‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècleChapitre 89 sur 90 · CARACTÈRE VRAI DE MICHEL V · texte numérisé non relu

CARACTÈRE VRAI DE MICHEL V

des inscriptions runiques du fameux lion, n'ont en général pas été admises (I).

Le supplice du basileus Michel V marqua la lin de ce règne si court en même temps que celle de cette terrible sédition. Les émeutiers, calmés du coup par cette exécution, coururent rejoindre Théodora. Peut-être la vieille femme était-elle encore à Sainte-Sophie, comme l'affirme Psellos, durant que Zoé n'avait, elle, pas quitté le P.dais depuis la fuite précipitée du Kalaphate. Pour en finir avec ce misérable supplicié, disons seulement que, suivant le récit de Skylitzès, lui et son oncle furent déportés chacun dans un monastère différent. Lui fut enfermé à celui d'Eleimôn (2;. Le chroniqueur ne nous dit pas quel fut le lieu d'exil du nohilissime (3).

La chute de Michel V avait eu lieu dans la journée du 21 avril 1042. Son règne n'avait duré que quatre mois el onze jours {Y). Je rappelle que son supplice fut une nécessité politique tant on put craindre un moment que Zoé, à cause de la haine violente qu'elle portait à sa su'iir, consentit à restaurer à ses côtés ce prince déplorable. A ce moment le roi capétien Henri I or régnait en France.

Voici quelques considérations empruntées au mémoire de M. Hury (a). < On s'accorde d'ordinaire, écrit réminent historien anglais, à voir en Michel V une sorte d'abomination morale, de monstre dépourvu de toute qualité. Psellos el Zonaras, qui copie textuellement celui-ci, le représentent comme tel et j'ai suivi à la lettre le récit du premier de ces auteurs. Mais, en ne considérant que les seuls actes de ce prince, sans nous préoccuper outre mesure du point de vue très spécial d'un historien qui, très probablement, n'était pas impartial puisque toutes ses sympathies étaient dans le camp opposé, il nous demeure impossible de passer

<X Voy. Grcçorovius, GescJi. <ler St. Athen, IF. pp. 161» sqq., et llopf, op. cit., p. 147 «l Larabros, 'I<rr tt,; *E>.W?o;, livr. 89-1)0, p. 281. Aucun historien grec ou autre no fait allusion à ce prt-tendu soulèvement 'le lu population de l'Atlique.

(2) N us devons ce renseignement à Joël. Skylitzès ajoute que les membre» de la famille du Kalaphate se dispersèrent au loin.

(3) Voy. dans Arisdaguès de Lasdiverd, op. cit., pp. 53-55, le curieux nVit de la chuledu Kalaphate.

(4) lit non quatorze mois et cinq jours comme Lcbeau le dit par erreur.

(5) Op. cit., 2- art., pp. 2S6 à 258.

.182 LES l'OHI'HYU0OÊSETES ZOÉ Et THÈOhQUA

sur ceux-ci condamnation pure et simple. Les deux plus importants de ces actes furent certainement le bannissement de l'Orphanotropbe et celui de la basilissa. Le premier semble avoir élë pure folie au point de vue particulier des intérêts du basilens, mais ce ne fut nullement une mesure impopulaire puisque le fameux eunuque était universellement délesté. Durant sa longue administration omnipotente sous le basileus Michel IV, il s'était rendu insupportable par son intolérable dictature. Il se peut bien aussi qu'il se soit montré fort insolent envers le nouvel empereur à supposer que celui-ci ait nourri quelques velléités d'indépendance et désiré gouverner par lui-même. Quant à la déportation de Zoé, cette mesure violente est tout simplement une preuve que le Kalaphalc n'avait pas su apprécier à sa valeur l'énergie «les sentiments loyalistes qui prévalaient encore dans l'Kmpire et s'attachaient à la dynastie macédonienne comme à un point d'appui formidable. Kn dehors de cette considération, l'emprisonnement de la basilissa n'était pas par lui-même un acte beaucoup plus criminel que ne l'avait été l'exil du premier ministre. Très probablement Zoé n'était plus qu'une vieille femme irritante et importune, et tout naturellement nous ne sommes point tenus d'accepter pour vérité d'Kvangile tout ce que Psellos nous dil de la haine terrible que Miche] V, sans motif apparent, nourrissait contre elle.

« Quelques autres actes encore de ce basileus, actes accomplis en réparation de ceux perpétrés sous le règne précédent, méritent notre pleine approbation. Michel V, nous le verrons au chapitre suivant, avait fait sortir l'admirable général (îeorges Maniakès de la prison où l'avait fait enfermer la haine île Michel IV. 11 l'avait en outre nommé magislros et « catépano » des thèmes d'Italie. C'est à Michel Attaleiales que nous devons celle information (I). De même, le Kalaphate, nous l'avons vu, avait fait mettre en liberté Constantin Dalassénos qui avait été si cruellement persécuté par l'eunuque Joannès. J>c même encore, il avait fait son premier ministre de l'intime ami de Psellos, de ce Constantin Likhoudés qui, plus tard, devait devenir si célèbre comme homme d'Ktal plein «le talents et d'honnèlelé. Ce «b-nn'er choix, très à l'honneur de Michel V,

(1; Op. ci/., p. H.

Page 1