‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècleChapitre 58 sur 90 · AFFAIRE* DE SICILE · texte numérisé non relu

AFFAIRE* DE SICILE

L'émir Akhal, décoré par le Khalife llakem du titre glorieux mais vain de « Soutien de l'Empire », après d'heureux débuts, après avoir rétabli à la fois la paix dans l'Ile et le bon combat contre les Infidèles (I), avait été d'abord hostile à l'élément africain. » Je veux, disait-il aux principaux Musulmans de l'Ile, vous délivrer de tous ces Africains qui possèdent avec vous ce pays ; mon projet est de les expulser » (2). Les Siciliens n'ayant pas accepté ces ouvertures, Akhal se retourna du côté des Africains auxquels il fit des propositions analogues contre les Siciliens. Ceux-ci les acceptèrent.

A partir de -ce moment, l'émir Akhal ne s'entoura plus que d'Africains qu'il favorisa outrageusement aux dépens du parti sicilien (3).

Ensuite de ces événements, en l'an 1035, une révolte des Siciliens éclata contre l'émir. Son propre frère

Abou Ilafs, l'Apochnps des Byzantins (4), se mit à la tète des rebelles. Akhal chercha à conjurer ce grand péril par une alliance passablement impie avec les Byzantins. Dès le printemps de cette année, l'eunuque Joannès lui envoya pour traiter de la paix d'abord, d'une action commune ensuite, un habile ambassadeur, Georges Probatas. Celui-ci, fort bien reçu à Païenne, où il était arrivé après le mois de mai 1035, réussit

FRAGMEST de la Porte de brome <<- la RaiHo/ae de Saint-Paul-hors le*-tnurs, à Rome, détruite dans l'incemlie de l'an 1HS3, qui anéantit i*t èilifiee. Sur

ce fragment figure une portion de l'effigie du prophète Habacuc {Haba- Itoum/. Cette Porte tie bronze iLunnaf/uinée de nielles, fabriquée à Constantinople, portait la date de l'an 1070.

(1) Voy. pp. 36 et 224 du présent volume et Amari, op. cit., Il, p. 365, lignes 1 a 3.

(2) Ibn el-Alhir et Nowairi.

(3) Voy. sur loua ces faits qui n'intéres.ent qu'indirectement notre histoire, Amari, op. cit., Il, pp. 368 sqq.

226 l. ES POU PU Y ROC, ESÈT ES ZOÉ ET TU EO PO R A

pleinement dans sa mission. Il décida même l'émir à envoyer son fils en sa compagnie, comme otage de sa bonne foi à Constantinople. En retour, Akhal reçut le titre toujours si prisé de magislros. H reconnut vraisemblablement aussi la suzeraineté byzantine, ce pourquoi on lui promit le secours des troupes impériales dans sa lutte contre son frère, qui s'appuyait sur le parti vieux sicilien mécontent (I). Le traité fut probablement signé dans le courant de l'été de l'an 103n.

Ce frère rebelle, venait lui aussi, de réclamer à son profit, mais dans une direction bien opposée, l'intervention étrangère. A Tunis et K ai rouan régnait pour lors le Khalife Mouizz Ibn Bàdis, de la race des Zirides qui, à la suite de l'émigration en tëgypte «le la dynastie des Fatimites, avaient gouverné la côte berbère du nord africain, d'abord comme gouverneurs au nom de ceux-ci, puis comme souverains indépendants. C'est à ce prince, alors fort puissant, que s'adressèrent vers la fin de cet an 1035 les députés siciliens du parti d'Abou Hafs. « Nous voulons être tes sujets, lui firent-ils dire ; si tu n'acceptes pas, nous livrerons nie aux Roûm (2). Celle démarche obtint un plein succès. Mouizz accueillit à merveille la dépulation sicilienne, fit proclamer la guerre sainte dans ses États, et envoya à l'émir six mille guerriers, moitié fantassins, moitié cavaliers, bien équipés, sous le commandement de son fils Abdallah (3;. La seule condition était que le prince sicilien demeurerait à toujours son vassal. Akhal, battu par ces redoutables troupes dans plusieurs rencontres, fut réduit à franchir le détroit et à se réfugier auprès du « catépano » byzantin, Constantin Opos, placé, on l'a vu, en mai 1031, à la tète de l'administration des thèmes italiens en place de l'incapable Oreste (1). Ceci se passait en l'an 127 de l'Hégire, qui correspond à peu près à l'année du Christ 1036.

Ce fut seulement en l'an suivant, en 1037, que Constantin Opos, à la tète de toutes les forces byzantines disponibles de l'Italie méridionale, passa en Sicile. Nous n'avons presque aucun détail. Seulement les chro-

(1) Cédrénus, II. :.13-5 14.

(2ï C'esl-ù-dire « aux Chrétiens ».

i'i) La cour du Constantinople avait rfftilcmcnt envoyé à M<uiizi un ambassadeur avec de riches prisent» d'étoffe* de soie et autres raretés. Aman, op. cil.. Il, M*.

(i) (Vitrions, II, 516. — Voy. p. U8 du présent volume. H avait été récemment crié patrice. - M. Chalandon, op. cil., f. V»2, l'appelle Uon Opos.

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