joLLivET. — l'Épopée de verdun
r,o LA BATAILLE DE VERDUN.
ser nos réserves, ou que d'occuper des positions de flanc et de revers telles que notre position sur le plateau de Douaumont devienne difficile.
(( Les Allemands, pour mener ces attaques d'ailes, commencent le 6 à leur droite par enlever, avec de grosses pertes, notre ligne avancée le long de la Meuse, visiblement intenable depuis notre recul des 22 et 23 février sur l'autre rive. Notre ligne pivote donc sur sa gauche en repliant sa droite, et de Bethincourt- Forges devient Bethincourt-Cumières.
« Après cette action préparatoire, les Allemands attaquent le 7 le bois des Corbeaux, qui, placé au centre de la ligne, dans un ravin dont les versants le crêtent, est une bonne position de départ pour l'attaque du Mort-Homme. Ils entrent dans ce bois le 7; ils en sont presque entièrement chassés le 8 et le 9 ; ils y reviennent le 10, en faisant de très gros efforts et en lançant plusieurs assauts, dont le dernier à l'effectif d'une division.
« Aussitôt établis, au prix de ces sacrifices, dans le bois des Corbeaux, ce qui n'est encore, comme nous l'avons vu, qu'une opération préliminaire, les Allemands essayent d'exploiter leur avantage en poussant cette fois la position principale sur le Mort-Homme. Hs pénètrent dans un boyau, mais une contre-attaque les chasse. Hs sont épuisés par ce long effort, et ils s'arrêtent. (Nuit du 10 au 11.)
« Pendant que l'attaque à notre gauche suit ces Déripéties, comment se développe l'attaque à notre droite?
« Le 7 et le 8, l'action commence à l'est immédiat du front dans la région d'Hardaumont. Puis elle s'étend progressivement par son extrémité extérieure ; dans la nuit du 8 au 9, elle atteint au sud d'Hardaumont le village de Vaux ; enfin, dans la journée du 9, elle atteint, auj
sud du village, la croupe du fort de Vaux. Ainsi tout se passe comme si l'ennemi faisait successivement entrer en jeu des échelons se débordant les uns les autres vers l'extérieur, — en un mot, comme s'il essayait un mouvement débordant par la croupe de Vaux où, en effet, un furieux combat a eu lieu le 9. Cette croupe, qui porte le fort, se trouvait donc la position capitale ; son occupation par l'échelon extrême de la gauche allemande décidait de tout le succès de l'opération. Le village de Vaux était débordé par le Sud, le bois d'Hardaumont formait une pointe intenable attaquée sur plus de deux cents degrés, et Douaumont même était menacé à revers. De là, sans doute, la précipitation des Allemands à annoncer cette occupation décisive. C'est la même aventure qu'à Douaumont le 26 ; tant de nervosité étonne seulement chez un état-major à l'ordinaire plus maître de lui. Après l'échec du 9, les Allemands ont encore essayé le 10 d'enlever le village
I et la croupe du fort de Vaux. Mais les circonstances étaient nécessairement moins favorables à cette seconde attaque. Ils ont pénétré dans le village, position très secondaire au fond d'un ravin. Mais, sur les pentes du
^ fort, ils ont été arrêtés par les feux avant d'atteindre les réseaux. Le 11, la bataille s'arrêtait également dans
j ce secteur.
I € Grands efforts simultanés aux ailes du 6 au 10. — ' centre, on signale seulement le 10, in extremis si I peut dire, une tentative meurtrière et inutile à iost du village de Douaumont. Toute l'action a absolument l'aspect d'une bataille perdue. Les Allemands
1 sont complètement hors d'haleine, et ils s'arrêtent pen-
1 dant trois jours entiers, du 11 au 13.
i fl La bataille recommence le 14; et c'est encore une
e bataille d'ailes ; mais, celte fois, elle prend un aspect
0 très différent. Au lieu d'actions simultanées et indé-
pendantes, nous voyons, du 14 au 16, une tentative è la droite allemande, puis aussitôt, dans la nuit du H au 17, une tentative à l'extrémité opposée, vers h gauche. La bataille s'arrête et reprend le 18, égalemen à la gauche, mais aussi au centre, devant ces hou d'Houdromont, qui dominent le ravin de Bras. Ces une série d'attaques courtes, séparées par des intervalles, essoufflées pour ainsi dire, qui paraissent manquer de profondeur et qui, enfin, au lieu de se produire simultanément, comme du 6 au 10, se déplacent pou] ainsi dire le long du front suivant un plan concerté Quel est ce plan ? S'agit-il de préparer quelque nouve effort plus violent, et d'entretenir le combat jusqu'à c( moment, en tenant les Français dans l'incertitude, er les fatiguant par des attaques auxquelles il faut parei tantôt sur un point, tantôt sur un autre, comme ui escrimeur change d'engagement et inquiète l'une e l'autre ligne? Après un mois de bataille, cette tactique est bien surprenante. Provisoire ou non, elle trahi une fatigue visible chez l'ennemi.* »
Ses pertes y sont pour quelque chose. D'après les don nées utilisées par le rédacteur militaire du Journal de Débats, les forces allemandes attaquant Verdun son composées de deux éléments :
« Le premier est une armée de choc, spécialemen constituée pour l'attaque du 21 février, et formée d quatre corps, qui avaient été retirés des autres armée du front français et mis au repos. C'étaient le VIP d réserve, venant de la 7« armée (front de l'Aisne), 1 XVIIP, venant de la 2« armée (front de la Somme' le IIP, venant de la 3« armée (front de Champagne) ( le XV% venant de la k^ armée (front de Belgique). Le