‹ L'épopée serbe; l'agonie d'un peupleChapitre 2 sur 24 · RACONTÉ PAR UN TÉMOIN · texte numérisé non relu

RACONTÉ PAR UN TÉMOIN

M. Henry Barby a vécu en Serbie les trois derniers mois de Vannée igi5, ces trois mois trafiques où l'héroïque nation succomba sous les coups de trois adversaires coalisés.

Envoyé spécial du Journal au grand quartier serbe j il assista^ d'abord, sur le front du Danube, à l'invasion de l'armée allemande : armée plus que médiocre par la qualité de ses soldats : des enfants ou des vieillards, mais appuyée d'un prodigieux matériel de guerre et d'une formidable artillerie lourde, grâce à quoi la résistance désespérée des intrépides troupes du roi Pierre fut écrasée sous un ouragan d'acier,

M, Henry Barby suivit à cheval la retraite de l'arméejusqu'àPriszrend, retraite ou vint se joindre et se confondre toute une population éperdue, lamentable, de femmes, de vieillards, d'enfants, arrivant de toutes les directions , fuyant en débâcle devant les trois armées de barbares qui encerclaient la Serbie.

Puis^ au milieu de ce Jîot humain, c'est, dePriszrend à P Adriatique, la traversée, en hiver^ des montagnes sauvages et désertes d* Albanie; V effroyable exode dans la neige, la glace et la boue, dans la misère et la souffrance, sans vivres ni abris, tantôt à cheval, tantôt à pied, frôlant à chaque pas la mort, le long d'une route inconnue où les seuls jalons sont des cadavres ou des moribonds.

C'est enûn l'arrivée à Scutari, avec les missions françaises rassemblées ; puis un nouveau calvaire jusqu'à Durazzo; enfin l'embarquement pour V Italie et deux attaques de sous-marins contre le transport.

Ces Jours d'horreur, de détresse et d'indéfectible vaillance de la tragique épopée serbe, M. Henry Barby, qui en a partagé toutes les soujjrances et noté tous les héroîsmes, les évoque ici en un récit détaillé, pathétique et vécu.

Les Editeurs.

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