itpooreuxsffôe (H) pofius quant, sy^ewOe (TSV
L'extrême-onction n'est pas nommée ailleurs dans le N. T. Les onctions miraculeuses faites par les Apôtres au cours de leur mission (Me. yi, 13;, Le IX, 6) n'en étaient que la préparation. C'est l'enseignement du Concile de Trente : sacramentum... apud Marcum quidem insinuatum {De sacramento extremae unctionis, chap. i, Denz. 908). Quand, et comment N.-S, a-t-il institué ce sacrement? Nous l'ignorons; Jac. ne le dit pas, mais nous savons qu'il croyait à l'efficacité spirituelle et corporelle des onctions faites au nom du Seigneur et cela suffît. « Que Jésus se soit expliqué sur les onctions des malades et leur ait donné, pour l'avenir, une efficacité spirituelle, c'est ce qui est tout à fait, en harmonie avec l'histoire évangélique » (Pourrat, La théologie sacramentaire, Paris, 1910, p. 283). Si Jac. avait terminé sa lettre un peu plus tôt nous n'aurions aucun texte scripturaire sur l'extrême-onction. On voit bien par ce cas que du silence des textes on ne peut pas conclure à la non-existence d'un dogme ou, d'un sacrement à l'âge apostolique. 16») La première partie du v. 16 est difficile. Jac. tire une conclusion (oïv); dans quelle mesure l'éxomologèse est-elle corrélative au rite de l'onction? Mais il importe d'abord de chercher le sens de la phrase considérée en ellemême.
Un grand nombre de commentateurs et de théologiens catholiques pensent qu'il s'agit de la confession sacramentelle : Saint Thomas [Sum. theol. Supplem. q. 6, a. 6), Bellarmin {De poenit.), Palmieri [De poenit.), Ruch {Dict, Théol. cath. i. V, c. 1907 et ss.), etc. A l'encontre de cette opinion, quelques auteurs catholiques, avec la masse des critiques protestants, excluent la mention du sacrement jCajetan : « Nec hic est sermo de confessione sacrainentali [ut patet ex eo que dicit « confitemini invicem »; sacramentàlis con~ fessio non fit int>icem sed sacerdotîbus tantum), sed de confessione, qua mutuo fatemur nos peccatores ut oretur pro nobis, et de confessione hinc et inde erratorum pro mutua placatione et reconciliatîone » [Corn, in Jac); saint Augustin {In Joan. 58; P. L., XXXVj 1795), Bède pensent à une pieuse coutume. Le concile de Trente cite Jac. v, 16 dans la Session XIV, chap. V « De confessione » (Denz. 899), mais sans définir le sens dû texte.
Jac. veut dire sans doute : les hommes doivent se confesser les uns aux autres et pas seulement à Dieu, et prier les uns pour les autres. L'idée semble bien être que le pouvoir de remettre les péchés a été confié à des. hommes. Auxquels? Jac. ne le dit pas. Les fidèles savent à quoi s'en tenir.
Quelques auteurs, entre autres Ms^ Ruch, entendent <JXX7ÎXotç au sens relatif; Jac. s'adresserait aux malades (Sncoç laO^xe), et leur dirait de se confesser aux presbytres nommés précédemment. En faveur de ce sens relatif, on cite Jac. v, 9 xax' àXXTJXwv, et surtout Eph. v, 21 unoTaarao[ji.£vot àXXTfXoiç, où il s'agit de l'obéissance des subordonnés à leurs supérieurs; mais dans Jac. V, 9 les mots x«t' àXXTjXtùv oat très probablement une signification générale.
des péchés, il lui sera pardonné. ^^ Confessez donc vos péchés les
l'expression se rapporte aux fidèles qui ne doivent pas murmurer les uns contre les autres, plutôt qu'aux opprimés relativement à leurs oppresseurs. Quant à Éph. v, 21, le sens relatif est indiqué expressément par ce qui suit (v, 22-vi, 9), et ici pareil contexte fait défaut. Alors que dans v, 13-15 Jac. envisage des cas particuliers, ici sa pensée paraît bien s'étendre à la communauté comme dans i, 2, 16; ii, 1; m, 1; iv, 1, 11=^; y, 7. Il vaut donc mieux entendre àXXï{Xots au sens ordinaire et admettre que Jac. fait allusion à la pratique liturgique, mais ne précise pas sa pensée. Le texte, ainsi interprété, renferme bien le sens sacramentel, mais ce sens n'est pas explicitement affirmé.
