‹ L'Épitre de Jacques: Étude critiqueChapitre 22 sur 103 · I, IO-II · texte numérisé non relu

I, IO-II

du temps : ëx to mapeX0évroc ypévou, Papyr. du Fayoum 20, 6 (ie siècle après J.-Ch.). Cf. Marc 14, 15.

11. L'observation exacte mais très générale de la chaleur torride de l'Orient, qui grille promptement toute végétation, ne fournit évidemment aucun indice sur le lieu de composition de l’épitre, cf. v. 6. Aussi bien l’image et l’idée essentielle qui s'en dégage, celle du périssable et de l’éphémère, étaient-elles familières à la littérature juive et chrétienne ; cf. Job 14, 2; 15293 12S5037,12),.00, 5-0; 103,,15-10 ; Esaie 51, (12 N APoc syr. de Baruch 82. 7; Matth. 6, 30; Luc 12, 30. Le prophète ici paraphrasé disait (Esaïe 40, 7) : « l'herbe sèche, la fleur tombe quand le vent de Yahvé souffle sur elle. » Notre auteur énonce la cause d’abord : &véreuAev y&o 6 fAuoc (I) odv rù xabowvr. ävatého, attesté neuf fois dans le N. T., y est appliqué au soleil ou à d’autres astres (Matth. 4, 16, pàc; 2 Pierre x, 10, pwcwp6poc), sauf une seule fois, Hébr. 7, 14 (à Kproc). Cf. MICHEL, Instr. 466, 10 (rrre siècle avant J.-Ch.) : ua Tüt fAlor [évlarér- Aovrr. L’aoriste gnomique (cf. v. 24), comme en hébreu, énonce un fait non délimité dans le temps, une vérité d'observation constante. Kaïowv peut désigner simplement la chaleur, cf. Genèse 31, 40, hôréb; Matth. 20, 12; Luc 12, 55; c’est par excellence l’attribut du soleil. Dans tous les textes cités, cette chaleur est dure à supporter, brûlante, torride. Mais les Septante traduisent aussi par xabowv la rouah qgâdîm (Exode 10, 13; Osée 13, 15 ; Jonas 4, 8 ; Ezéch 17, 10 ; Ps. 48, 8 ; Job 27, 26, etc.), ce vend du sud-est qui, sur son passage, dessèche toute végétation en Palestine. Pratiquement, que le soleil ait frappé simultanément avec le vent brûlant ou seulement par sa propre chaleur (obv ne permet pas de résoudre l’alternative), le résultat est le même, quoique moins vertigineusement rapide si la redoutable youakh ne s’est pas mise de la partie.

En tout cas, xat (voici ce qui fatalement se produit :) é£ñpavev rdv y6ptov. Cf. Marc 1x, 20 ; Matth. 21, 19. Enpaive s'emploie de même pour des arbres, des fleurs, etc., dans les papyrus. Exemple: Papyr. de Leyde W, 1, 26 (r1° ou 1x1 siècle après J.-Ch.), Eñpavov ëv ox1ù ; il s’agit de fleurs destinées à une cérémonie magique. Aoriste premier en «, cf. Ezéch. 19, 2; Amos 2, 9, G.

xai To &vôos œdrod éÉémecev. œdrod manque dans sy? et quelques minuscules, apparemment pour se conformer au texte des Septante, ou peut-être par suppression fortuite d'un des trois «rod qu’il fallait copier dans ce verset. éxrinreuv, tomber de, sortir de, quitter ; puis : se flétrir, péricliter, tomber, en parlant des feuilles mortes (Ps. 1, 3), etc. On trouve à peu près la même nuance chez VETTIUS VALENS, p. 70, 27 : xaÜarpeïrar

(1) ARN. MEYER, p. 298, croit que ces mots (si usuels !) ont été intentionnellement empruntés à l’histoire de Jacob : Genèse 32, 32 (texte massorétique). Cf. ci-après, p. 254 s.

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yap Tù &yaldv +02 dotépoc xul sic Td Évavriov éxminrel. Ailleurs il s'agira de monnaies rendues inutilisables par leur complète usure : rù re vowoux To éxmenroxdc dptOuûr, MICHEL, Jnscr. 827 À, 14 (milieu du rie siècle avant J.-Ch.). Cf. 2, 2.

