‹ L'épiscopat sous le joug: scènes de la vie ecclésiastique et documentsChapitre 42 sur 47 · PRETRES PROPOSÉS POUR DES ÉVÊGHÉS · texte numérisé non relu

PRETRES PROPOSÉS POUR DES ÉVÊGHÉS

rencontrant une opposition qui peut être surmontée

M. l'abbé Didiot, professeur de la Faculté de théologie à Lille. — Difficile au gouvernement de nommer un professeur de Faculté catholique.

M. l'abbé de Ligonnès, supérieur du grand séminaire de Mende. — Se serait occupé d'élections monarchistes ?

M. l'abbé Gardey, curé de Sainte-Clotilde à Paris. — Ne veut rien promettre. N'accepterait qu'un évêché important. Né en 1836.

M. l'abbé Brette», chanoine de Paris. — Opposition de l'Archevêché.

M. l'abbé Fleuret, curé de Saint-Philippe-du-Roule de Paris. — Aurait accepté l'évôché de Saint-Flour quand il était curé de Montmartre, n'en accepterait aucun maintenant qu'il est à Saint-Philippe.

M. l'abbé de la Guibourgère, curé de Saint-Germaindes-Prés de Paris, né en 1833. — Ne veut pas prendre d'engagement.

M. l'abbé Granjux, curé de Saint-Paul-Saint-Louis do Paris, né en 1827. — Trop recommandé par le prince de Béara.

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M. l'abbé Darblade, curé de Levallois-Perret près Paris. — A aidé les jésuites à tourner la loi eu prenant la direction fictive d'un de leurs collèges de Paris.

M. l'abbé Gaultier de Claubry, desservant de Saint- Jean-Saint-François de Paris. — Fréquente trop les réunions présidées par MM. Chesnelong et Keller.

M. l'abbé Duclos, curé de Saint-Eugène de Paris, né en 1815. — Prétexte son grand âge. A reçu en compensation la croix de la Légion d'honneur.

Mgr Péchenard, vicaire général de Reims, né en 1842. — Républicanisme douteux.

-/ Mgr Robin, vicaire général de Troyes, né en 1812. —

Trop âgé.

M. l'abbé Mérlc, du diocèse de Paris. — Pas de situation officielle dans le diocèse.

M. l'abbé Plampignon. — Faible opposition de l'Archevêché. N'a pas de situation officielle dans le diocèse de Paris.

Mgr de rEscallle, doyen du chapitre de Paris. — Ferait bien dans un diocèse aristocratique comme Moulins. A relations nombreuses avec des amies de M me Casimir- Perier. En est de même pour Mgr d'Hulst.

M. l'abbé Dumont, curé de Saint-Merry de Paris, né en 1830. — Pas pris au sérieux à. l'Archevêché,

M. l'abbé Herscher, vicaire général de Langres. — Né en 1854. Encore trop jeune.

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M. l'abbé Frômont, chanoine de Poitiers. — A perdu beaucoup en perdant Mgr Juteau. Ne rencontrera peutêtre pas môme appui auprès de Mgr Pelgé. Le soutenir envers et contre tous.

M. l'abbé Planus, vicaire général d'Autun. — Prêtre découragé, voudrait se retirer dans un couvent.

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Et maintenant il est temps de donner une conclusion à ce qui précède.

La voici : « Si l'Église n'était pas d'institution divine, il y a longtemps qu'elle aurait été vaincue dans ces luttes hypocrites qui n'ont qu'un but : amoindrir l'autorité morale de l'Épiscopat français.

Grâce à Dieu, l'Épiscopat est encore debout.

Il était debout à Toulon pour bénir les fêtes patriotiques de l'escadre russe.

Il était debout au chevet du président Carnot pour murmurer à ses oreilles agonisantes les éternelles paroles du pardon.

11 était debout chantant pour M. Carnot le De Profundis sous les voûtes de nos vieilles cathédrales et rappelant un délicieux épisode des origines du Christianisme. Quand l'empereur Julien s'attaquait aux chrétiens par cette ruse de

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guerre et de violence qui porte son nom, et qu'absent de l'empire, il était allé chercher dans les batailles la consécration d'un pouvoir et d'une popularité qui devaient dans sa pensée achever la ruine de Jésus-Christ, un de ses familiers, le rhéteur Libanius, rencontrant un chrétien, lui demanda, par dérision, ce que faisait le Galiléen ; le chrétien répondit :

« Il fait un cercueil. » Quelque temps après, Libanius prononçait l'oraison funèbre de Julien devant son corps meurtri et sa puissance évanouie.

Ce que faisait alors le Galiléen, il le fait toujours, et plus d'un évêque, en aspergeant le corps de M. Carnot, la malheureuse victime de l'anarchie, a dû penser :

« La guerre au Christ a fait un cercueil. »

Puisse-t-il être le dernier !

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