Gomme l'aveu des fautes, la prière est réciproque et, vraisemblablement, elle est aussi liturgique. Le sens de îctip àXXTÎXwv est encore général, ce ne sont pas seulement les prêtres qui prient, mais tout le monde. On s'adresse à Dieu pour être guéri : oTztaç laô^ire. De quelle guérison s'agit-il? Le verbe îiabai peut signifier la guérison physique (cf; Mt. viir, 8, 13; xv, 28; Me. v, 29; Le. V, 17; VI, 17, 19; etc.); Ms'" Ruch, Spitta, Ropes l'entendent en ce sens; Mayor reconnaît à cette acception une corrélation plus grande avec 14-15 et 16''. Il faut dire alors que Jac. s'adi^esse aux malades; mais dans ce cas il change d'interlocuteurs, car l'expression IÇofioXoyeraOs àXXvîXoi? semble bien devoir s'entendre dans un sens général. De plus, Jac. paraît parler encore à tout le monde, il ne dit rien qui puisse montrer qu'il s'adresse tantôt aux uns tantôt aux autres. Le sens de guérison physique présente donc une difficulté. Mais laaGat comme n'SI (cf. Gesenius Buhl) signifie souvent une guérison métaphorique (Is. lvii, 18, 19; lxi, 1, cité dans Le. iv, 18 d'après A), notamment celle du péché : îa.(ir\zxi KiSptoç xà? àjAaprîa^ aoo (Deut. xxx, 3; cf. Is. VI, 10, cité dans Mt. xiii, 15; Jo. xii, 40; Act. xxviii, 27; Is. lui, 5, cité dans I Pet. n, 24; II Par. xxx, 20). Gette acception a l'avantage de bien convenir au contexte immédiat (avec Camerlynck, Meinertz). Tout le monde commet des péchés au moins légers (m, 2), les fidèles ont été invités à les accuser; dès lors on comprend bien qu'ils soient invités à prier pour en recevoir le pardon. D'ailleurs la confession est d'abord en vue de la guérison spirituelle. Quand les juifs disaient leurs fautes c'était pour que Dieu les pardonne (Ps. XXXII, 5; Dan, ix, 4 et ss.; I Esdr. ix, 6-15). On peut rappeler les longiies listes de fautes que le surpu récitait en Assyro-Babylonie pour que le dieu ou la déesse pardonne le péché nommé. Le sens métaphorique convient donc bien ici. La prière, mentionnée en même' temps que la confession, exprime les sentiments du cœur, repentir, charité, qui doivent accompagner l'aveu. Le monde païen antique si formaliste n'a pas entièrement méconnu ces conditions morales du pardon, on lit sur une intéressante tablette cunéiforme : La crainte enfante la bienveillance, le sacrifice augmente la vie, et la prière délivre du péché (cité dans Dhorme, La religion assyrohahylonienne, p. 21).
Mais alors comment le v. 16=» peut-il être la conséquence de ce qui précède (o5v), s'il ne s'agit plus, de la guérison des malades? Il n'est pas la consé-
5(ea0£ ÛTcè^ àXX'^Xwv, oxwç laS^ie. Tzo'kb ta^iist Sevjaiç Stxabu èvepY^yS*^^^*
quence de 14-15, mais seulement de 15*' xav àp.apTtaç... Jac. vient de parler du pardon des péchés accordé au malade, il garde cette idée du pardon des péchés et passe à une application pratique pour tout le monde. Le malade est pardonné, peut-être lui-même a-t-ii dit ses fautes au moment de l'onction. Que les fidèles obtiennent donc leur pardon eux aussi par l'éxomologèse et la prière.
