‹ L'épître de Saint Jacques [microform]Chapitre 77 sur 81 · UETov eSwxsv (THV) e^ non eSwxev uetov (S · texte numérisé non relu

UETov eSwxsv (THV) e^ non eSwxev uetov (S

moyen? Passif : la prière opérée, c'est-à-dire la prière du juste est puis, santé quand il prie (-Ro/? es), ou bien la prière opérée, inspirée, par Dieu sous-entendu, par analogie avec Gai. m, 5 : 6... Ivepyôiy SuvajjLstç Iv Sp.tv, ou Phil. II, 13 : ô èvepySJv èv &[iTv x«l ib ôlXeiv xàl to IvepYet'v [Mayor). Moyen : la prière qui opère, qui est puissante dans son action { Windisch) ; Calmes traduit : fervente, Vulg., assidua. Le sens actif du moyen est préférable d'après l'usag-e habituel du N. T. (cf. Lightfoot, à propos de Gai. v, 6).

La puissance de la prière est souvent enseignée dans l'Écriture (Ps. CXLV, 18, 19; Prov. xv, 29; Mt. xviii, 19, 20; xxi, 21, 22; Me. xi, 22-25; I Jo. V, 14, 15). Mais cette puissance dépend des dispositions plus ou moins ferventes de l'orant, notamment de la qualité de sa foi (cf. i, 6, 7). Le juste, parce qu'il réalise dans la mesure du possible l'idéal moral, est donc celui dont la prière est la plus efficace.

Cette pensée doit encourager les fidèles à prier, car dans l'ensemble ils forment le groupe des justes (v, 6). Gomme précédemment ii, 21-26, un exemple tiré de l'Écriture vient confirmer l'exhortation morale.

17) Parmi les personnages de l'A. T. célèbres par la puissance de leurs prières, Moïse, Samuel (cf. Ps. xcix, 6; Jér. xv, 1), Judith (Jud. ix), le prophète Élie vient en bonne place. N'était-ce pas à sa demande que le fils de la veuve était ressuscité, et que le feu du ciel était descendu consumer l'holocauste et confondre les prophètes de Baal (I Rois, xvii, xxin)? Jac. relaté un autre trait dans la vie du prophète si pleine de prodiges, sans doute d'après Eccli. xlviii, 2, 3.

D'abord Élie était un homme comme nous, Sfiotonaei^ç : « qui éprouve les mêmes sentiments », et par dérivé, « qui a une nature semblable » — deux fois dans le N. T. ici et Act. xiv, 15 avec le même sens. La remarque de Jac. est nécessaire, car Élie est si grand qu'on pourrait croire qu'il est impossible de l'imiter. Il est toujours bon de rapprocher les saints de nous, afin que nous puissions nous rapprocher d'eux. La mémoire du prophète est restée très populiaire en Palestine, et chaque année sa fête est célébrée au Mont Carmel en grande solennité par les chrétiens et les musulmans; les Juifs, qui s'isolent, n'y paraissent guère (cf. Jaussen, La fête de saint Élie au Mont Carmel, RB. 1924, p. 248 et ss.).

7cpoaeu^0 TcpooTitSÇaTo, hébraïsme n'^Sn b'îJSnn, comme xXau6[iàî ^xXauasv, Is.

XXX, 19 ; cette tournure avec répétition de la racine verbale si fréquente en hébreu se retrouve quelquefois chez les classiques (Blass-Debrunner. § 198, 6), avec un sens intensif que Mayor croit être voulu ici.— Ppsxetv,

La prière puissante du juste peut beaucoup. ^^Élie était un homme de même nature que nous, et il pria pour qu'il ne plût pas et il ne plut pas sur la terre pendant trois ans et six mois; ^^et de nouveau il pria et le ciel donna la pluie et la terre produisit son fruit.

19 Mes fr.ères, si quelqu'un parmi vous s'éloigne de la vérité et

mouiller (Le. vu, 38, 44), d'où pleuvoir; Ijtl tîîç y^ç, expression biblique (Gen. Il, 5; vu, 12; I Rois xvii, 7; xviii, 1; cf. Ps. Sal. xvii, 20). Le livre des Rois (I Rois XVII, 1) rapporte la prophétie d'Élie relative à la sécheresse, mais ne parle pas expressément de sa prière, comme en d'autres circonstances où la formule même en est donnée (I Rois, xvii, 20, 21,- xvin, 36, 37). Mais la phrase : a lahvé.,. devant qui je tne tiens » exprime l'attitude ordinaire de Forant et équivaut à la mention de la prière ; cette signification est très claire dans Jér. xv, 1. Quelquefois on priait prosterné/ cf. infra, v. 18. La durée de la sécheresse qui est la même dans Le. iv, 25, vient d'un calcul de la tradition. En Palestine les vraies pluies commencent en novembre et finissent en avril (cf. îcpotjxov, oi}'t[jLov, v. 7). Dans I Rois, xviii, 1, la sécheresse cesse la troisième année ; les trois années sont comptées sans doute à partir de novembre de la première année, car c'est probablement au début de l'époque des pluies que le prophète a dû fermer le ciel, mais si on ajoute les six mois de sécheresse habituelle (avril à novembre) qui ont précédé dans ce cas la prière d'Élie, on obtient trois ans et demi. Ce calcul est bien plus admissible que le chiffre apocalyptique 3 1/2, moitié de 7 (Dan. VII, 25; XII, 7; Apoc. xi, 2, 9; xii, 6, 14).

