GUERRE AVEC PAKARAT IV DE GEORGIE
festoyanl el déjà ivre-;. Il lil encore égorger ceux là, n'en épargnant qu'un qu'il renvoya après lui avoir fail couper les mains, le nez et les oreilles, pour aller rendre compte à ses compatriotes du succès île sa députation. « Si Dieu ne l'eût sauvée cette t'ois encore, s'écrie Skylitzès, Edesse
eùi su,-! ibé «tans cette embuscade. »
Skylitzès cite, à la même année lo:!7, à la rubrique îles catastrophes, le l'ail suivant : « Antoine Pachès, eunuque, allié à la famille du basileus, n'ayanl rien de la dignité de vie d'un évêque, muet par-dessus le marché, — ou plutôt bègue l), — fui nommé' évêque, — ou plutôt métropolitain — de la grande ville de Nicomédie. l'as un mot de plus! Ce dut être quelque grand scandale d'ordre ecclésiastique.
Du côté de l'Arménie et de la Géorgie aussi, la frontière de l'Empire avait été violée 1 . Le-jeune roi Pakarat IV de Géorgie et des Aphkhases 3 . bien que le basileus Romain lui eût constamment témoigné si peu de bienveillance, crut, pour des motifs politiques, devoir prendre prétexte du meurtre de ce prince qui était l'oncle de sa femme pour, dès cette première année du règne de Michel, dénoncer la paix qui régnait entre son petit royaume et l'Empire. Nous ne connaissons ces circonstances que par un passage de Skylitzès l) d'où il semblerait résulter que Pakarat fut un moment victorieux. Cet auteur dit seulement que ce souverain, pour venger la mort de Romain dont il avait épousé la nièce, « reprit aux Impériaux tous les châteaux et forteresses jadis cédés à l'Empire. » Nous ne savons pas autre chose.
Une phrase assez obscure de Tchamtchian ."> dit qu'à la lin de celle année 103 i, le religieux d'origine arménienne Kyrakos, traître à sa patrie, rapporta au basileus Michel le laineux titre de la donation de la cité d'Ani que Constantin VIII mourant lui avait jadis contié pour le
(1) Littéralement « purtunt sur sa langue un bœuf d'aphonie ». i Septembre 103i : une colonne de feu s'étend d'Orient au Midi. Voy. Murait, op. àt.,
[3 Ce prince, 'lit Brosset, n'est point sur les listes géorgiennes. Seulement Tchamtchian parle II, p. 914) d'un roi des Aphkhases qui fournit quatre mille hommes à Davith sans terre, roi de Tachir, contre Abou'l Sewar, émir de Tovin en 1036. ; Voy. Gédr., 511, 23.
(5) Op. cit., II. 914.
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remettre au roi d'Arménie Jean Sempad et qu'il avait, au lieu de remplir cette mission de confiance, déloyalement gardé par devers lui pour en user plus tard dans son propre intérêt 1 . II avait bien calculé, car Michel récompensa généreusement son action infâme. J'ignore ce qu'il peut y avoir de vrai dans ce curieux récit.
Dans le courant de cette même année qui avait vu le trépas de Romain Argyros, mourut, après dix ans de règne, sans enfant, le roi Davith, roi Ardzrounien de Sébaste, fils de Sénékhérim, l'ancien dynaste du Vaspouraçan, laissant son nouveau petit royaume vassal de l'Empire à son frère Adam, secondé par Abou Sahl, son cadet (2). Mathieu d'Edesse fait un grand éloge de ce prince « vertueux, juste, plein de mansuétude, d'une vie sainte, miséricordieux, soutien des pauvres, protecteur des religieux, constructeur d'une foule d'églises et de monastères ». Or, il arriva, disent ce chroniqueur et aussi Tchamtchian 3), qu'un prince arménien qui jadis avait suivi le vieux roi Sénékhérim dans son émigration fameuse du Vaspouraçan jusqu'à Sébaste, jaloux îles honneurs dont jouissaient ses nouveaux maîtres, alla les accuser auprès du basileus de vouloir se révolter pour se rendre indépendants de l'Empire. (Jette calomnie qu'appuyait le haut rang du calomniateur, eut tout crédit à la cour. Des troupes, — Mathieu d'Edesse dit quinze mille hommes, — furent envoyées à Sébaste, qui est la Siwas actuelle, pour combattre les deux frères, avec ordre de les amener, de gré ou de force, à Gonstantinople. Ces troupes étaient, comme toujours, composées en partie de mercenaires russes, car Mathieu d'Edesse désigne le chef de l'expédition impériale par le seul nom de « l'Acolyte » ou « Akolouthos » qui était le titre qu'on donnait au chef de la garde tauroscvthe ou vcering à Constantinople.
L' « Acolyte » et ses troupes étant arrivés à Sébaste, les fils de Sénékhérim en conçurent une terreur extrême. En vain le vieux généralissime Schabouh (4) voulut rassurer les princes arméniens effrayés à l'idée de ce voyage forcé dans la lointaine capitale du basileus de Roum,
(1) Voy. p. 141 du présent volume.
(2) Mathieu d'Edesse, op. cit., éd. Dulaurier, p. 52.