La citation s'arrête ici. |

xat h edroéreix Tod moocwmov aroÿ drwnero. Il va de soi qu’en tombant, déracinée, la fleur de l'herbe perd sa beauté. L'auteur, qui sait à quoi il veut aboutir, ajoute cette considération en pensant à tout l'éclat de la vie opulente. ebrpénetx (cf. Sirac. 24, 14) est un hapax du N. T., où l’idée de beauté n'apparaît que rarement ; cf. patio, Matth. 23, 27. HORT distingue ici la nuance : beauté majestueuse, air noble (cf. Ps. 93,1; Sag. de Sal. 7, 20, etc.) ; c’est en ce sens qu’une inscription parle de l’edrpéreix des adroxpéropec : Sylloge 932, 17 (xxre siècle après J.-Ch.). Voir aussi Testam. de Job 33 : rov Opôvoy ou xai Tv DOËQV Hal TV EdRpÉTELRV H. T. À. Tp0owTov (ci. V. 23) correspond directement à pénîm, face, figure, aspect, qui ne se dit pas uniquement des personnes. Cf. Ps. 104, 30, pené ’ädäma; Luc 12, 56 ; Matth. 16, 3. Etc. C’est un sémitisme plus usuel qu’occasionnel, peut-on dire avec DEISSMANN, Die Urgesch. des Christentums 1m Licht der Sprachforschung, 1910, p. 5 s. äréMumu, verbe des plus répandus, est employé ici sans nuance particulière ; périssable (cf. Jean 6, 27 ; 1 Pierre x, 7), la beauté de la fleur est perdue, anéantie.

oÙTws xai à mAobotoc Ëv Tais mopelars adToD uapxvÜMosta. La comparaison permet d'appuyer l’idée dès l’abord énoncée (v. 10) : le riche passera. On a presque un syllogisme : le riche ressemble à la fleur de l'herbe — or la fleur tombe — donc (oütws xai) le riche se flétrira.

ropeix, proprement marche, voyage (sineribus, Vulg.), ci. Luc 13, 22, pourrait faire penser aux expéditions commerciales lucratives, dont l’auteur censurera l'esprit en insistant sur l'instabilité du lendemain, 4, 13-17. Mais le contexte est ici plus favorable à un sens dérivé, très général : toute espèce d'entreprises, de démarches, méthode, ligne de conduite, à peu près comme les 600 du v. 8. Cf. 1 Clém. rom. 48, 4; HERMAS, Sim. 5, 6, 6. La catastrophe doit surgir au milieu de l’activité et de l'agitation d’une vie compliquée, intensive (cf. Horr). Une variante : ropiuc (N, À) se réduit à une erreur de copie ou à une orthographe altérée. Isolément il s’en rencontre d’autres: ebroplatcs, roynptac, faiblement attestées. Il ne nous semble pas, comme le voudrait FEINE (p. 53 s., n. 1), que l’auteur, en donnant à uapavüñoeru un complément, laisse discerner son désir de voir le riche renoncer à ses ropetar. Ce désir, il l’éprouve apparemment (cf. ëv tj tuneivoer adrod, v. 10), mais le texte n'en dit rien ici.

mapaivo est un kapax du N.T. Cf. Sug. de Sal. 2,8; Job 15, 30; 24, 24, PHILON, JOSÈPHE. Diverses épitaphes l’appliquent au

décès, mais plus anciennement ce sens-là se limitait à : mourir consumé par le feu ; cf. ARISTOTE, de vita et morte, 5; Papyr. de Leyde W, vir, 44. Le grec classique l’emploie déjà à propos des plantes. Les riches « desséchés et flétris », cf. Hénoch 06,6.

On remarquera dans les v. 0-11 que, malgré le côté tragique des aperçus dessinant le sort du riche, toute note proprement eschatologique, tout coloris influencé par la croyance à la parousie, fait défaut. Le langage et l'esprit restent sentencieux ; c'est le docteur, non le prophète chrétien, qui prononce des exhortations motivées, sans les placer en relief sur la vision plastique des choses finales. Le tempérament du moraliste n’a donc pas cessé jusqu'ici de prévaloir. Cf. 5, 1-6.

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