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COUVERTURE d un Êvangitiaii* d'cvrgsni d \rê ei émailU, conservé à Saint-M-tiv </<• X'rnùe. — Très hel nin-ro/je d'orfrvrtnh liysantine ds$ A'** ou A'/*» xié-l>*. — /-'•* r/uitre rvtiu<jrli*te* sont de tnavaii << cidental.
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se trouvaient la porte de la Chalcé et à sa suite le Triklinion ou caserne des Kxcuhiteurs. Le troisième groupe d'émeutiers enfin, du coté de la vieille ville, assiège le « Tzykanistcrion » ou Carrousel pour les exercices équestres des hasileis établi par l'empereur Basile I au ix m * siècle. Constantin oppose de même à ces agresseurs trois groupes principaux de défenseurs. Partout la lutte se rallume plus ardente, plus furieuse. Les partisans du basileus se défendent en désespérés.
Le carnage est immense, surtout parmi les assaillants, car celte foule urbaine combat presque nue et s:ms armes, luttant à coups de pierres et d'autres matériaux de ci l lr sorte contre des soldats couverts de maille et supérieurement équipés. On dit que dans ce seul jour, qui fut le mardi 20 (I), environ trois mille hommes de la foule coiistantinopoli- ■</<>> i'/yr/; W Y y. asti si: de IVfetiM eowwtl de
Ihiphni, pris d' Atliènes. — Saint Akindynas. — A7"« Hiècle.
laine périrent. Knlin, (Uiiut, H^-Êtwlm, C. J900.) après «les heures de
massacre, après toute une journée et toute une nuil de lutte horrible, le succès vers la tin de la nuil du mardi au mercredi, demeura au plus grand nombre. Les émeutiers vinrent à bout les défenseurs du Palais.
Nous n'avons, hélas, guère de détails sur cet effroyable envahissement de celle magnitique et séculaire demeure des hasileis. Ce dut être le plus affreux pillage rendu plus dramatique encore par l'heure si matinale. On
1) TroisiiMiH- ji>tir • de la ftcmnine après i-rllc «le l\ii|ii<js ».
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370 LES l'OHPIlYRUGLSÈTLs ZOÈ El THÉO 1)0 HA
se battait certainement torches en mains. Skylilzès «lit seulement que, forçant les portes du Palais, la foule des assaillants se précipita dans le « Sekreton » (1), brisant et détruisant tous les objets précieux qui s'y trouvaient conservés, s'emparant en outre de sommes énormes en numéraire, détruisant de même tous les registres des impositions publiques. Toutes ces bêtes fauves n'avaient qu'uno pensée, se saisir du basileus exécré pour le massacrer. Lui, lorsqu'il s'était senti perdu, avait eu encore le temps, après avoir changé de vêtements pour ne pas être reconnu, de courir au petit port du Palais sur la mer de Marmara. Là, il s'était, à l'aube naissante, jeté avec le nobilissime et quelques familiers dans le dromon ou galère impériale qui avait immédiatement pris le large.
Il laissait derrière lui Zoé, qui fut aussitôt retrouvée par la foule des émeutiers et portée en triomphe. Durant ce temps, le bâtiment qui portait le fugitif cinglait en hâte le long de la rive de l'immense cité jusqu'en face du monastère de Stoudion, ce plus fameux et immense couvent constantinopolitain dont l'emplacement est aujourd'hui encore marqué par la mosquée de l'Écuyer (2), dans le quartier de Psamatia. Mettant pied à terre précipitamment en ce point écarté de la Ville où l'émeute n'était pas encore maîtresse, l'oncle et le neveu coururent au couvent. Après s'être fait raser la chevelure, ils prirent aussitôt l'habit religieux. Puis ils attendirent avec une indicible angoisse la suite des événements. C'était le mercredi 21 avril de grand matin ('\) .
« Ainsi, dit Skylilzès, celte lutte terrible inaugurée à la deuxième heure du deuxième jour de la semaine qui suit celle de Pâques, le lundi 19 avril par conséquent, tinit dans la nuit du troisième au quatrième », du mardi 20 au mercredi 21 par conséquent. L'Empire se trouvait maintenant avoir deux basilissœ, Zoé au Palais, Théodora à laÇrande Église. Celle-ci était la véritable maîtresse de la situation, puisque son parti avait forcé le Kalaphate à fuir et réussi à délivrer Zoé. Celle-ci, aussitôt rede-
(1) Bureaux de la Tr-'-sorerio inipéri&lr. 'Ev xô Sexpl™ et non Séxtw, cnnuiiv il est «Vrit. certainement par erreur, «Uns O iln-nus, IF. ">-W, 7. Voy. Glycas, |>. .V>2, « TJv Sixphoi; ». Dans Cédrenus, 2£xtov est ccrtaincriwtil une abréviation pour Sixpttov ou mieux i:r,xpr ( tov.
(2) Imralior-hjnmi.
(:<) * Quatrième jour de la semaine qui suit celle «le l'aquos • dit Skylitsès. Voy. Cédrtnus 11, H7*.
