‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècleChapitre 5 sur 90 · INTRODUCTION V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION V

trompé par les acclamations populaires, se débarrasse de son oncle d'abord, de Zoé ensuite, qu'il relègue dans un monastère des Iles. La terrible émeute qui est la suite naturelle de ces événements et qui se termine par la restauration de Zoé et de Théodora et le supplice du Kalaphate compte parmi les journées les plus extraordinaires de Byzance. Pscllos, témoin oculaire, nous a raconté avec une émotion communicalive le siège du Grand Palais impérial par la foule constantinopolitaine ameutée et l'agonie du Kalaphate sur la place du Sigma.

Après la courte administration en commun si bizarre des deux vieilles sœurs remontées sur lo tronc, nous t u arrivons au nouveau mariage, fort romanesque aussi, de Zoé avec Constantin Monomaquc. Ce nouveau règne, qui commence décidément cette décadence du grand empire, que les valeureux Comnènes enrayeront plus tard pour un temps, est tout plein d'un vif intérêt qui se partage entre les pacifiques tournois des cercles littéraires et les plus redoutables faits de guerre civile et étrangère comme les plus graves conflits religieux. C'est l'époque, en effet, de la grande renaissance des lettres à Byzance, de la résurrection de l'Académie de Conslantinople, sous l'impulsion des Psellos, des Xiphilin et de leurs amis, et sous la protection chaleureuse de Monomaque; c'est l'époque des terribles insurrections de Ceorges Maniakès et de Léon Tornikios, des luttes désespérées des armées impériales contre les Russes de Vladimir qui assaillent la Ville Reine gardée de Dieu, contre les Pelchenègues qui dévastent les provinces d'Europe, et les Turks Seldjoukides qui dévastent celles d'Asie, contre les Normands aussi qui marchent de conquête en conquête dans l'Italie du Sud; c'est l'époque de la chute définitive du royaume d'Arménie annexé à l'Empire; c'est celle surtout du grand Schisme provoqué par l'ambition du patriarche Michel Kéroularios et la résistance du pape Léon IX.

Les figures les plus originales, les plus curieusement ou énergiquement accusées, défilent sous les yeux du lecteur: l'élégant, tin et faible Constantin Monomaquc qui ne vit que pour l'amour et les lettres; la vieille basilissa Zoé devenue aussi dévote qu'elle fut jadis frivole et licencieuse; sa sœur

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