Note sur l'éxomologèse dans jagques.
Le texte ne dit pas si la confession les uns aux autres se fait en public ou en particulier. Cependant l'expression IÇofAoXoYetafle àXXrîXotç s'entend plus facilement d'une confession faite en groupe comme la prière. A titre d'hypothèse, la pratique liturgique dont parle Jac. ne pourrait-elle pas être décrite de la manière suivante ?
On est dans une réunion, soit chez le malade, soit plutôt dans l'assemblée du samedi ou du dimanche. Les fidèles reconnaissent et disent tout haut leur culpabilité. L'aveu n'est pas fait spécialement aux presbytres, cependant les presbytres sont présents et l'entendent ; il ne porte pas seulement sur des fautes que les fidèles peuvent avoir commises les uns envers les autres, comme s'il s'agissait d'un pardon mutuel (cf. Eccli. xxviii, 3-5; Mt. v, 23-24; VI, 14), il porte aussi sur des fautes commises à l'égard de Dieu (àjAapTt'aç). Il ne s'en suit pas que la confession soit complète. L'aveu concerne sans doute les fautes qui peuvent être connues sans inconvénient; on pense à la coulpe des moines. Les communautés auxquelles Jac. s'adresse sont encore petites, tout le monde se connaît, s'épie. Ce dont chacun s'accuse, les autres le savent déjà, au moins en partie (cf. Act. xix, 18). Il n'est pas dit d'ailleurs que l'accusation soit détaillée, on peut accuser ses fautes sans précision gênante, comme le grand prêtre juif au jour de l'Expiation : « O Eternel, J'ai été pervers, fai péché, j'ai commis des fautes devant toi, moi et ma m.aison' O Dieu, pardonne les crimes, les péchés et les fautes dont je me suis rendu coupable devant toi, moi et ma maison, comme il est écrit dans le livre de Moïse, ton serviteur « car en ce jour se fera votre expiation (Lév. xvi, 30) » {Yoma II, 6, trad. Schwab; cf. id. iv, 2; vi, 2). Les presbytres savaient qu'ils avaient le pouvoir de pardonner (Mt. xviii, 18; Jo. xx, 22, 23), pourquoi n'en auraient-ils pas usé après l'éxomologèse et là prière? Notre-Seigneur n'a pas fixé dans ses détails l'exercice du pouvoir des clefs, et on pouvait peut-être se contenter d'un aveu moins détaillé que celui exigé par la suite. Et puis les fidèles ne pouvaient-ils pas dire aux presbytres en particulier certaines fautes cachées et douloureuses? C'était sans doute à Jean-Baptiste que les Juifs disaient déjà leurs fautes en recevant le baptême (Mt. m, 6; Me. i, 5).
L'aveu des péchés dans l'assemblée, ou au moins en petit groupe, est-il un usage juif? Le Pentateuque ordonne la confession des péchés du peuple par le grand prêtre au jour de l'Expiation (Lév. xvi, 21), et prescrit pour le fidèle, au moment de l'offrande du sacrifice expiatoire, l'aveu de certaines fautes : contact involontaire avec un objet impur, violation involontaire du serment (Lév. v, 1-13), péchés qui causent du préjudice au pro-
ÉPITRE DE SAïNT JACQUES, V, 16. 133
uns aux autres et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris.
