VU
V^^P^-- :^i,;, tf '
ARCHITECTURE BYZANTINE ornée de mosaïques; animaux et rinceaux. — XI"" Siècle. Mus,-,- lapidaire du \Iont-Cassin. — (Millet, Hl's-Études, C. 1MS5.)
île l'attachement à ce jeune homme dont, ne craignit-elle pas de dire, elle était d'ores et déjà fermement résolue à faire un jour un basileus.
Gomme toujours, le seul qui, durant fort longtemps, ne se douta de rien, fut l'empereur. La liaison du couple adultère n'était plus un mystère que pour lui. 11 passait tout son temps, dit Skylitzès, às'occuper d'œuvres de bienfaisance, à l'aire construire ou réparer des aqueducs, des hospices, des maisons d'orphelins. Quand, enfin, la situation fut devenue si claire qu'il n'y eut plus moyen de ne pas comprendre, probablement enchanté d'être ainsi remplacé, il ferma obstinément les yeux, affectant de ne rien voir. Psellos raconte que souvent lorsqu'il était conclu'' dans le lit impérial aux eûtes de la basilissa, « sous les mêmes couvertures de pourpre », il faisait quérir Michel pour se faire servir par lui, se faisant masser par lui pieds et jambes, agissant en somme comme si cet affreux scandale lui était tout à fait indifférent, Plus tard, quand sa sœur Pulchérie, honteuse pour lui d'une telle humiliation, et ses plus dévoués serviteurs lui eurent fait toucher du doigt le sombre complot qui s'organisait sourdement contre sa vie et lui eurent fait clairement saisir que sa mort serait l'issue fatale, certaine, de tout ce drame honteux, au lieu d'anéantir du pied cette vile
LE* PÔRPHYROGÉNÈTES ZOÉ ET TUÊOÙORA
intrigue en une seconde comme cela lui eût été si facile, il ne voulut ou sut rien imaginer dans ce sens. Faiblesse véritablement insensée, il se contenta, après s'être fait amener Michel, de le questionner sur ses amours avec la basilissa, lui enjoignant sur sa foi de lui dire >'il se croyait vraiment aimé d'elle ! Naturellement le fourbe, feignant la surprise, nia tout avec les plus solennels serments, et ci- monarque, devenu tout-à-fait imbécile, le crut sur parole, affirme Psellos, persuadé que ces racontars n'étaient que calommies. Même il n'en aima que davantage l'impudent favori. Ce fut lui qu'il continua de traiter avec le plus d'amitié au Palais, l'appelant son serviteur très fidèle.
Une circonstance très particulière, il faut le dire, avait contribué à tromper le basileus. Dès sa tendre jeunesse, Michel était sujet à de terribles accès d'épilepsie. Psellos décrit ceux-ci avec une telle précision médicale, que certainement il a dû, pour le moins, les entendre raconter par des témoins oculaires. Le basileus avait vu souvent l'infortuné en proie aux crises affreuses de ce mal dont I'effrayanl processus et l'invasion si soudaine semblaient, à cette époque d'ignorance, un mystère divin plein d'épouvante. Ému de pitié pour tant de souffrances, il se refusait à croire aux transports amoureux d'un homme aussi gravement atteint, n'admettant pas qu'un être frappé d'un mal aussi hideux put être en situation de se faire aimer. 11 n'en fut pas de même du monde de la cour qui longtemps s'imagina que c'était là pure comédie de la part du rusé adolescent pour mieux se faire plaindre de la 1 >:i~i I issu . 11 fallut bien, dit Psellos, qu'on finit par croire à I'épUepsie quand on vit ce~ effrayants accès se reproduire de plus en plus violents, de plus en plus fréquents, alors même que Michel fut devenu basileus. Cette maladie, bien que réelle, n'en devait pas moins être fort utile à l'étrange parvenu pour atteindre au but qu'il poursuivait. Elle lui attirait a la foi- la commisération sympathique du basileus et la pitié attendrie de sa fougueuse maîtresse. « J'ai entendu affirmer, poursuit Psellos, à un homme qui avait beaucoup fréquenté à la cour à cette époque et qui connaissait à fond cette histoire des amours de la basilissa (1), amours sur lesquels il m'a du reste beaucoup renseigné, je lui ai
(1) Psellos excelle à ne pas nommer les gens dont il s'occupe. C'était par prudence très naturelle qu'il agissait île la sorte.