XOÊ IIMlANr.VE LA FOULE 371
venue impératrice, conservant son ancienne jalousie, voulait mettre de côté sa sœur si fâcheusement extraite de son couvent, mais elle se trompait étrangement en ne se rendant pas compte qu'elle n'était redevenue souveraine que par la grâce de sa sœur. La multitude, prise soudain de passion pour cette vieille tille si longtemps oubliée, ne permit point à la basilissa d'agir comme elle désirait et l'obligea à prendre vraiment Théodora pour collègue. On courut chercher celle-ci à Sainte-Sophie où elle était demeurée depuis son couronnement, gardée par une portion de la foule, et on l'amena en triomphe au Palais, probablement toujours sur son cheval. Le Sénat fut convoqué en hâte, ce Sénat imbécile, qui, si peu de jours auparavant, avait, sur l'ordre de Michel, décrété la déposition de Zoé. Celle-ci, redevenue maîtresse de l'Empire, harangua d'abord les sénateurs, puis escaladant une tribune élevée, probablement celle du Kalhisma, elle harangua de même la foule intinie qui l'acclamait incessamment. Quel spectacle prodigieux, et comment se le figurer 1
t La basilissa, s'écrie Skylilzès, remercia le peuple, comme il était juste, pour l'intérêt si affectueux que celui-ci lui avait porté ! » Comme nous allons voir qu'elle ne put sauver le Kalaphate et dut sur ce point céder à Théodora, elle n'en conçut qu'une haine double contre sa sœur et lit d'incroyables ellorls pour la tenir loin du pouvoir. Mais l'attitude du Sénat, surtout celle du peuple, lui ouvrit les yeux ainsi qu'à ses très sages conseillers. Un règne de Théodora sans Zoé était à ce moment possible, mais pas l'inverse. Zoé fut donc forcée d'accepter la réconciliation, du moins apparente, avec sa sœur.
Mevenons au déplorable Michel V et à son oncle le nobilissime. Vêtus de la robe de bure, la tête rasée, atin de bien affirmer leur intention de so faire moines pour le reste de leurs jours, les deux princes espéraient attendrir ainsi le lion populaire. Hélas, ils n'apprirent que trop vite que la foule, loin de vouloir les épargner, les poursuivait avec plus d'ardeur que jamais et que, le lieu de leur retraite ayant été tôt découvert, elle les y cherchait pour les tuer, n'ayant plus que cette idée en tête. Dans leur désespoir, lerritiés par la crainte d'une mort cruelle, ils se jetèrent alors dans la grande église du couvent qui était dédiée au Précurseur. Comme ils attendaient de minute en minute leurs bourreaux,
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ils embrassèrent avec ferveur la balustrade «le l'unie], lieu «le refuge très saint, inviolable. Les malheureux, persuadés «pie la foule n'oserait commettre le sacrilège de les en arracher, se cramponnaient désespérément à ce dernier abri.
Dès que la nouvelle de la fuite «lu basilens, «lit Psellos, se fût répandue dans la Ville, la fonle immense qui encombrait les rues et qui tremblait encore «le l'angoisse d'un revirement dans la lutte sanglante aux alentours du Palais, éclata eu manifestations «le j«ue délirante, ha terreur lit place à l'enthousiasme. Les uns couraient dans les temples, dédiant des actions de grâces à Dieu «pii venait «le leur donner le salut; les autres acclamaient la nouvelle augusta Théodora; tous dansaient, chantant par les rues, improvisant «b's chants de circonstance. Mais la plupart, je l'ai dit, n'avaient pour le moment qu'une pensée, retrouver le misérable Michel et se repaître de son supplice.
Tous uniformément couraient dans la direction du lointain couvent de Stoudion ne parlant «pie d'égorger le basilens après mille outrages, de confier son corps en morceaux. L'empressement était tel, que ceux mêmes qui entouraient les impératrices firent comme les autres. On laissa toutefois aux princesses une ganle nombreuse pour les proléger ! Heureusement pour nous, car celte curiosité nous a valu le récit dramatique «le c«'S scènes affreuses par un li'inoin oculaire, heureusement Psellos fut «lu nombre de ceux qui désirèrent à tout prix assister au drame qui allait se passer au Stoudion. Son récit est véritablement terrifiant, «i Je m'attachai, «lit-il, aux pas d'un de mes amis, officier très illustre de la garde impériale, auquel je m'étais associé depuis toutes ces péripéties pour l'aider de mes conseils. Nous courûmes au galop «le nos chevaux jusqu'à l'église «lu Stoudion que nous trouvâmes entourée «l'une foule immense d'émeutiers eu armes «pii assaillaient «le toutes parts le saint édifice pour le démolir «lans leur rage folle. Nous eûmes une peine infinie à nous frayer un chemin pour y pénétrer, car une foule plus nombreuse, plus enragée, d'aspect plus terrible encore, y était déjà assemblée. Tous ces gens, roulant des yeux furibomls, vomissaient dans un vacarme effroyable l«-s injures et les menaces les plus abominables contre les malheureux réfugiés.