chain (Nombr. v, 5-7). Peut-être y avait-il aveu dans d'autres cas (Lév. IV, 4, 15, 24). Cette confession était faite à Dieu (cf. Ps. xxxii, 5; Dan. ix, 4 et ss.; I Esdr. ix, 6-15; sans doute aussi Prov. xxvm, 13; Eccli. iv, 26), et exprimée extérieurement par une formule analogue à celle dite par le grand prêtre et déjà citée. Plus tard les rabbins demandèrent l'aveu d'autres fautes. Les condamnés à la lapidation devaient confesser leurs crimes avant de mourir afin d'avoir part à la rétribution du monde à venir [Nedarim VI, 3) ; durant la veille et le jour de l'Expiation, les Israélites devaient faire cinq fois leur confession; d'après Rabbi Aquiba l'énumération des fautes était inutile; d'après Rabbi lehouda ben Bathyra, elle était nécessaire; la Guémara demande l'aveu au prochain des fautes commises à son égard {Yoma, yin, 8; Nedarim, v, 4). La tradition juive demeura divisée {cf. Morijt, Commentarius historicus de disciplina et administratione sacramenti poeniientiae, Anvers, 1682, lib. II et IX). >Si la confession des Israélites au jour de l'Expiation existait au temps des Apôtres, et donnait déjà lieu à controverse, on pourrait penser que Jac. a voulu affirmer la doctrine chrétienne : la confession est nécessaire et à des hommes. En tous cas on peut admettre que dès cette époque les Juifs donnaient libre cours ce jour-là à leur repentir en poussant des gémissements et en récitant des prières de pénitence; un aveu non détaillé des fautes se conçoit très bien. On ne mangeait pas de la journée et le soir venu c'était la fête et la joie. Il se pourrait donc qu'une éxomologèse publique aux origines chrétiennes et dans certaines communautés, se soit inspirée des coutumes du Yom Kippur, mais on ne saurait l'affirmer.
La Dîdachè parle de la confession comme saint Jacques : 'Ev lY:Àkt\(s'if^ IÇo^o^oYT)OTi -c« 7capajTT6&{x.aTûc aou, xal où icpocreXe^crri IjïI TCpoaeu^ïJv aou èv auveiSTjaei 7tovir)pa (iv, 14) — v.atxa, xuptaxîjv 8è Kupiou uovay^GevTSs xXfitaaTs aprov xai zhya.^irsx-^aa.xz 7.posÇo{xoXoyy]<T<£p.£voi Tœ jcapaTUTtiSjxa-ca &[xGjv Sirtoç xaôapà ^ 6uata OpiGiv r; (xiv, 1). La confession des fautes devait certainement précéder la communion, on peut rapprocher I Cor. xi, 28 : BoxijiaÇÉ-cto 81 dévOpwnoç lautov -/.cà oStwç Ix tou apxou loGilxw.
Puissance de la prière (16M8).
Jac. qui vient de nommer deux fois la prière (13, 16»), parle maintenant de sa puissance. Il passe à une nouvelle idée.
16'') Slrjats a ici le même sens qu'eux.^ (15) ou Tupoueux^f (17); le juste est celui qui par sa fidélité à la loi de liberté (i, 25) réalise l'idéal moral; cet idéal n'est pas exclusif de petites fautes (m, 2 ; cf. I Jo. i, 8, 9), le juste s'en confesse et en obtient le pardon (16=^). Le juste en question n'est pas au ciel comme les élus dont parle Hénoch (xxxix, 5) et dont l'intercession en faveur des hommes se mêle à celle des anges (contre Spitta), mais sur la terre comme celui de v, 6 et appartient au même groupe. — èvepYou[i.évïi, passif ou
3pé?ai, xat 007. e^pe^sv IttI t^ç yYjç èviauxcùç xpeîç xal |>-Yjvaç e^' *^xaî icdcXiv -jvpoaiQu^aTO, y,al o oupavbç uetbv ëSwî^sv v.çd vj y^ à^XàaTvjcrsv tov xapTcbv «Ùt^ç. ^^ 'AS£>>.(pot iaol), sav Tcç èv û[xîv TcXavi'jO^ «Tcb x^ç àXvjôsfaç xai