‹ L'Épreuve de la Phénol-Sulfone-PitaléineChapitre 36 sur 71 · AU DIS · texte numérisé non relu

AU DIS

À ce moment entre en jeu un autre facteur :

C: La NOTION DE DÉBIT. — Albarran a enseigné qu’un rein qui débite 0 gr. 75 d'urée en ? heures est un rein médiocre.

-Au-dessous de ce chiffre, le rein est mauvais. Un rein qui, par

contre, débite en 2 heures 1 gr. 10 d’urée ou davantage est un rein qui peut, à lui seul, assurer l'existence du sujet.

Ici interviennent deux causes d'erreur : :

Un rein malade en état de polyurie momentanée éliminera l'urée sous une très faible concentration, etau total, en deux heures, il pourra excréter plus de 1 gr. 10 d’urée sous l’influence de cette diurèse abondante. |

Inversement, son congénère oligurique pourra être suffisant tout en éliminant moins de 1 gr. 10 d’urée en deux heures, . mais à une concentration satisfaisante. Ce faible débit uréique

tiendra alors, soit à une oligurie réflexe, soit à une néphrile

secondaire toxique qui disparaîtra avec l’ablation du rein malade. a,

Par ailleurs, un rein malade pourra éliminer plus de 1 gr. 10 d’urée en deux heures avec une bonne concentration sous l'influence d'une hyperpression uréique déterminée par une azotémie élevée.

Il existe là, comme on le voit, deux causes de faux débit uréique susceptibles d’induire gravement en erreur le chirurgien qui n'aurait pas en sa possession de moyens de conlrôle.

C'est, dans ce but, qu'Albarran utilisait l'épreuve de la polyurie expérimentale. Cette épreuve très satisfaisante, longtemps employée dans le service Civiale présente un gros

‘inconvénient.

Pour avoir une valeur réelle, La polyurie aqueuse doit s'accompagner de polyurie uréique; dès lors, chaque demiheure, en même temps que l’on évalue la quantité d'eau éliminée par chaque rein, il convient de doser la quantité d’urée excrétée. On conçoit dès lors les complications techniques qu'entraine cette méthode, si l’on veut l'appliquer

- dans son intégralité. a

L'épreuve de la P. S. P. la remplace désormais dans le

pare

service de notre Maître, à cause de sa plus grande commodité et de ses résultats tout aussi précis comme méthode de contrôle.

En effet, non influencée par la polyurie, elle permet par un seul chiffre de trancher la question des faux débits et d’interpréter du même coup, débit et concéntration uréique.

Prenons des exemples :

Mme X..., entre à Lailler, lit n° 1, pour pyonéphrose calculeuse droite. Nous pratiquons son cathétérisme et constatons des éjaculations purulentes épaisses en serpent de Pharaon par l'O. U. droit. Notre sonde d’ailleurs ne peut pénétrer de ce côté.

Du côté gauche, la sonde est facilement placée et fournit en ? heures 139 centimètres cubes d'urine donnant 1 gr. 54 d'urée, sous une concentralion de 11 gr. 13 p. 1.000.

Ce rein, à ne considérer que ces chiffres, élait donc suffisant (le rein droit, par la sonde vésicale, n'avait absolument rien secrété).

Mais une élimination phtaléinique à 13 p. 100 éveilla des doutes.

L'azotémie recherchée révéla à des jours successifs des chiffres croissants de 1,21 à 1,23, 1,30 p. 1.000, malgré un régime strict hypoazoté et des diurétiques. .

Le rein gauche était donc déficient, comme le montrait la phtaléine. ;

L'état général, s’aggravant de jour en jour, on pratique malgré tout la néphrectomie droite, pensant que la lésion rénale gauche pouvait être d'ordre toxique et susceptible de s'améliorer après ablation du foyer rénal droit infectieux.

Il n’en fut rien, la malade succomba d'insuffisance rénale progressive en 4 ou 5 jours.

IT s'agissait bien là, comme le montrait la phtaléine, d’un Jaux débit par excès provenant d'une forte azotémie associée à une polyurie élevée.

Dans d’autres cas, au contraire, on rencontre de mauvaises éliminations uréiques du côté supposé sain qui s'opposent nettement avec un débit phtaléinique suffisant.

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