‹ L'Épithélioma Primitif Du ClitorisChapitre 2 sur 37 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Ayant eu l’occasion d'observer pendant notre inter-

nat dans le service de notre maître, M. le Pr Quénu, une malade atteinte d’épithélioma primitif du clitoris qui put être opérée et rester guérie 18 mois après l’opé-

ration, nous avons eu l’idée de rechercher dans la littérature les travaux parus sur cette affection consi-

dérée comme rare par la plupart des chirurgiens. Pendant très longtemps les tumeurs malignes du

clitoris et en particulier les épithéliomas furent très

mal connus, peu ou pas étudiés, et généralement con-

fondus avec les cancers de la vulve..

Cependant, vers 1870-1875, quelques cas isolés :

furent publiés par Mayer dans le Monatschrift für Gynakologie, en 1868, par Léger, par Cornil dans les Bulle-

‘tins de lu Société Anatomique de Paris en 1874, par Ar-

nott dans les Transactions of the Pathological Society of London en 1873. En 1888 Dauriac fait à Paris une thèse

sur ce sujet à propos d’une observation d'A. Richet.

parue dans la Clinique chirurgicale de l'Hôtel-Dieu de la même année. ps |

Quelques années plus tard, en 1894, à Bordeaux, Louradour publie sa thèse inspirée par une observation

Dr ARETEA

a À # ae

de Faguet qui se trouve dans les Bulletins de la Société

Anatomique de Bordeaux le 19 novembre 1894.

En dehors des cas isolés et des thèses ne relatant |

qu'un nombre restreint d'observations, deux travaux

fondamentaux ont paru jusqu’à ce jour sur les Tumeurs

malignes et les Épithéhomas du clitoris.

C’est le travail de Bjôrkqvist et celui de Jacoby. Bjôrkqvist rapporte en tout 69 cas de cancer du clitoris. Jacoby faisant la critique des observations de Bjôrkqvist qu'il rapporte après celui-ci en rejette complètement quelques-unes. Ajoutant lui-même È 13 observations nouvelles qu'il rapporte, dont deux . . personnelles, il arrive à un total de 65 cas, qu'il divise 44 en 4o cas d’éphithéliomas certainement primitifs et en

AS 25 cas douteux.

. Si nous totalisons les 69 cas de Bjôrkqvist et les - 13 propres de Jacoby nous obtenons 82 cas de cancer : / du clitoris dont 4o sûrement primitifs et 42 douteux.

A ces 82 cas douteux ou non, nous avons nousmême à ajouter notre cas personnel, l'observation inédite que nous devons à la bienveillance du Dr Tuffier et à l’amitié de notre collègue Roux-Berger et enfin 63 cas épars dans la littérature et que nous äâvons rassemblés, soit un total général de 147 observations. :

Nous voyons donc en somme que l’épithélioma du: clitoris tout en n'étant pas fréquent, loin de là (puisque Schülize d’Iéna n’en a vu que 5 cas en 3o ans, et Engstrôm, d’après Bjôrkqvist > cas seulement en 20 ans, à la clinique d'Helsingfors) est en réalité une affection moins rare qu’on ne le pense en général.

que, diagnostique e et surtout au pot de vue di traite- “ | ment chirurgical, : nous avons laissé de côté le cancer secondaire, dû généralement à l'extension progressive pv … locale d'un épithélioma vulvaire ou vaginal et nous nous sommes occupé presque exclusivement de l'éphithélioma primitif du clitoris. a Ie AU UE ONU te DEA

ÉTIOLOGIE

L’épithélioma primitif du clitoris apparaît surtout entre 4o et 70 ans — assez rarement avant 40 ans, moins rarement après 70 ans.

Les causes étiologiques invoquées par les auteurs sont nombreuses et diverses. Bien peu d’entre elles semblent avoir une réelle importance sur le développement de la néoplasie. |

Il y a d’abord, ici comme toujours, l'hérédité, à action bien douteuse? Nous ne pouvons d'autre part que citer le traumatisme. Il est aussi bien difficile d’être affirmatif pour les rapports sexuels et les grossesses répétées. #

Une cause à été également invoquée : c’est la transformation des tumeurs bénignes en tumeurs malignes (Tédenat). Winckel cite un cas de cancer du clitoris résultant de la transformation cancéreuse d’une verrue de la région clitoridienne. Nous-même rapportons un cas de dégénérescence néoplasique maligne d’un kyste dermoïde du clitoris (cas de Bertino).

Boivin et Dugès ont invoqué les attouchements répétés du clitoris et Tasty le prurit vulvaire. Il semble beaucoup plus naturel de penser que ce. prurit est,

oi

comme la lecture des observations semble le démontrer, un des premiers symptômes dus à l'apparition de la tümeur, ou du moins de la leucoplasie vulvaire qui la précède et l'accompagne souvent, et que c’est ce prurit qui provoque les attouchements répétés. Beaucoup plus intéressants sont les rapports entre la leucoplasie et le cancer signalés par de très nombreux

auteurs : Reclus, Bosc, Perrin, Monod, et étudiés his-

‘tologiquement par Le Dentu, Pichevin, Aug. Petit,

Gaucher et Sergent. Perruchet trouve que sur 18 cas de leucoplasie vulvo-vaginale, 3 seulement sont signalés comme ne coexistant pas avec un épithélioma.

Il semble donc logique, ici comme dans le cancer

de la langue d’attribuer une place probablement pré-

pondérante à la leucoplasie dans l’étiologie du cancer du clitoris. ; ;

Quant à la syphilis, c’est par une sorte de détour qu’elle pourrait agir et il faut, croyons-nous, se borner à dire que la leucoplasie vulvaire semble, comme la leucoplasie linguale, particulièrement fréquente chez les syphilitiques.

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