PL. IV
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slRPRISF DE PÉMETRIADE
secrètement au duc impérial à Salonique qu'il eût à envoyer quelqu'un pour reprendre la ville. Ce haut fonctionnaire expédia aussitôt à Démétriade avec des vaisseaux et des troupes un certain « pantheotes» (?)Zepe qui débarqua se9 hommes en un lieu caché non loin du port. Alors les habitants, secrètement avertis de la présence de cette troupe, se saisirent du
ÉGLISE du l'omeux couvent de ta Lavra au Mont-AlUm (nndè par saint .Wmiuu*} au Jtm Siècle. — Façade sud. — (Millet, W"-Éludcs, I). 81.)
chef bulgare et de ses hommes, et les livrèrent pieds et poings liés au lieutenant de l'empereur. »
Ce fait de guerre, inconnu jusqu'ici, se rapporte certainement à l'expédition d'Anthimos dans les thèmes du sud.
Cependant les hostilités traînaient en longueur, lorsque, dans le courant du mois de septembre de cette môme année 1010, survint un autre événement fort inattendu, l'apparition d'un nouveau prétendant bulgare. Il survivait encore à cette époque un fils de l'ancien tsar de Bulgarie, Aaron.un des fameux « Comitopoules », le frère aîné de Samuel, assassiné, on se le rappelle, soixante années auparavant, vers le commencement de
208 l.Ks l'ORPlIYHOnUSfrn-s ZOlt l-.T THÉODOHA
la grande guerre bulgare, vers l'an !>KO (I C'était le second des iils de ce prince r2 , le meilleur des «leux, an dire de l'sellos. Il avait élé, encore au berceau, sauvé du massacre que son oncle Samuel avait fait de toute sa famille et avait nom Alousianos. (l'était un esprit brillant et charmant, du plus tndde caractère. 11 avait longtemps vécu à la cour à Constantinople, traité plutôt en otage toujours surveillé qu'en hôte royal. Il n'avait appris que tard le secret de sa naissance. Skylitzès ajoute qu'il était patrice et stratigos du lointain petit thème frontière «le Théodosiopolis en Asie. Psellos se contente de dire qu'il avait été constamment tenu à l'écart par le basileus, avec défense formelle de sortir de son commandement ou de venir à Constanlinoplc sans une autorisation formelle. Fort aigri par cette longue vie de disgrâce et de réclusion constantes, il rêvait incessamment, malgré son âge déjà avancé, de reprendre la lutte nationale contre lestirecs, mais il n'en trouvait pas le moyen. Survint la révolte de Dolianos. 11 y vit aussitôt une occasion à saisir! « Il espérait bien vaincre le basileus ! » s'écrie Psellos; « mais, en place de cela, par les voies admirables de Dieu, il devint la cause principale du triomphe de celui-ci. »
Lorsque cet Alousianos eût appris que ses compatriotes révoltés avaient choisi pour chef un simple bâtard, un aventurier impudent, oubliant femme et enfants, sans communiquer son projet à personne, il résolut soudain de faire, lui aussi, défection après avoir abandonné son poste lointain où l'avait appelé la contiance très limitée de son souverain. Suivi de quelques partisans dévoués confiants en son étoile, il se lança à travers l'Asie Mineure sous un déguisement. Skylitzès raconte qu'à ce moment précisément il «'tait particulièrement exaspéré contre le basileus et son premier ministre pour un criant «léni de justice. Comme il avait été cnhunnieiisement accusé d'avoir commis quoique illégalité dans son lointain gouvernement, l'Orphanolrophe, sans même se donner la peine d'examiner son cas, avait exigé de lui un présent énorme de cinquante livres d'or, plus la cession d'une très belle tenv qu'il possé«lait du chef «le sa femme dans le lointain thème de Charsian en Asie. Vainement, pour se faire remire justice, s'élait-il à plusieurs reprises a«lressé au
il'l ÉfX>l«ir, I. p. (',00.
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LE l'RETESDAST ttULC.ARE AI.OUSIA.XOi>
basileus en personne. Ses suppliques n'avaient jamais été écoutées. Ce fut le désespoir qu'il éprouva d'une telle iniquité qui le décida à tenter la grande aventure par laquelle il allait à jamais illustrer son nom.
