PRÉFACE VII
leur parti. C'est mal penser que de ne pas penser comme eux.
Ils sont tellement pénétrés de cette idée qu'ils disent encore le trône et l'autel, sans songer à l'impiété d'un système qui met Dieu après le roi. Pour ces hommes plus politiques que catholiques, la défense de la religion consiste à placer un discours à la Don Quichotte, à lancer des anathèmes à ceux qui ne pensent pas comme eux, à se faire applaudir dans les salons, et après ? — Eh bien! C'est tout. Quand ilsont parlé, ils croient avoir agi.
Ces hommes constituent des partis politiques et non un parti catholique. Dans les classes qu'on appelle dirigeantes, quoiqu'elles ne dirigent plus rien, il n'y a en réalité que peu de vrais catholiques disposés à reprendre les traditions de l'Evangile et à faire une politique largement dé-
Vin PRÉFACE
mocratique et réformatrice conforme à ses principes.
Mais, heureusement, pendant que les catholiques de salon perdent leur temps à rêver la restauration du régime politique de leur choix, il se forme très rapidement un vrai parti catholique qui, acceptant franchement la République que le pays s'est librement donnée, pousse, sans bruit, des racines profondes dans l'usine, dans l'atelier et dans la ferme.
Comme je l'écrivais à mon vieil ami Drumont :
« La constatation de cette situation me fait, de mieux en mieux, comprendre les actes du chef de l'Eglise, qui vous ont surpris comme bien d'autres. La manœuvre était hardie, mais les événements la justifient chaque jour. »
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PRÉFACE IX
Laissez-moi vous dire ma pensée. Nous cherchons la vérité , soyons indépendants.
Quel est, depuis vingt ans, l'état de l'Eglise en France? C'est un vaisseau toujours solide, mais amarré de tous côtés : à tribord, à bâbord, en avant, en arrière.
Dès qu'il paraît vouloir prendre le large, les partis politiques l'arrêtent et disent :
« Permettez, nous faisons partie de l'équipage et nous ne sommes pas prêts. En ce moment, nous ne sommes pas au pouvoir et l'Eglise ne doit pas marcher sans nous. »
Prétendre identifier l'Eglise avec des partis politiques, dans un pays aussi divisé que le nôtre, c'est la condamnation à l'impuissance.
Qu'a fait le Souverain Pontife? Il a coupé
X PRÉFACE
les amarres en disant : « Il n'est pas nécessaire pour aller au ciel d'appartenir à tel ou tel parti politique, mais il est nécessaire d'être un bon chrétien et de faire son devoir. Donc, la croix au grand mât, et au large. Tant pis pour ceux qui ne sont pas prêts. »
Maintenant, tous les Français savent quels sont les ennemis à.combattre : ce ne sont pas ceux qui ne pensent pas comme eux en politique, mais bien les juifs, les hérétiques, les excommuniés, les francs-maçons, tous ceux qui ne veulent pas du royaume de Dieu et de la justice.
VEpiscopat sous le joug ouvrira les veux de bien des aveugles. Avec des femmes comme votre délicieuse petite héroïne, avec des prélats reconquis comme votre évêque, l'avenir est à nous !
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PREFACE XI
L/empereur Napoléon 1 er a dit au Conseil d'Etat (c'est un honnête homme, Lafayette, qui le rapporte) : « Avec mes préfets, mes gendarmes et mes prêtres, je ferai tout ce que je voudrai. »
En lisant votre œuvre, je me suis dit :
« Avec des femmes chrétiennes et des évêques chrétiens nous sauverons la France du joug judéo-maçonnique. »
L'avenir s'ouvre devant nous avec deux voies (il y en a deux, il n'y en a pas trois) : la voie qui conduit à l'anarchie plus ou moins violente, plus ou moins déguisée, et la voie qui conduit au christianisme démocratique. Vous nous l'avez démontré, le catholicisme de salon est mort.
Alléluia au christianisme démocratique qui se lève !
Il lui faut un chef! Prions Dieu qu'il nous