‹ L'époux parisienChapitre 14 sur 18 · BUREAUCRATIE · texte numérisé non relu

BUREAUCRATIE

Malheur à celui qui sollicite une affaire dans les bureaux du gouvernement ! Il faut qu'il passe par la filière de tous les commis , qui

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se le renvoient les uns aux autres comme une balle ; heureux encore si , après de longues allées et de longues venues, il arrive au but désiré.

La plupart de ces bureaucrates, semblables au valet qui veut singer son maître , prennent un air de morgue, un langage suffisant et des manières insolentes. Ignorons au suprême degré, ils tranchent sur tout avec hauteur ; rien ne les embarrassent , et par un oui ou un non articulés avec impertinence , ils s'imaginent avoir satisfait à votre demande , ou résolu la question que vous leur avez faite. Vous voulez répliquer , ils vous imposent silence, ne pouvant répliquer à vos objections.

Parmi cette foule de commis de tous les genres et de toutes les espèces , il y en a un certain nombre qui passent en partie des heures de bureau a tailler et à affiler leurs plumes, à discourir , en ricanant , sur les filles et les spectacles.

Que le jour paraît long au lâche qui travaille!

Ces Messieurs , dont l'activité et la diligence ne sont pas les premières vertus , comptent ,- avec impatience, les heures , les demiheures , les quarts-d'heures et jusqu'aux minutes. Quatre heures sonnent ; ils se lèvent , sortent avec la vitesse de l'éclair , entrent chez le restaurateur, de là au café, etpuis.au spectacle; aiusi finit la journée.

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