18) Élie prie de nouveau, allusion à I Rois, xviii, 42, 43, où la prostration indique une prière fervente (Néh. viii, 6; cf. Dan. vi, 10); les musulmans dans leurs exercices de prière répètent encore par moment cette attitude, on les voit accroupis, la tête penchée à terre et ramenée vers les genoux.

SsTov 'éStoxev, expression des LXX (I Sam. xii, 17 ; I Rois, xviii, 1 ; Job, v, 10) ; alors que l'A. T. dit : Dieu (de même Act, xiv, 17; cf. Mt. v, 45), Jac. dit : le ciel. Cette tournure qui n'emploie pas le nom divin est tout à fait dans le style hébraïque de l'époque. — l6Xa(ri:r)<i£v, intransitif dans les autres passages du N. T. (Mt. XIII, 26; Me. iv, 17; Hébr. ix, 4), est ici transitif comme dans Gen. i, 11; Bccli. xxiv, 17. Il est remarquable que Jac. qui vient de parler de Jésus, v. 14, 15, ne cite pas quelque parole du divin Maître relative à la prière. La pensée de 17, 18 demeure donc juive comme spn expression.

La correction fraternelle (19, 20).

Après la confession et la prière mutuelle, la monition est à sa place. Bile termine bien aussi les diverses recommandations morales de l'Epître, car elle aidera à les faire mettre en pratique.

19) La leçon est donnée comme précédemment d'une manière concrète

èBov «ùtoO ctùcei d'^X'^J"*' ckûtou sx ôavaTOU xai JweXtîtJ/ei -rXvjôoç «{xapTiôiv. 20. YivtixrxeTO) (TSV) potins quant YtvtooxsTs (H).

(r, 5; II, 2, 14; m, 2, 13). Le verbe TcXavSv ne signifie pas ici se tromper comme dans i, 16, mais, au sens premier (Mt. xvin, 12, 13) et par métaphore, s'égarer en sortant du bon chemin. — >< ajoute ôSou entre âjcd et t^ç ttXTjôsiaç, peut-être d'après v. -20 (i/. TtXâvîjç ôSou), ou d'après Sap. v, 6 dont Jac. a pu s'inspirer : èjrXav7[9Yi{i.ev à%b ô8ou àXviOetaç. La vérité n'est pas seulement spéculative et doctrinale, mais elle est aussi morale et pratique. Jac. a en vue un péché et non une hérésie; cependant il serait exagéré de ne reconnaître qu'un sens moral, car la pratique doit être une réalisation de la foi (il, 1) ; àXTjOsîas désigne donc ici la catéchèse envisagée principalement au point de vue de la conduite de la vie. Au contraire dans III Jo. 3, 4, l'expression « marcher dans la vérité » désigne surtout l'orthodoxie de la foi. On peut rapprocher du texte de Jac. Jo. m, 21 : ô jtoiSiv t^v àXT^Ostav, où le sens est également complexe mais plus profond. — IstorpÉtfïl» transitif comme dans Mal. ii, 6, équivaut à ^''^n, de même Le. i, 16, partout

ailleurs intransitif dans le N. T.

La monition, comme l'éxomologèse à la manière de la coulpe (v. 16»), fait penser à de petites communautés ferventes ; à mesure que le nombre des fidèles grandit, la monition devient plus rare et plus difîicile car on se connaît moins. N.-S. et saint Paul la recommandent (Mt. xviii, 15; Gai. vi, 1; I Thés. V, 14; II Thés, ni, 15).

20) Après (iSeXçoi [wu et iv ufttv (v. 19), la leçon de B yivùSoxsts (impératif plutôt qu'indicatif, cf. l'o-rs i, 19) rend la phrase plus coulante et explique mieux la répétition du sujet ô l%i(svpi^ct<i, mais précisément, à cause de cela, elle peut bien être une correction. Avec YivtûoxiTu) la répétition du sujet est emphatique. Jac. n'indique pas simplement une vérité déjà connue, ce serait le sens de l'indicatif possible Yivtfioxe-ts, il lance un appel en faveur de la correction fraternelle (impératif). Jusqu'à la fin de sa lettre Jac. joue sur les mots : sTtic-cpé^'as et invs-z^ii{r^ (v. 19) TtXdvrjs et TiXav^jÔy} (v. 19). Il faut traduire Ijc TîXavïjs ôooo : « erreur du chemin » et non « chemin d'erreur » qui serait une tournure plus fréquente (Ps. cxvm (hébr. cxix), 29, 30; Prov. vni, 20; n Pet. II, 2, 21;), car TtXdévrjç précède ôSou et n'est pas un génitif de qualité. — ô8ou au sens moral hébraïque (cf. i, 8 et Mt. vu, 13, 14; xxi, 32; Rom. m, 16). L'expression aticret ^^y^i^f peut s'entendre de celui qui fait la monition {Mayor avec doute) ou de celui qui la reçoit. Si un verre d'eau donné au pauvre mérite une récompense (Mt. x, 42), combien plus la conversion d'un pécheur l Mais après ^^yj^^t il faut sans doute lire auxou, leçon de K et de A; alors il s'agit certainement de l'âme du pécheur converti {RopeSy Knowling, Windisch); les deux expressions oSou aùxoiS, <J«>x3v aùxoû se rapportent au même sujet. D'ailleurs celui qui fait la monition est supposé fidèle

