‹ L'épopée impérialeChapitre 34 sur 56 · FIN DE CAMPAGNE · texte numérisé non relu

FIN DE CAMPAGNE

et nos blessés avaient été lâchement égorgés, et Kilmaine, chargé de surveiller la Vénétie, avait dû livrer bataille pour sauver la garnison de Vérone.

Le ir> mai, le général Baraguey-d'Hilliers arrivait à Venise, réprimait la révolte et donnait à la République un gouvernement démocratique.

En France, les choses allaient mal pour le gouvernement : les partis d'opposition devenaient puissants et poussaient ouvertement à la contre-

Réceplion do Bonaparte pa

; Uirecloire. — Le général IJonaparle remet au.x i de Canipo-Formio. (D'après Bosio.)

ai| direct

révolution. La nomination de Pichegru à la présidence des Cinq- Cents, de Barbé- Marbois à celle des Anciens et de Barthélémy comme membre du Directoire, pouvait faire craindre un rétablissement monarchique au profit des Bourbons.

Sollicité par le Directoire, Bonaparte envoya Augereau à Paris avec douze mille hommes.

Le 18 fructidor (4 septembre IS'Jl), cette petite armée cerna les locaux où les Parlements tenaient séance, et les minorités des tleux assemblées, serigeant pour ainsi dire en tribunaux, condamnèrent à la

144 LEPOPEE IMPERIALE

déportation cinquante-trois députés et deux directeurs, Cai'uot et Barthélémy.

Merlin de Douai et François de Neufchàteau furent nonimés directeurs à la suite de ce coup d'État.

Moreau, qui possédait depuis plusieurs mois les preuves de la trahison de Pichegru et ne les remit qu'après la défeite de l'opposition, fut destitué, et l'on confia au général Hoche les deux armées du Rhin. Malheureusement ce général, déjà glorieux, mourut quelques jours plus tard, à vingt-neuf ans.

Lorsque, grâce aux soldats d'Augereau, le Directoire .soitit de la tourmente qui avait menacé de l'emporter, il voulut continiu'r la guerre.

Mais Bonaparte savait que le peuple désirait la paix. et. malgré le gouvernement, il signa le traité de Campo-Formio.

Bonaparte rentra le 5 décemljre à Paris, après avoir passé quelques jours à Rastadt pour régler certaines questions secondaires résultant du traité de Campo-Formio.

Nul n'était prévenu de son retour. Ce général, couvert de gloire, réintégra très simplement son petit hôtel de la rue Chantereine, tranquille logis auquel il avait pensé souvent sur les champs de bataille de ritalie.

Cet hôtel, construit par Ledoux pour le marquis de Condorcet, était devenu la propriété de Julie Carreau lors de son mariage avec Talma. Bonaparte s'en était rendu acquéreur pour la somme de cent quatre-vingt mille francs. Toutes ses économies, et même un peu plus, avaient passé dans cette affaire.

Il entrait certainement un peu de calcul dans la modestie du général. Sa popularité, il le savait, semblait dangereuse à quelques-uns. et il espérait, en se cachant, dissiper ou tout au moins atténuer les inquiétudes qu'avait fait naître sa jeune gloire. Peut-être aussi sentait-il qu'en s'etfaçant à l'heure du triomphe, il augmentait la sympathie et l'admiration qui, de toutes parts, montaient vers lui.

On sut bientôt, du reste, que le vainqueur de l'Italie et de l'Autriche était à Paris, et il fut l'objet d'ovations enthousiastes au cours de chacune de ses promenades.

Ces ovations ne lui déplaisaient pas, et l'on ne pouvait l'accuser de les avoir cherchées.

Après les manifestations de la foule vinrent les hommages officiels

Page 1