‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècleChapitre 26 sur 90 · A LES PORPHYROGESÈTES ZOÉ ET THÉODORA · texte numérisé non relu

A LES PORPHYROGESÈTES ZOÉ ET THÉODORA

Spondyle. On lui fournit des troupe!* armée* à la légère pour garder avec soin les passages et prévenir le renouvellement des incursions sarrasines, avec ordre aussi de causer à l'ennemi le plus de mal possible sans toutefois l'attaquer en bataille rangée avant l'arrivée du hasileus. (l'était dans le cours de l'an HVM).

Cependant, après de longs mois, Itomain Argyros avait tini par se mettre lui-même en route. Les préparatifs, minutieusement décrits par l'sellos sur le ton légèrement ironique que cet écrivain applique à tout le récit de cette expédition considérée par lui comme insensée, avaient été très considérables. On avait complètement réorganisé les cadres de l'armée dont on avait très notablement augmenté les effectifs. Ou avait assemblé 1 de très nombreux contingents de mercenaires étrangers, des russes principalement (I). Le basileus avec ces forces si belles, se croyait invincible. Malgré les avis plutôt pessimistes des principaux chefs, l'sellos affirme qu'il faisait tresser déjà les couronnes et les guirlandes pour son prochain triomphe lors de son retour victorieux dans la capitale.

Ce n'était pas seulement l'avis unanime des chefs de l'armée qui se montrait hostile à une guerre offensive dans cette dangereuse région de la Syrie. Les éléments, comme aussi les présages funestes dont l'importance était si grande aux yeux des foules à cette époque, s'en mêlaient. Des pluies incessantes, d'une terrible violence, tombées durant tout l'hiver, du mois d'octobre de l'an I02î> au mois de mars de l'an suivant, avaient fait déborder les rivières et, en causant d'affreuses inondations, abîmé la plupart des routes. D'innombrables bestiaux avaient péri. Les eaux stagnantes, demeurées sur le sol, avaient, en mille endroits, détruit les récoltes. Aussi percevait-on déjà les symptômes avant-coureurs de la famine qui devait, durant tout le reste de cette année lO.tll, désoler les principales provinces de PKmpirc. Tant de malheurs avaient naturellement réveillé les superstitions populaires. Les chroniqueurs naïfs notent en particulier un phénomène effrayant qui épouvanta les foules et eut pour théâtre les pentes inférieures du haut mont Kou/inas dans le thème des Thracésiens. Sur les bords d'une source d'une abondance et d'une limpidité admira-

(1) Voy. YVassili.jwsky, ht ilroujiua rxri„tjo-rmi*e, elr., i" nrt., p. 13G.

Page 1