‹ L'épreuve [microforme]Chapitre 30 sur 36 · XX VIII · texte numérisé non relu

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Madame Monteil, bonne comme "© ": es mères, pleurait la mort &e son enfant. (3%, 0 objet qui rappelait son souvenir lui eau: :f V7 peine extrême. Excellente chrétienne, el : vriuli pendant de longues heures, afin de diss'u:r les nuages qui assombrissaient son âme °t a ‘er la plus grande ferveur, les plus beaïx se” iner"s d’une piété sincère, elle accompag''ut vchay'e Ave d’un soupir, sa prière s’achevait par un sanglot.

O grandeur du cœur maternel, océan de bonté et d’amour, tout concourt à l’éprouver et à le meurtrir. Un sourire de l’enfant le fait palpiter, sursauter de joie, une indisposition même légère le rend inquiet, l’étreint ! ! .............................

En face du vide qui s’était fait autour d’elle, des tortures morales qu'avait endurées son enfant, elle réalisait combien la mort a quelque chose de sinistre quand elle vient avant l’âge détruire de tendres affections. Elle se rappelait les dernières paroles de sa fille, et, plongée dans une réflexion

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profonde, elle s’exerçait à les bien pénétrer, à s’y habituer, à les mettre en pratique. Elle se souvenait qu'avant de mourir, Violette lui avait dit en pleurant que Paul était innocent et combien elle désirait qu’elle la remplaçât anprès de son fiancé malheureux.

Elle avait cru, comme la plupart, à la culpabilité de Paul, maintenant elle croyait à son inno cence et éprouvait pour lui de lasympathie, de la pitié... Et sa pauvre enfant qui l’avait tant aimé, qui était morte en prononçant son nom !

Hélas ! tout lui semblait trouble et anormal dans son existence. Son cœur était rempli de nuages, le ciel lui paraissait sillonné d’éclairs, s’entr’ouvrir et gronder sur sa tête, le monde avait dans son esprit l’aspect hideux d'êtres fautifs et suspects, d’agglomérations d’organes sensitifs, mûs par les passions, l’égoïsme et l’injustice..……. Paul était donc innocent et gémissait depuis bientôt deux ans dans cette maison réservée aux criminels, aux indignes...……. Elle réunissait dans son affection le souvenir de sa fille, qui n’était plus, et celui de son fiancé malheureux. Se recueillant avec ferveur au pied du Juge suprême, elle reprenait à prier pour les deux êtres disparus.

Pour être agréable à l’âme vigilante de sa pauvre enfant et accomplir envers Paul le devoir que lui dictait sa nouvelle conviction, elle résolut de parler, d’essayer à éclaircir le drame mystérieux. Elle en parlerait à Rodolphe à sa prochaine vi-

site, elle affirmerait la certitude qu’elle avait d’une injustice commise contre Paul, et le gagnerait à faire des démarches pour obtenir sa liberté,

A cet instant, Edouard entrait en compagnie de Rodolphe qui s’avança triste et songeur vers la mère désolée, en prière. Il s’inclina révérencieusement devant elle, balbutiant plutôt qu’il ne les dit, des paroles affectueuses qui sortaient péniblement de sa gorge convulsée..…..

—Je vous remercie, Rodolphe, dit-elle, de ne

pas nous oublier, de nous donner une preuve de la sincérité de votre amour, par l’évidence de votre affliction durable, —Ah ! madame, dit Rodolphe, je serais un ingrat de déjà ne plus pleurer celle que vient à peine de nous enlever la mort inexorable, Après une grande catastrophe, il faut donner à la nature le temps d’en effacer les traces ; mais, madame, je suis atteint trop profondément, et le temps ne guérira jamais ma blessure. Pauvre Violette ! que de grandeur d'âme, que de dignité, de fermeté elle. mettait tout naturellement dans un amour qui ne s’est jamais démenti. Madame, plus elle donnait des preuves de cet amour fidèle pour Paul, plus j’admirais son grand cœur qu’illuminait et embellissait encore davantage les traits délicats de sa figure. Oui, plus je l’aïmais, quoi: qu’il eut été plus naturel d’éprouver de la jalousie et de l’amertume, de lui voir préférer nn autre que moi.

—En effet, Rodolphe, il est étrange que son

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