POUR LES REQUÉRIR
Ces deux citations mises en regard prouvent, de la manière la plus indiscutable, que le voyage du marquis de La Roche en question n’a pu avoir lieu en 1598. Car, outre qu’à l'époque où Champlain écrivait les dernières lignes plus haut citées, six ans ne s'étaient pas encore écoulés, il ne parle pas de cet événement, cependant assez remarquable, de façon à faire voir qu'il était de date très récente, et comme s'étant produit l’année précédente, ‘
! Les privilèges accordés au capitaine Jean Chauvin n’sffectaient pas ceux inhérents à la charge de Lieutenant pour le Roi au Canada, puisqu'il est prouvé que, le 23 février 1600, le marquis de La Roche avait encore ce titre. (Voir Notes sur la Nouvelle- Lrance, par H, Harrisse, p. 18.) Les lettres patentes du capitaine Jean Chauvin devaient être de même nature que celles de la société Noël- Chatton. C'est-à-dire que les privilèges qu’elles conféraient ne devaient avoir rapport qn’à l'exploitation des pêcheries et au trafic des pelleteries, Il est assez probable qu'il y eut une société de formée entre le marquis de La Roche et le capitaine Chauvin. Du moins le procès du 23 février 1600 (voir Harrisse, p. 18) le laisse supposer. Courrier du Canada du 19 septembre 1890, ® Voir Notes sur la Nouvelle-France de H. Harrisse, p. 18. La commission de 1598 conférait au marquis de I il La Roche le droit de se choisir, en cas de maladie ou d'absence, un ou plusieurs lieutenants avec les mêmes pouvoirs qui lui étaient conférés à lui-même.
* Champlain, au retour de son expédition, résolut d’aller en France rendre compte à M. de Monts des travaux “ qu’il avait exécutés durant les quinze mois passés dans le pays. Il partit de Tadoussac au mois de septembre ‘(1609) en compagnie de Pontgravé, LAISSANT DANS SON ABSENOR LE CAPITAINE PIERRE CHAUVIN CHARGÉ DU COMMAN- DEMENT.” (Cours d'histoire du Canada, par l'abbé Ferland, vol. 1, p. 156.)
Voyages de la Nouvelle-France, par Champlain, édition de 1632, pp. 32 et 25
Voir édition de Champlain de 1618,
® “Les cinquante Français,” dit M, le docteur Dionne, “ restèrent sur l'ile de Sable, sans secours, et quand le
L'ÉPISODE DE L'ILE DE SABLE, 18 nant Ill taine des Les historiens qui ont assigné l'année 1598 comme date du triste épisode de l'ile de Sable se sont évidemment laissés influencer par la commission qui fut donnée, cette année- | arent là, au marquis de La Roche, Champlain, quoiqu'il ait dit que l'expédition du marquis de La Roche EUT LIEU EN jours 1598 ! et que les malheureux abandonnés sur l'ile de Sable y restèrent SEPT ANS, détruit + de cette assertion en parlant de leur rapatriement, dans une relation DATÉE DU PREMIER MAI 1604, c'est-à-dire moins de SIX ANS après la date qu'il fixe pour cet événement, * ; qu'il Lescarbot, de son côté, place l'expédition dans l'année 1596, * dans son édition de 1609, ce qui ne l'empêche pas de dire, dans son édition de 1612, qu'elle se fiten vertu de la | pou- commission de 1598.
ovhe, La version de Bergeron semble être, en somme, la plus exacte. D'après lui, le marqu'ils quis de La Roche serait allé ‘SUIVANT SA PREMIÈRE COMMISSION, DÈS LE TEMPS DE HENRI “ III, à l'ile de Sable,” mais, ajoute-t-il plus loin, “ayant obtenu une seconde commission, réten- “il ne put continuer ses voyages.” ‘ laissa M. le docteur Dionne récuse cet historien sous prétexte qu'il se contredit en disant Pa que les gens qui furent abandonnés sur l'ile de Sable par le marquis “profitèrent grandent les ‘“ ment du bétail, vaches et pourceaux QUI Y AVAIENT ÉTÉ ABANDONNÉS QUATRE-VINGTS ABAN- # ANS AUPARAVANT, par le baron de Léri qui avait entrepris ce voyage en 1518.”° Il conclut de ce que Bergeron met 80 ans entre l'expédition du baron de Léri et celle du marquis FR de La Roche que cet historien reconnait, par là même, que cette dernière expédition se fit en 1598.
», que En admettant que Bergeron, AU TIEU DE 1518, qu'on lit dans son Traité de la Navigu- > qu'à tion qui fourmille de fautes typographiques, AIT ÉCRIT 1508, date exacte du voyage du ‘ taient baron de Léri qu'il ne devait pas plus ignorer que les autres historiens de son temps, il se le, de trouverait alors complètement d'accord avec moi. Car, ainsi l'expédition du marquis de e pré- La Roche ayant eu lieu EN 1588, COMME JE LE PRÉTENDS, AURAIT ÉTÉ FAITE EN VERTU DE SA COMMISSION DIE 1578, SOUS LE RÈGNE DE HENRI III, ET JUSTE QUATRE-VINGTS ANS APRÈS LE VOYAGE DU BARON DE LÉRI.. \ atenant Pour démêler la vérité sur ce fait historique qui a donné lieu déjà à de nombreuses \# ce titre, controverses, j'ai dû faire la part des incorrections et des contradictions que l’on rencontre \
dans les ouvrages de Champlain, Lescarbot et Bergeron, les seuls historiens contempoté Noël- 5 x
à noie: ‘ains qui, à ma connaissance, aient relaté les épisodes se rattachant à une époque relative-
ment éloignée.
‘hauvin. Pour sortir de ce dédale inextricable, les arguments qui m'ont été fournis par les écrits de M. le docteur Dionne m'ont été, je dois l'avouer, d'un secours inappréciable.
i .] : * AT : \ : ana \ ‘ quis de ‘ pilote Chefd’hostel vint à leur recherche cinq ans plus tard (en 1603 naturellement) onze seulement avaient pu “ survivre à leur triste sort.” (Courrier du Canada du 19 septembre 1890.)
nes pou-
Voyages de Champlain, édition de 1632, p. 32. travaux * Comme il est loin d’y avoir sept ans entre 1598 et 1604, Champlain a fait erreur quelque part. Il est probable
ptembre que l’erreur existe plutôt dans l'édition de 1632 que dans celle de 1613, car lorsqu'il écrivait sa relation du ler mai
Sete 1604, insérée dans l'édition de 1613, il devait avoir les faits plus présents à la mémoire que dix-neuf ans plus tard,
! Histoire de la Nouvelle-France par Lescarbot, édition de 1609, p. 18. ! Traité de la Navigation, p.124. (Citation de M. le docteur Dionne.) ® Traité de la Navigation, p. 125.
quand le 5 Henri III fut assassiné le 1er août 1589,