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gouverneur de l'ilo. fit de lui un assesseur à la justice royale d'Ajaccio.
Par le comte de Marbeuf, il obtint aussi différentes faveurs pour sa famille, qui s'était augmentée : notamment l'entrée gratuite au collège d'Autun de ses fils Joseph et Lucien, et l'admission à l'école militaire de Brienne, comme élève du roi, c'est-à-dire comme boursier, du jeune Napoléon.
Le 9 décembre 1778; Charles Bonaparte s'embarqua pour le continent avec ses trois fils.
Napoléon ne devait jamais oublier la tristesse de ce départ, et souvent, en de somptueux palais, au milieu d'une cour brillante, il évoqua ce souvenir de son enfance, disant l'émotion qui avait envahi son âme lorsque ses montagnes, ses chères montagnes, s'étaient évanouies dans la brume bleuâtre des lointains.
Charles Bonaparte se rendit d'abord à Autun; puis, ayant laissé ses trois fils au collège de cette ville, il partit pour Versailles, où il descendit chez un M. Ratle, rue Saint-Médéric.
Il lui fallait, en effet, pour obtenir l'admission définitive à Brienne de Napoléon, justifier de sa noblesse devant M. d'Hozier de Sérigny, « juge d'armes de France et, en cette qualité, commissaire du roi pour certifier à Sa Majesté la noblesse des élèves des écoles royales militaires. »
En mars 1779, M. d'Hozier de Sérigny reçut le dossier héraldique de la branche corse des Bonaparte, dossier dans lequel il était établi qu'un Gabriel Bonaparte jouissait du titre de « messire » en 1567 et que son fils Jérôme, ancien d'Ajaccio, portait, en 1594, le titre de « magnifique ».
L'examen du juge d'armes fut rapide et favorable : dans les premiers jours d'avril, Napoléon rerut de son père l'ordre de se rendre à Brienne.
Pendant son court séjour au collège d'Autun, l'enfant avait ébauché l'étude du fran(;ais et s'était efforcé, sans grand succès, de perdre son accent italien.