Sous le costume d'un soldat mercenaire arménien, se disant au service de Basile Théodorokanos et chargé par celui-ci d'une mission auprès du basileus à Salonique, Alonsianos sut déjouer toutes les poursuites dans sa course mystérieuse à travers l'Asie. Sa subite disparition en un moment si critique avait vivement inquiété les autorités impériales qui cherchèrent de toutes parts à le faire arrêter. Psellos nous dit qu'il connaissait fort bien Alonsianos cl que celui-ci avait pour lui une grande amitié. « IMus tard, dit-il, il me raconta s'être à ce moment approché par deux ou trois fois du basileus sans qu'on le reconnut. » Le chroniqueur place cet épisode à Constantinople où Michel IV était donc revenu entre sa rapide retraite et son retour à Salonique. « J'ignorais à ce moment comme tous ses amis la fuite d'Alousianos », ajoute-t-il; « il réussit même à égarer la vigilance 1) toujours en éveil de l'Orphanotrophe. »
Trompant ainsi tout le monde, Alonsianos parvint, sous son déguisement, non seulement h traverser toute l'Asie, et, ce qui était peut-être plus difficile, à sortir de Constantinople, mais encore à atteindre les lointains districts en pleine révolte de sa terre natale. Ce fut à Ostrovo, la vieille cité royale de Bulgarie, qu'il rejoignit enfin smi prétendu neveu Dolianos, qui s'y trouvait avec le gros de ses forces. Conservant provisoirement l'incognito, il commenta par sonder le terrain avec une extrême prudence. 11 parlait à la foule de son père le tsar Aaron comme si celui-ci ne lui avait point tenu par les liens du sang. 11 s'informait également, au cas où un des fils de ce souverain si populaire viendrait à réapparaître, si on ne préférerait point cet héritier légitime de la couronne au faux prétendant actuel. Comme il n'obtenait à ce sujet de tous côtés que des réponses favorables, il se décida à se faire reconnaître secrètement d'un de ses compatriotes qu'il savait être un ardent partisan de sa race. Celui-ci, qui l'avait très bien connu jadis, le considéra fixe-
(1) Littéralement « vigilance à plusieurs yeux ».
MO LES PORPHYROr.gXÊTKS ZOÉ ET TIIÈODORA
mont après cotte foudroyante révélation, puis, l'ayant subitement reconnu, tomba à ses genoux, baisant ses pieds. Pour lever ses derniers doutes, il le pria de lui laisser voir un signe velu qu'il «levait, paraît-il, porter au coude droit, et comme ce signe était là bien visible, l'autre, étreignant follement le lils légitime de ses rois, le couvrit de mille baisers.
Les deux hommes s'étant rapidement concertés, s'ouvrirent de leur projet à un certain nombre d'autres fidèles qui, presque tous, se rallièrent avec transport à la cause d'Alousianos, le tïls do leur roi. Il y eut donc à nouveau deux chefs à la tète de l'insurrection bulgare, deux chefs ayant chacun ses partisans nombreux autant que dévoués. Dolianos, lorsqu'il avait fait connaissance de son nouveau compétiteur, avait bien été forcé de lui faire le plus joyeux accueil. Kn secret il tremblait (pie les Bulgares ne lui préfragment forassent ce rejeton régulier de leur race rovale. Les deux
il'une pliiijtir. île
$UatUe <Ui ma rivaux, on apparence d'accord, se partagèrent le comtrit fin travail mandement. Ils semblaient vivre dans les meilleurs termes.
byzantin dm £ n r ,; a lité, il n'v avait entre eux que haine et méfiance.
XI— Siècle.
Ici se place l'incident militaire capital de celte formidable rébellion, le siège do Salonique par l'armée bulgare. Le fait même d'avoir osé s'attaquer à la seconde cité de l'Empire aux retranchements immenses, aux murailles inexpugnables, nous en dit plus long sur la puissance de la révolte bulgare, sur le nombre, la discipline et la force de ses armées que ne pourraient le faire bien des récits détaillés. Nous ne possédions jusqu'à il y a très peu de temps sur ce grand fait d'armes que quelques lignes bien courtes de Skylitzès. t Dolianos, nous dit-il. qui avait déjà envoyé Allakassoos en Illyrie et Anthimos vers le sud, donna encore quarante mille soldats à Alousianos fsur lequel il semble donc avoir conservé jusque-là une certaine suprématie) avec mission d'aller mettre le siège devant Salonique. (l'était à la fin de ce même mois de septembre de l'an 10-10 qui avait déjà vu tous ces grands événements. Alousianos, arrivé sous les murs «le la métropole byzantine, la fit cerner par ses soldats du côté de terre par un immense fossé, puis il attaqua immédiatement le rempart avec la dernière énergie à l'aide de toutes ses machines de guerre et