‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècleChapitre 28 sur 90 · DÉFAITE DV CORPS DES EXCUB1TEURS · texte numérisé non relu

DÉFAITE DV CORPS DES EXCUB1TEURS

«ligne d'un grand basileus, mais trop théâtrale, et d'un goût douteux alors qu'on se disposait seulement à entrer en campagne ».

Bientôt la belle armée byzantine, commandée par le basileus en personne, envahit le territoire alépitain. Humain installa son camp sous les murs d'Azàs (1), à deux journées environ au nord-ouest «le la grande cité d'Alep qu'il s'apprêtait à attaquer. Pressé de faire grand, il mil aussitôt le siège devant cette petite place forte. Kn même temps, il envoyait en reconnaissance vers Alep, Léon (Ihoirosphakles à la tète du corps des excubiteurs de la garde pour s'enquérir des forces île l'ennemi et désigner la place du prochain campement.

Dès que le chef byzantin fut assez éloigné du gros de l'armée pour qu'il fût impossible de lui porter secours, les contingents alépitains qui surveillaient la route de leur blanche capitale, dispersés au loin dans ces plaines infinies, très probablement grossis des forces égyptiennes d'Anouchtikin, se rallièrent au galop. Décidés à se défendre jusqu'à la mort, abrités ou plutôt cachés derrière une série de hauteurs, les cavaliers sarrasins attendirent l'approche du corps ennemi qui, accablé par la chaleur du jour, s'avançait en désordre, sans défiance, sans même songer à s'éclairer. Soudain, de toutes ces hauteurs, d'innombrables combattants de blanc vêtus, plus souvent entièrement nus sur leurs agiles coursiers, apparaissent de toutes parts, hurlant leur cri de guerre, bondissant à l'envi vers la troupe chrétienne qui se trouve aussitôt enveloppée. C'était une fois de plus la répétition d'une de ces surprises classiques, si fréquentes dans les guerres orientales de cette époque. Une fois de plus la tactique, la valeur militaires allaient succomber sous le foudroyant eiïort imprévu d'un ennemi indiscipliné, mais aussi hardi que rapide et entreprenant. Une fois de plus les soldats d'Occident, pris de panique, affolés par le tumulte, la chaleur affreuse, 1rs Ilots de poussière, épouvanté* par la soudaineté de l'attaque, par les cris de ces milliers d'hommes, périrent en grand nombre avant même d'avoir pu se défendre. Leur chef demeura le prisonnier des Alépitains.

Alors les bandes sarrasines innombrables, enhardies par ce facile

(1) CYst la Hazarth des chroniqueurs <lc la Croisuil.;, île Guillaume dcTyr en particulier.

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succès, poussèrent l'audace jusqu'à tenter d'envelopper de toutes parts de leurs mouvants escadrons le camp impérial lui-même, coupant toute issue aux (îrecs pour les affamer, massacrant les convois, massacrant quiconque tentait d aller faire de l'eau ou du fourrage. Evidemment les Byzantins se gardaient fort mal. Leur service d'approvisionnement aussi

MINIATURE d'un très précieux manuscrit lnjzantin île l 'Histoire do SkyliUos, de l>t Itilditith&jue Sntumate de Madrid. — llnnmin Aryyros campé à deux journées d'AUp,

- (Millet, Wt-Êtadm, C. 1MS8.)

était tout à fait rudimentaire. Bientôt hommes cl chevaux, ne pouvant se ravitailler, souffrirent tant du manque d'eau que les soldats risquèrent mille morts pour élancher leur soif (I). Une foule furent ainsi massacrés par les maraudeurs ennemis.

Pour écarter cette multitude de partisans évoluant incessamment autour de l'armée, pour se donner de l'air, le basileus commanda au patrice Constantin Dalassénos de charger h la tète d'un gros de cavalerie tous ces groupes bondissant sans cesse h travers la plaine et d'en nettoyer les abords du camp.

(I) M. C. Saunders, missionnaire américain, qui connaît admirablement louto cette région de la Syrie, m'écrit à la date du 12 septembre 11)02 qu'il y a encore actuellement à Azâi deui sources en dehors de la ville, et une, croit-il, à l'intérieur.

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