‹ L'épopée impérialeChapitre 8 sur 56 · LES SALONS DE VALENCE · texte numérisé non relu

LES SALONS DE VALENCE

Les réunions du café de M"« Bou donnèrent à Bonaparte de la confiance en ses moyens et l'incitèrent à sextérioriser davantage, à pénétrer un peu plus avant dans ce monde incdiiiiu piiur lui qu'était la société civile.

Dès son arrivée à Valence, il s'était présenté chez l'abbé de Saint-Ruf. et avait été re(;u avec beaucoup de bienveillance, grâce à une recommandation de l'évêque d'Autun. Mif de Marbeuf.

Il retourna chez le prélat et sut lui plaire par sa Iiorme mine rt ses manières modestes.

Bien que soufîrant. l'abbé de Saint-Ruf recevait beaucoup.

Le jeune officier fut de toutes les fêtes, de tous les dîners, et il put poursuivre les études qu'il avait ébauchées dans le cei'cle de Mi'e Bou. En même temps, il prenait goût au monde et commençait à ne pas se sentir trop dépaysé dans un salon.

L'abbé de Saint-Ruf, dont il avait gagné la conûance. lui facilita l'entrée de plusieurs maisons bourgeoises et le conduisit lui-même chez Mme Grégoire du Colombier, qui habitait une maison de campagne, les Basseaux, dont la meilleure société de la ville connaissait le chemin.

Là encore l'officier sut plaire, et Mme du Colombier, alors âgée de cinquante-quatre ans, en arriva bientôt à le traiter comme un fils.

Chez cette femme aimable et enjouée, au milieu de la jeunesse brillante qui fréquentait les salons des Basseaux, Bonaparte compléta sa transformation, devint un homme du monde passable et un causeur charmant.

Ml'e Bou ne reconnaissait plus son locataire, et peut-être l'excellente fille regrettait-elle un peu le temps où l'officier pâlissait sur ses bouquins.

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