EXPÉDITION RYZANTIM: ES SICILE
niqueurs grecs raconlent que le < catépano » battit à plusieurs reprises les troupes africaines d'Abdallah et repoussa leurs vives attaques. Il ne paraît pas cependant qu'il se soit trouvé en état de résister longuement à un ennemi beaucoup trop nombreux el, d'après ce que raconte Skylitzès (I), une réconciliation semblant devoir se préparer entre les deux partis ennemis en Sicile, il se vit forcé de regagner l'Italie. Cette expédition n'avait eu qu'un seul bon résultat. Les (îrecs ramenaient avec eux plus de quinze mille esclaves chrétiens délivrés de la captivité sarrasine, peut-être bien plutôt des habitants chrétiens de Sicile forcés de fuir leur patrie ! Quelle odyssée dramatique dut être celle de ces infortunés !
La retraite du t catépano » assura dans l'Ile la complète suprématie d'Abdallah, le fils de l'émir ziridite de Tunis, et de ses partisans. L'émir Akhal, abandonné à ses forces, enfermé dans la forteresse de Palerme, y fut tué par ses propres partisans qui apportèrent sa tète à l'heureux vainqueur. Eux également reconnurent le jeune chef africain pour maître unique de la capitale et de la Sicile tout entière. C'est sur ces entrefaites que la nouvelle armée byzantine arriva !
Le gouvernement impérial àConstantinople, plutôt l'eunuque Joannès, délivrés de tout engagement par la mort du malheureux émir Akhal, avaient immédiatement résolu de profiter de ces dissensions entre Arabes pour organiser à nouveau une expédition définitive contre la Sicile et y rétablir l'autorité byzantine. Les plus grands préparatifs furent faits sous l'énergique impulsion du hasileus et de son frère. Le commandement en chef fut confié à un des chefs militaires le plus en vue vue à ce moment, à ce jeune et déjà célèbre Georges Maniakès (2) qui, sous le règne précédent, aux campagnes de la lointaine Syrie, s'était couvert de gloire dans son expédition contre Kdesse et dans le terrible siège qu'il avait soutenu aussitôt après dans cette même cité. Depuis, dans son commandement de la Haute-Médie, il s'était constamment distingué dans les luttes contre les Sarrasins sur la frontière d'Asie et avait relevé sur les deux rives de l'Euphrate le prestige des armes impériales. Les meil-
(1) Gdr.'ntis, II, 317.
(2) Skylitzès» dit qu'il fut nommé « stratigos aulokrator dos forc« â du thème de Longo- Urtiio ».
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leures troupes «le l'Empire formaient le corps expéditionnaire. On y voyait non seulement les belliqueux contingents <lu thème des Arniéniaques sous la conduite d'un chef également déjà célèbre, Katakalon Kékauménos (1\ mais encore la t droujine » russe ou Scandinave, les fameux Va'rings, en
un mot, sous le commandement du héros Harald Ilardrada 2 , c'est-à-dire le Sévère (3), fils de Si gurd Syr, roi du Hingi, et d'Asta de Steig, frère utérin du roi de Norvège Olaf II le Saint, un des plus grands souverains de son pays, lui-même futur roi de Norvège et prétendant à la couronne d'Angleterre qui, après la mort violente de son royal frère à la bataille de Sliklastadr où luimême s'était couvert de gloire, échappé miraculeusement à la mort , avait, quoique grièvement blessé, pour se soustraire à l'influence triomphante du paganisme et ensuite à la tyrannie danoise, brusquement quitté, à l'âge de quinze ans, sa patrie boréale pour aller vivre en Hussie d'abord, à Byzance ensuite.
H me faut ici ouvrir une parenthèse pour parler au lecteur de ce personnage encore à demi légendaire, que j'ai cité à plusieurs reprises
(li Sur îles - Kékauménos • plus anciens, vor. Épopée, I, pp. 624 sqq. el II, pp. 220 cl 4«J5.
(2) Ou Ilard-radr.
(3) Plus exactement encore « au rude conseil •.
PLAQUE D'ORFÈVRERIE <l',irt byxantin du XP* ou Xlh e *ïécfc. — La thatvtit* ,ln Saint-EmrU, — (Coll. Mitrtin Le Hny.j