‹ L'Équipement De La Région Sanitaire De Clermont-FerrandChapitre 12 sur 39 · MORALEMENT · texte numérisé non relu

MORALEMENT

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La prévention est dans ce domaine beaucoup plus malaisée à concevoir et surtout à réaliser puisqu'il ne saurait s'agir que d’une vaste action de propagande tendant à faire l'éducation des masses et à augmenter leur moralité.

C'est au dépistage de l'Enfance moralement abandonnée que doivent être apportés, pour l’heure, les soins les plus attentifs.

La première action de dépistage organisé incombe à tous les Services Sociaux familiaux, qui doivent déclencher sans retard l'intervention des Services Sociaux près des Tribunaux. (Nous reparlerons de l’organisation technique de ces Services Sociaux spécialisés dans le chapitre de l'Enfance inadaptée.)

Lorsque le cas d’un enfant moralement abandonné sera signalé par une Assistante Sociale familiale, au Service Social près du Tribunal, une enquête approfondie sera immédiatement effectuée par cet organisme qui prendra l'initiative d’en référer au Procureur de la République si le cas lui parait comporter une solution judiciaire,

La nécessité de placer l’enfant sous la protection de la Justice

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étant une éventualité fréquente, c'est à cette dernière qu’il appar- Hendra, dans la plupart des cas, de se prononcer sur les mesures opportunes,

La gamme des mesures judiciaires est à la fois riche et souple; elle comprend, par ordre de gravité : l’admonestation aux parents, l'assistance éducative, la tutelle aux Allocations familiales (loi du 22 août 1946), le retrait du droit de garde, la déchéance totale de la puissance paternelle.

Dans ce dernier cas, la tutelle des enfants sera alors confiée soit à un tiers, soit au Service d’Assistance à l'Enfance, soit à un Etablissement de Bienfaisance.

Le dépistage de l'Enfance moralement abandonnée se présente done d’abord comme un problème social, comportant, la plupart du temps, l'intervention de la Justice.

Lorsque l'enfant est enlevé à ses parents, il devient, tout comme l'enfant matériellement abandonné, pupille de l'Etat ; il est «lors pris en charge par les Services d’Assistance, et c’est dans le cadre de ces derniers qu’auront à s’exercer les diverses mesures d'Hygiène Mentale opportunes.

Mais lorsque l’enfant présumé « en danger moral » est laissé sous certaines conditions à ses parents, il importera toujours d'ajouter aux diverses garanties requises celle de la surveillance médico-psychologique de lenfant par un Dispensaire ou une Consultation spécialisée d'Hygiène Mentale,

Cette précaution devra toujours ètre présente à l'esprit des Magistrats et des Services Sociaux soucieux d'accomplir leur tâche avec le maximum d'efficacité.

Il ne s’agit d’ailleurs que de rendre plus systématique une pratique dont lutilité et l’intérêt sont déjà assez généralement compris des défenseurs et des protecteurs légaux de lEnfance moralement abandonnée.

ACCUEIL et OBSERVATION

Les enfants matériellement abandonnés ou les enfants enlevés à leurs parents par mesure de justice sont pris en charge par les Services d’'Assistance à l’Enfance, et c’est ici le lieu de rappeler la somme énorme de dévouement qui s'exerce tant dans les organismes publics que dans les organismes privés, en faveur de cette Enfance privée de tutelle naturelle.

Le premier échelon de l’Assistance à l'Enfance abandonnée est représenté par le Centre d'Accueil.

Le Centre, ou Foyer d'Accueil, est un organisme départemental relevant administrativement de la Direction de la Population.

Dans-la pratique, le Centre d’Accueii est un lieu de passage

où l'enfant est appelé à séjourner avant son placement. Dans le principe, le Centre d'Accueil devrait être également un Centre d’Observation, c’est-à-dire un organisme préposé à l'étude et à la solution du problème individuel posé par chaque pupille.

L'enfant abandonné, on ne saurait trop y insister, n’est pas qu’un cas social. La situation d'abandon est la situation vulnérante par excellence pour l'équilibre de l'enfant. Sa nocivité doit ètre évaluée pour chaque cas. Ce qui revient à dire que chaque pupille doit être soumis à une observation médico-psychologique approfondie, dans la perspective de mesures à prendre pour son épanouissement, son adaptation, son traitement, s'il y a lieu.

Pour chaque enfant se posent un problème de diagnostic et un problème d'orientation qui doivent être résolus par une observation et un examen médico-psychologique.

Le Foyer Départemental des Pupilles doit être organisé dans cet esprit pour être élevé au niveau matériel et technique d’un Centre d'Accueil et d’'Observation.

La Région Sanitaire de Clermont-Ferrand possède un Foyer d'Accueil par département; ces Foyers fonctionnent respectivement :

Pour l'Allier, dans le cadre de l'Hôpital de Moulins.

Pour le Cantal, dans le cadre de la Maison de l'Enfance d'Aurillac.

