‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècle (volume 2)Chapitre 46 sur 132 · PAIX H"/' LE KHALIFE D'EGYPTE · texte numérisé non relu

PAIX H"/' LE KHALIFE D'EGYPTE

sans distinction d'âge, tous ceux qu'ils rencontraient sur leur chemin. Ils emmenèrent une foule de captifs des deux sexes après les avoir souvenl torturés avec un raffinement effroyable. Parmi ers laim>nta!>lcs victimes,

Skylitzèa cite par leurs n s cinq grands chefs ou « stratigoi » byzantins

qui tombèrent aux mains de ces barbares : Jean Dermokaitès, Bardas Pel/ès. Léon < lhaikotoubès, I ionstantin Ptérotos et Michel Slrahotricharès. Nous ne savons rien de plus sur le suri de ces infortunés.

Parmi tant de maux, le basileus Michel et son frère Jean éprouvèrent toutefois deux grandes joies. Cette même année KCiii, la Serbie, dit Skvlilzès I . qui avait secoué le joug romain depuis la mort du dernier basileus, fut à nouveau soumise et incorporée à l'Empire. En même temps la paix fut conclue avec- le Khalife d'Egypte. De cette conquête de la Serbie et des circonstances qui Paccompagnèrentj nous ne savons autre chose que celte simple mention du chroniqueur byzantin. De la paix avec l'Egypte, nous connaissons un peu davantage.

Le 1S du mois decha'bân de l'an i27 de l'Hégire, qui correspond au 13 juin de l'an 1036 de Jésus-Christ, après quinze ans, huit mois et quelques jours de règne, était mort de la peste le Khalife d'Egypte, Al-Zahir, à peine âgé de trente-deux ans. Ce souverain oriental des Mille et une nuits avait tout le long de sa courte vie adoré le plaisir. Jamais, paraît-il. on n'avait tant dansé' et chanté en Egypte que sous son règne. Il avait l'ail établir un Champs de Mars pour ses Mamelouks. Dans l'arsenal du Kaire il avait employé trois mille ouvriers. Il adorait les pierres précieuses, les joyaux et les faisait partout rechercher avec passion. Fort doux d'ordinaire, il s'était montré une fois d'une atroce férocité, et ce fut là comme une sorte de ressouvenir affreux de son terrible père. Sous prétexte d'une grande fête, il avait fait assembler dans une mosquée deux mille six cent soixante jeunes lilles de fonctionnaires et de domestiques du palais. Il les y fil emmurer toutes 2 . Elles y périrent de faim et durant six mois leurs corps demeurèrent sans sépulture.

Sa veuve, une ancienne esclave noire du Soudan, de relie-ion chrétienne, devenue peu à peu 1res influente, régente au nom de son fils et

1 Voy. Cédr., 515, 8.

(2) Wûstenfeld, op. cit., p. 225.

204 LES PORPHYROGENETES znÉ ET THÉODORA

successeur Abou Temim Ma'add, alors âgé seulement d'un peu plus de sept ans, élevé au trône sous le titre d'Al Mostançer billah, g Celui rpii est conduit à la victoire par Allah » (1), envoya aussitôt une ambassade au basileus pour traiter avec lui de la paix. Michel et son frère accueillirent, parait-il, très favorablement cette démarche, et les trêves entre les deux monarchies furent d'un commun accord renouvelées pour une période de trente années (2). A cette occasion, raconte Aboulfaradj (3), le gouvernement du nouveau Khalife rendit à la liberté la foule énorme de cinquante mille prisonniers chrétiens (4). 11 renouvela, en même temps, l'autorisation de relever de ses ruines récentes le Saint-Sépulcre de Jérusalem. Le basileus expédia à cet effet dans la Ville Sainte des ouvriers et de grandes sommes d'argent. Le temple si célèbre dans toute la Chrétienté ne fut totalement relevé, je l'ai dit, qu'en l'an 440 de l'Hégire, qui correspond à notre année 1048 (5).

Du côté de l'autre Khalifat, celui de Bagdad, si extraor- POJDS dinairement affaibli, il n'y avait dès longtemps rien à craindre.

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