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ET COUPENT LA GORGE L'UN À L'AUTRE, tant le nombre se raccourcit de jour en jour.” ° La misère et les privations qu'ils eurent à subir, quoique pénibles, ne semblent pas avoir été suffisantes pour produire un tel résultat, si on doit croire Champlain, quand il (4 À ARENA Cependant les hommes qui resterêt en ce lieu avec fort peu de commoditez * furent sept ans abandonnez sans secours que de Dieu, et furent contraints de se tenir “ comme les renards dans la terre pour n'y avoir n, bois ny pierre en cette isle propres à bastir, que le débris et fracas des vaisseaux qui viennent à la coste de la dite isle ; et “ vescurent seulement de la chair des bœufs et vaches, qu'ils y trouvèrent en quantité, et “s'y estant sauvez par la perte d’un vaisseau Espagnol qui s'estoit perdu voulant aller “ habiter l’isle du Cap Breton ; et se vestirent de peaux de loups marins, ayant usé leurs “habits et conservèrent les huiles pour leur usage, avec la pescherie de poisson qui est “ abondante autour de la dite isle......”° Rien ne prouve que le marqu:: de La Roche ait été de cette expédition, car son nom n'est pas mentionné au cours du procès qui eut lieu au sujet des effets que le capitaine Chefd’hostel avait extorqués aux malheureux qu'on lui avait donné ordre d'aller délivrer. Il est probable dans tous les cas qu’il n’en fit pas d'autre.
! Voici ce qu’en dit le P. de Charlevoix : “ A peine l’isle de Sable produit-elle quelques herbes et quelques brous- “’sailles et jamais terre ne fut moins propre pour être la demeure des hommes, outre qu’elle est petite et qu’elle n’a “point de port.” (Histoire de la Nouvelle-France, vol. 1, p. 109.)
* [l'est évident que l'espoir que le marquis de La Roche et Chefd’hostel avaient de trouver des marchandises sur l'ile de Sable n’a pas été déçu, car on lit dans l'Histoire de la Nouvelle-France de Lescarbot: “Le roy com- “ manda à Chefd’hostel, Pilote, d'aller recueillir ces pauvres hommes quand il irait aux terres neuves. Ce qu’il fit, “eten trouva douze de reste, auxquels il ne dit point LE COMMANDEMENT QUIL AVAIT DU RoY, AFIN D’ATTRAPER BON ‘NOMBRE DE CUIRS ET DB PEAUX DE LOUPS-MARINS, DONT ILS AVAIENT FAIT RÉSERVE eee. (Iistoire de la Nouvelle- France, édition Tross, seconde partie, page 397.)
* De 1588 à 1598.
! Ailleurs il dit sept ans, dans sa première édition.
* M. le docteur Dionne ne partage pas l'opinion de Lescarbot ; il semble croire, au contraire, que ces gens s'étaient livrés sur leur île à la pratique de toutes les vertus, Car il dit: “Leur barbe inculte et les peaux de phoques dont ils étaient revôêtus pouvaient leur donner une apparence de sauvagerie, mais comme l’habit ne fait pas ‘le moine, il ne s'ensuit pas qu’ils eussent perdu le moindre degré de civilisation. Au contraire, IL PARAIT PRO= BASLR QU'ILS SR RÉFORMÈRENT AU SEIN DB L'ADVERSITÉ. De criminels qu’ils étaient à leur départ de France, 118 ‘© ÉTAIENT DEVENUS DES GENS PAISIBLES, PLEINS DE BONNES DISPOSITION ET ENFIN MORALISÉS.” (Courrier du Canada du “5 novembre 1890.)
* Voyages de la Nouvelle-France, édition de 1632, pp. 32 et 38.
Tout en conservant les privilèges spéciaux se rattachant à sa charge de Lieutenant du Roi à la Nouvelle-France, le marquis de La Roche abandonna, en 1599, au capitaine Jean Chauvin, ceux qui lui donnaient le monopole exclusif de la pêche et du trafic des pelleteries, |
M. le docteur Dionne doit faire erreur quand il dit que les lettres patentes furent accordées à Pierre Chauvin, sieur de Tonnetuit,. *
Il ne peut y avoir de confusion possible entre ce Jean Chauvin, qui est toujours désigné dans les actes officiels sous le nom de ‘ Jean Chauvin, habitant de Honfleur ” ou de “ capitaine Chauvin,” et Pierre Chauvin, sieur de Tonnetuit,
Le capitaine Jean Chauvin mourut au commencement de l'année 1603, alors qu'il préparait une nouvelle expédition pour le Canada,
Quant à Pierre Chauvin, sieur de Tonnetuit, nous le voyons revêtu en 1600 des pouvoirs de Lieutenant pour le Roi à la Nouvelle-France, * en l'absence du marquis de La Roche, et remplaçant, neuf ans plus tard, Dupont Gravé et Champlain, pendant un voyage qu’ils firent en France
En terminant, je crois pouvoir donner une preuve irréfutable à l'encontre des prétentions de ceux qui aflirment que le voyage pendant lequel le marquis de La Roche laissa
ses gens sur l'ile de Sable se fit en 1598,
Champlain, qui dit au sujet de cette malheureuse expédition : ‘“ Cependant les ‘ hommes qui resterêt en ce lieu avec fort peu de commoditez, FURENT SEPT ANS ABAN- ‘“ DONNEZ sans secours que de Dieu... ”? écrivait au commencement de mai 1604: *
‘ Par ordonnance de la cour du Parlement de Rouen, IL Y FUT ENVOIÉ UN VAISSEAI