que queliju'îEH le ramène, ^Oqrn'ii sache que celui qui ramène un pécheur de l'erreur de sa voie, sauvera son âme de la mort et couvrira une multitude de péchés.

à ses devoirs, et on comprend mieux qae ce sort le pécheur qui échappe à la mort. Ainsi a compris la Vulg. salvabit animant ejus. — ôdévaToç désigfne la mort éternelle (cf. i, 15). Quant à la mort physique des justes Jac. la considère sans doute comme un accident, dont on peut demander à Dieu l'éloignement (v. l4, 15), mais qui n'a rien de redoutable, car les Justes reçoivent la récompense (i, 12) qu'ils attendent déjà (v, 7, 8). C'est la conception du livre de la Sagesse, la mort physique dont la suite est terrible pour les pécheurs (v), n'est qu'une apparence pour les justes, car ils sont avec Dieu (m, 1-3). La pensée vient probablement d'Éz. xvni, 27, 28, entendu dans un sens plus profond. A l'opposé de la notion déjà traditionnelle de la mort spirituelle et éternelle, saint Jean mettra en lumière la notion de vie {cf. Jo. V, 24). — Les verbes sont au futur (at&aet, -/.oX^bi), car il s'agit de faits qui seront surtout manifestés au jour du jugement. Quand saint Pierre écrit àyarerj ■/.aXiitxzi tcX^Goç à|jiapTtÊ5v (I Pet. IV, 8), il exprime la même pensée que Jac. et en termes semblables, peut-être l'a-t-il prise chez lui (cf. Introd. p. Lxxvi et s.); la Didascalie (II, m, 3) attribue l'expression.àN.-S.; de même Resch {Agrapha, p. 310, 311) d'après Clément d'Alex., Pédagogue III, xiï, 91^ où cependant le Christ n'est pas expressément nommé à propos de la citation àyccrtjj xaXimrst /.. T. X. — Ropes pense à un aphorisme grec, Mayor et la majorité des critiques admettent une citation de Prov. x, 12 d'après l'hébreu : r\'2r\}i HD^n n'»î;ttr3"b3 by, c'est la meilleure solution ; on est sans

doute en présence d'une traduction antérieure à Jac. , différente de celle des LXX («avtas Se xobç jjlti (ptXoveixouvTas xaXiirexet ©iXi'a), et transmise oralement sous forme d'aphorisme biblique. Les Juifs disaient « couvrir les péchés » comme nous disons aujourd'hui « effacer les péchés » pour exprimer leur pardon; l'expression est biblique (Ps. xxxi (hébr. xxxii), 1, 5;lxxxiv (hébr. Lxxxv), 3). Mais de qui les péchés sont-ils pardonnes? Plusieurs auteurs pensent à l'agent de la conversion [Origène [Hom. in Léo. ii, 5), Spitta, Ropes et, avec hésitation, Mayor). D'autres pensent au converti, ses péchés lui sont pardonnes car son retour au bien implique le repentir [Camerlynck, Wîndisch), Mais la pensée de Jac. est générale, la multitude des péchés peut très bien s'entendre de ceux commis par l'agent et par le sujet de la conversion; cette interprétation qui précise moins que les précédentes la pensée de Jac. ne risque pas tant de la déformer [Bède, Bengel).

La dernière parole de Jac. est un appel à l'apostolat ; il faut convertir ses frères. Mais l'horizon ne dépasse pas les limites de la communauté. Jac. ne parle pas, en la circonstance, de convertir les gens du dehors, Juifs ou païens, mais ceux du dedans (-ces èv ujitv îuXavYi6^, v. 19). Les sujets moraux traités dans sa lettre l'invitaient à ne pas sortir du cadre de la vie communautaire.

La pensée se développe encore ici dans le plan de l'A. T. On convertit une

âme en la détournaBt du mauvais chemin, il n'ast pas parlé du Christ à l'amour duquel on la gagne.

L'Épîtré se termine brusquement saris une de ces salutations ou un de ces souhaits que saint Paul et les autres Apôtres aiment à exprimer à la fin de leurs lettres. Le caractère de l'Épître, qui est une circulaire à des communautés de la Diaspora que Jac. n'a pas visitées, explique l'omission de traits personnels pour prendre congé des destinataires.

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