CARACTÈRE VRAI DE MICHE/. I
nous est connu par l'oraison funèbre «pie fit «le ce grand ministre son ami Psellos I
«. Psellos n'est nullement un écrivain au-dessus du soupçon de partialité. Le récit qu'il nous a donné du règne de son pupille et favori Michel Parapinace en est une preuve suffisante. Dans le cas présent, il n'était pas de son intérêt d'écrire une seule ligne favorable au Kalaphate, comme plus lard ce ne le fut point non plus pour lui de dire du bien de Romain Diogène. Il avait de suite pactisé avec l'émeute, comme le fit probablement aussi son ami Likhoudès, et il fut aussi un ardent partisan «lu nouveau basileus Constantin Monoinaque dont le pouvoir fut édifié sur la ruine du Kalaphate.
« De tout ceci, nous sommes en droit de conclure que l'infortuné .Michel V ne fut point après tout le prince diabolique et déplorable qu'on nous a tant dépeint. Kt celte opinion va encore su fortifiant parla lecture d'un passage de Michel Attaleiates beaucoup trop laissé de côté jusqu'ici (2). Il y est dit textuellement qu'avant son élévation au trône les conceptions politiques de ce basileus furent aussi blAmables que généralement blâmées, mais qu'à partir de son avènement il mérita les plus grands éloges pour sa conduite* très louable envers, le Sénat et généralement envers tous ses sujets, conduite supérieure à celle de tous ses prédécesseurs. « Il conféra, poursuit notre historien, des honneurs et des dignités à un grand nombre de bons citoyens et fil de même preuve d'un grand /.Me pour le maintien de l'ordre et l'application inexorable «le la justice. » (le passage remarquable suffit amplement pour que nous hésitions à formuler au sujet de ce prince un jugement entièrement «h ; favorable !
« 11 me parait, poursuit encore M. Burv, que ce basileus encore si mal connu courut le plan audacieux d'un nouvel <»t vaste effort «lans le sens d'une réforme g» ; nérale «le l.ulminislration, mais que l'inertie «les forces conservatrices fut plus forte que sa volonté. Il n'avait point échappé à son esprit d'observation «pie son pivd<>cesseur avait « : t«'> constamment gêné et paralysé «lans ses aspirations les meilleures par l'action
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384 LES POHPIl YliOGÉN ÊTES ZOE ET THÉODOHA
déplorable et toute-puissante de sa propre famille, et il en avait conclu philosophiquement que la première condition du succès était avant tout pour lui de faire table rase de tous ses parents. Jamais son oncle l'eunuque Joannès n'aurait consenti à se rallier à ses projets de réforme ; c'est pourquoi son autre oncle, le nobilissirne Constantin, qui était un simple opportuniste, lui convenait bien davantage.
« De même, pour que les projets de notre basileus eussent quelque chance d'aboutir, l'exil immédiat de Zoé s'imposait absolument, car elle était la représentante incarnée de tout l'ancien ordre de choses. La constatation très superficielle de l'abominable ingratitude de Michel envers sa bienfaitrice, combinée avec le souvenir de sa cruauté envers les siens, a terriblement noirci devant la postérité la personne comme aussi les aspirations de ce prince et totalement faussé le jugement porté sur lui par les historiens. Nous n'avons aucun motif sérieux pour jeter le blâme sur ses tendances politiques. La bévue colossale qu'il commit en exilant la basilissa est sa véritable condamnation (1). i»
(1) On no connaît aucune monnaie qu'on puisse attribuer avec certitude au court règne commun de Michel V Kalaphate et de Zoé.
«OU D'OR I.K LA DAgtUgSA THlSODORA, FI LUS r>K CONSTANTIN VIII.