(3) Op. cit., II. pp. 917, 918.
(4) « Sapor ».
/ \ I [SIO \ PETCHENÈGUE
en leur prouvant qu'il y avait encore du sang dans les veines de ses soldats; en vain loin- montra I il qu'il ne fallait qu'un coup de cimeterre
pour pénétrer les cuirasses des (irecs, ce qu'il lit sous leurs yeux, en mettant cinq de ces armures l'une sur l'autre sur un paquet de sarments et les faisant ensuite voler en éclats du choc île son épée, Adam et Abou Sahl préférèrent s'en remettre à la clémence du basileus Michel. « Garde-toi, mandèrent-ils à ce souverain, de tout acte de violence; nuus partirons avec les messagers qui sont venus nous chercher. » Et avant offert de riches présents au chef impérial, ils partirent avec lui pour Constantinople. A leur arrivée, une cérémonie solennelle eut lieu. Les deux princes se rendirent, tout en pleurs, sur la tombe du grand basileus Basile, et, jetant sur ce monument l'écrit que ce prince avait adressé à leur grand-père Sénékhérim, en lui donnant l'investiture de Sébaste : « C'est toi, s'écrièrent-ils, qui nous a fait venir BAGUE D.QR inédite de ma collection dans le pays des Romains, et maintenant aVant appartenu à t Patinai l'Apitoie».
— X"" ou XI"' Siècle.
on menace notre vie ! Rends-nous raison
contre nos accusateurs, ô notre Père. » Michel, qui assistait à cette scène dramatique, après avoir entendu la lecture de cette missive officielle de son glorieux prédécesseur, attendri, serra les deux princes dans ses bras et fit jeter aux fers, puis mettre à mort le dénonciateur.
Durant ce temps, la frontière du Danube n'avait pas été davantage respectée. Skylitzès (1) raconte que tout au commencement de l'an 1033 (2) les Petchenègues, sous le commandement de leur grand chef ïyrack, fils de Kilter (3), après s'être tenus longtemps cachés dans les régions marécageuses au nord du Danube, franchirent ce fleuve sur la glace par un hiver de gelées intolérables et ravagèrent affreusement toutes les campagnes de Bulgarie et de Thrace. Nous n'avons malheureusement aucun
(1) Voy. Cédr., 512, 2, et 514, 17.
(2) « Au temps de la colonne de feu. » Immédiatement avant l'an du monde 6544. Voy. Murait, op. cit.. I, 613, 8.
(3) Voy. sur la nation féroce des Petchenègues et leurs chefs Tyrack et Kégénis le paragraphe de Skylitzès reproduit par Cédrénus, II, pp. 581 sqq.
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détail, rien que ces mois tragiques en leur brièveté : « ils dévastèrent le territoire de l'Empire jusqu'à la Macédoine et jusqu'à Salonique ». Une phrase du chroniqueur occidental Adam de Brème (1) semble signifier que Harald fit encore cette fois partie des combattants envoyés contre ces barbares. C'est ici ou dans l'Archipel qu'il faut placer la première apparition de ce héros dans ces combats pour le basileus, dont la suite glorieuse allait l'illustrer à jamais (2).
« De tant de calamités, affirme gravement Skylitzès, l'eunuque Joannès ne prenait cure, n'ayant qu'une pensée en tête, bien garder Dalassénos, pour que celui-ci ne pût lui échapper. Aussi, ne se fiant plus aux cachots de PJati, commanda-l-il qu'on ramenât une fois de plus ce prisonnier si précieux dans la capitale pour l'y enfermer dans une tour tout à fait imprenable où il l'entoura de gardiens choisis parmi les plus IVi-i ces et les plus déterminés ». L'accusation portée ici contre l'eunuque de ne point se soucier des malheurs publics est en contradition avec tout ce que nous savons du caractère de l'Orphanotrophe par Psellos, ce témoin oculaire d'ordinaire si bien informé. 11 ne faut voir ici qu'un jugement passionné de Skylitzès, très hostile au fameux ministre. Ce qui nous intéresse le plus dans ce court passage, c'est de voir quelle terreur inspirait le seul nom de Dalassénos à tous les gouvernants. Ce devait être un personnage, probablement un prétendant, aussi influent que populaire, par conséquent très dangereux. Malheureusement nous savons de lui si peu de chose, que c'est à peu près comme si nous ne savions rien !
Dès les premières semaines du printemps de l'an 1036, toujours au dire de Skylitzès, on vit revenir en foule d'au delà du Danube lointain ces audacieux Petchenègues, ces terribles pillards, preuve évidente que la défense de la frontière s'était bien affaiblie depuis le grand Basile. Jamais sous le règne de celui-ci ces bandits de la steppe n'eussent osé violer ainsi à plusieurs reprises le territoire sacré de l'Empire. Ils revinrent en tout trois fois et exercèrent sur ces malheureuses populations des thèmes d'Europe d'indescriptibles cruautés, faisant périr dans d'horribles supplices,
(1) Pertz, .S.S. R. Germ., t. VII.
(2) Harald combattit probablement aussi en Asie sur la mouvante frontière sarrasine. Voy. Wassiliewsky, La droujine vssringo-russe, etc., eh. VII.