AVANÇONS, MARCHONS DROIT
Avançons, marchons droit, la voie est une
[étude, Et la mort est un bien qu'on acquiert en
[marchant, L'homme trouve un repos au bord des solitudes, Le travail est la vie et la vie est un chant.
Si le soleil est beau, si le bon vent nous mène, Nous suivrons le sentier qui traverse les bois. Marchons vers le silence ému des claires plaines, Le bonheur n'a qu'un jour, le jour a ses émois.
Méditons notre amour, contemplons le rivage, Saluons en passant le croix de nos aïeux. Dans le dernier adieu du suprême voyage,
Ils ont brisé leur rêve, et nous rêvons comme
[eux.
Ceux qui pleurent n'ont pas connu le chant
[de l'âme,
Ils n'ont jamais compris tous les serments tenus
De la saison qui meurt, de la clarté des flammes,
Près de la paix austère, avec les dieux venus.
Ceux qui pleurent n'ont pas connu l'espoir de
[vie :
Pourquoi tous les labeurs, pourquoi tous les
[repos ?
Pourquoi les dévouements à côté de l'envie ? Pourquoi l'instant de joie et l'océan des maux ?
Qu'ils sachent donc qu'il faut de tout pour
[faire un monde, Et que la sombre mort nous est un complément. Lutter est le destin du siècle qui se fonde, Et l'aile qui se meut tend vers les firmaments.
Qu'importe que les corps dorment dans la
[poussière fei notre âme éternelle escalade l'azur ! L'âme qui se dédouble absorbe la lumière, Et sa raison éclaire et son coup d'aile est sûr.
O vous qu'un même espoir guide vers cette
[aurore De 1 immortelle gloire et des divins séjours, Inspirez vos refrains au grand écho sonore Qu'éveilla le passé, que soutient votre amour.
Amour du sol natal, amour de la patrie C'est en toi que l'on puise enfin tous nos accents, ïorets, fleuves et monts, plaines, terre chérie, Ciel canadien, je vous aime, je vous ressens. '
Je lis vos horizons et je bois à vos sources, Je contemple vos nuits et chante l'avenir, Je poursuis du regard les astres dans leur
[course, Aux replis de mon coeur j'écris vos souvenirs !
Sol nouveau des destins et des races promises Mon coeur te sourira jusqu'à son dernier jour. Je mêle tes beautés aux drapeaux dans tes
[brises,* Aux credo de ta foi je mêle mon amour.
Mais serviable est ma voix qu'après être
[comprise, Comme utile est la voile aux heures de bon vent ; L'âme soutient les corps, l'espérance est pro-
[mise :
Le Canada grandit, il lutte : il se défend. .
Il ne faut pas pleurer, il ne faut pas se plaindre, L'univers marchera comme il marcha toujours. Des mondes renaîtront quand d'autres vont
[s'éteindre, Luttons comme les flots et suivons notre cours.
Le sol ne périt pas, mais c'est le lit du fleuve Qui roule en flots pressés vers l'éternelle mer. Le soleil luit sur nous, il luit sur notre épreuve, Nous serons purifiés de nos défauts amers.
Si l'existence est gouffre où la nuit se fait
[sombre Indiquons de la voix l'embûche et le remords. Que vos coeurs soient un mur contre la haine
[et l'ombre,
Apprenons-le, petits, au nom de nos grands
[morts !
Un ange sur nos fronts a déployé ses ailes,
Stoïques jusqu'aux pleurs nous saluons le fort.
A la voix du passé sévèrement fidèles,
Et la chanson de France en nous est neuve
[encor.