubles de la régulation thermique centrale n’ont pas été mis en évidence d'une façon habituelle mais on rencontre des variations paroxystiques du syndrome dimidié.

D. — LES LÉSIONS COMPRESSIVES ET IRRITATIVES extra-cérébrales (méningites chroniques, ostéites syphilitiques, ete.) donnent lieu à des manifestations sensorielles un certain temps après leur apparition. Ces crises sont très localisées

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en dehors de complications possibles. L'examen complet des malades, mettra sur la voie du diagnostic.

E. — LES FORMES ATYPIQUES DU SYNDROME doivent être spécialement discutées.

On a voulu faire entrer dans le cadre des épilepsies certaines contractures apparaissant peu de temps après un traumatisme, pour disparaître ultérieurement, sans faire place ni à des épilepsies faciales, ni à des paralysies. Il s’agit là, probablement, de contusions plus ou moins localisées, auxquelles doit se surajouter, vraisemblablement un élément de spasme vasculaire, mais qui sont loin de reproduire le tableau clinique complet des épilepsies. Ces manifestations paraissent être en rapport avec une atteinte sous-corticale. Elles ne nous paraissent pas identiques à l’épilepsie, mais nous croyons que, lorsqu’elles sont constatées, un examen thermométrique complet doit être pratiqué et qu'il pourra parfois permettre de préciser leur nature anatomique et leur avenir prochain ou éloigné.

La différenciation des épilepsies post-commotionnelles et du syndrome post-commotionnel (syndrome psychique résiduel des traumatismes craniens) est dans de nombreux cas une question de nuance.

Dans les formes assez moyennes du «syndrome résiduel », il existe, en outre, une diminution de l'attention volontaire, de la fatigabilité et, comme chez l’épileptique, un certain appauvrissement de la faculté d’évocation des idées, voire un affaiblissement de la mémoire. Si les impulsions n’ont pas le caractère irrésistible des impulsions motrices de l’épileptique, elles peuvent être freinées : ce sont des colères subites disproportionnées avec leur objet et s’accompagnant de gesticulation exagérée.

L'ancien commotionné se plaint habituellement de céphalées plus ou moins violentes, survenant par périodes, de tendance aux éblouissements (névropathie), à l’insomnie. Il est très fréquent de retrouver chez lui des troubles de l'équilibre labyrinthique, plus ou moins frustes.

Nous avons décrit au chapitre des formes anatomiques et cliniques, l’épilepsie post-commotionnelle, telle que la conçoit

D: pote

le professeur Lépine. Nous ne tracerons pas à nouveau le tableau des crises un peu spéciales de cette forme, nous insisterons seulement sur certains caractères spéciaux du syndrome de la disrégulation thermique, que Lépine a fort bien mis en lumière chez ces épileptiques. Il note, en particulier, l'importance et la fréquence des bouffées congestives associées avec un refroidissement constant des extrémités, qui mettent en évidence l’hypotonie des centres sous-corticaux, régulateurs de la vaso-motricité (syndrome de vaso-rétraction sympathique périphérique), associée à un syndrome paroxystique d’origine également centrale, et dont la nature réflexe et consciente tendrait peut-être à faire placer le point de départ au niveau du cortex. Nous ne pensons pas que les températures périphériques aient été prises.

Nous estimons que, chez d'anciens commotionnés, l’apparition d’un syndrome labyrinthique paroxystique, uni à des sensations de déplacements des objets, bourdonnements d'oreilles, hypoacousie, troubles vaso-moteurs, état nauséeux et sensation d’épuisement consécutif, doit faire porter le diagnostic d’équivalent épileptique, en l’absence de causes locales, spécifité ou hémorragie, par exemple.

Ce mode évolutif de transformation, à partir de la commotion, n’est pas exceptionnel.

Dans d’autres catégories de malades le syndrome commitial s’installe à la suite de troubles psychiques: on voit une inaptitude au travail se transformer en tendance à la rêvasserie, entrecoupée parfois de céphalée, somnolence et troubles vaso-moteurs.

Puis apparaissent des «absences » plus ou moins frustes, des obnubilations passagères. Ces formes très tardives ont au contraire des précédentes, une certaine tendance à être généralisées, mais elles n’aboutissent jamais aux grandes crises motrices: ce sont, si l’on veut, des accès de petit mal. L'évolution en est capricieuse.

Dans certains cas, des malades qui paraissent en bonne santé relative deviennent sujets à des équivalents nettement individualisés qui formeront, plus tard le centre des crises beaucoup plus typiques. L'existence de ces faits est intéres-

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