‹ L'époux parisienChapitre 13 sur 18 · BEL-ESPRIT · texte numérisé non relu

BEL-ESPRIT

Composé de petits talens et Je connaissances superficielles dont on a soin de faire usage et qu'on aiîiche journellement dans la société'.

A Paris il y a de beaux-esprits danstoutes les classes delà société; mais , c'est sur-tout au Parnasse, dans les Académies littéraires , et dans les bureaux d'esprit , qu'on en trouve de toutes les espèces el et de toutes les couleurs.

Pas de petite société qui n'ait son bel-esprit , regardé comme un prodige de connaissances, de talens et de mérite par tous les indivi-

dus qui la composent. Ce bel-esprit patenté peut défiler impunément toutes les sottises qui lui passent par la tète; il est sûr d'avance des applaudissemens et de l'admiration de ses auditeurs bénévoles.

ïl y a aussi de beaux-esprits femei-es , qui pour s'attirer une certaine considération , et se faire le point de mire général de tous les petits vers louangeurs , établissent des bureaux d'esprit , où l'on reçoit sans aucun examen tous les fabricans d'hémistiches qui peuvent faire montre d'un madrigal ou d'une charade de leur composition.

Cette petite cour de rimailleurs adresse journellement à sa prési-> dente ou plutôt à sa reine , des

çpitres , des élégies , des madrigaux , des idylles , des boutades, des acrostiches,desénigmes,des charades , des lpgogriphes , et même des anagrammes ; et comme il est juste que tout flatteur vive aux dépens de celui qui l'écoute, ils reçoivent, en échange , de l'encens qu'ils envoient par tourbillons au nez de leur divinité, des diners et des culottes.

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