Pour la Haute-Loire, dans le cadre de l'Hôtel-Dieu et de l'Hôpital du Puy.

Pour la Lozère, dans le cadre de l'Hôpital-Hospice de Mende.

Pour le Puy-de-Dôme, dans le cadre de l'Hôpital Général de Clermont-Ferrand.

Ces Foyers sont tous insuffisants tant au point de vue locaux qu'au point de vue équipement, ce qui a conduit la Commission d'Action Sanitaire et Sociale à prévoir, dans son plan d'équipement régional, la création dans chaque département d'un Foyer de l'Enfance ou Foyer des pupilles répondant aux nécessités de l'accueil ainsi que de l'observation médicale et médico-psychologique.

Le département du Puy-de-Dôme est redevable à M. Guénier,

Inspecteur Divisionnaire de la Population, d'un projet en voie de réalisation.

Un autre projet portant réfection d'un bâtiment en bordure

de l'Hôpital Emile-Roux au Puy est également envisagé dans la Haute-Loire.

Le plan qui illustre ce chapitre est un plan schématique et indicatif de Foyer de l'Enfance Abandonnée.

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CURE et PLACEMENT

Après avoir été ainsi étudiés et observés dans les conditions les plus propices, les pupilles seront l’objet de placement.

Les résultats des examens médicaux et médico-psychologiques pourront conduire à placer certains enfants dans les Centres de Cure les plus divers et notamment dans les établissements spécialisés en pédagogie spéciale ou en rééducation. Dans la plupart des cas toutefois, c’est vers la réalisation de conditions de vie aussi rapprochées que possible de la normale que devront tendre les efforts. Ce qui manque à l'enfant abandonné, c’est une famille ; ce qu'il convient de lui procurer, c’est un milieu familial de remplacement.

Le Placement familial est une pratique ancienne des Services de l’Assistance à l'Enfance. Il reste, pour la grande généralité des cas, la solution de choix.

Il est naturel de placer les mineurs abandonnés dans une nouvelle famille d'adoption, qui est la solution la meilleure et la plus ‘humaine puisqu’elle permet de maintenir l'enfant dans des condilions aussi proches que possible de celles qu'il aurait pu trouver dans son propre milieu familial.

La réalisation de ces placements est réglée par l'Ordonnance du 2 novembre 1945.

Pour les enfants du premier âge, on tend de plus en plus à les placer dans des familles rurales groupées en « Centres Nourriciers », au cœur duquel réside une infirmière d'adaptation, et sur lequel s'exerce la surveillance d’un médecin spécialisé. Grâce à ces heureuses dispositions, les services de l’Assistance ont réussi à ramener à Zéro la mortalité des nourrissons qui leur sont confiés.

Le même principe d'organisation reste valable pour les mineurs plus âgés confiés à des Foyers ruraux.

Le département du Puy-de-Dôme possède un Centre Nourricier à proximité de la localité de Cournon. L'Allier et la Haute-Loire possèdent également un Centre Nourricier, le premier dans l'arrondissement de Moulins et le second dans l'arrondissement de Brioude. Pour les enfants plus âgés, des Services de l'Assistance de la Région procèdent habituellement encore à des placements disséminés. À noter cependant l'existence sur le territoire de plusieurs centres de placements organisés et gérés par le département de la Seine pour ses ressortissants.

Le Placement familial, même organisé sur une grande échelle, ne peut malheureusement pas suffire à résoudre le problème de PAssistance à l'Enfance abandonnée,

Le placement en internat restera longtemps encore, semblet-il, une nécessité pratique, et l’orphelinat, quel que soit le nom et la forme que lui impose le progrès des conceptions modernes, persistera vraisemblablement dans l'avenir.

Tant qu'il ne sera pas possible de renoncer à des communautés d'enfants sans famille, bon gré mal gré, l’orphelinat et ses écueils survivront.

Pour l’heure, semble-t-il, il convient de s’employer à leur insuffler une nouvelle vie, à les amener à une compréhension élargie de leur mission sociale et à une participation plus adaptée au progrès technique.

Cette réforme ne serait pas tellement malaisée si une doctrine précise était tout d’abord formulée, si des conditions d'agrément étaient exigées et si, enfin, un financement normal de fonctionnement était réalisé.

La Région du Centre est largement pourvue en orphelinats :

L'Allier possède 6 orphelinats d'une capacité totale de 300 lits.

Le Cantal possède 4 orphelinats d'une capacité totale de 200 lits.

La Haute-Loire possède 3 orphelinats d'une capacité totale de 185 lits.

La Lozère possède 4 orphelinats d'une capacité totale de 230 lits.

Le Puy-de-Dôme possède 9 orphelinats d'une capacité totale de près de 500 lits.

La plupart de ces établissements sont des œuvres privées. Si le mérite et le dévouement de ces œuvres à la grande cause de l'Enfance abandonnée ne saurait être discutés, il n'en reste pas moins que presque tous auraient à accomplir de gros efforts de renouveau pour se mettre au niveau des desiderata modernes de la technique.

C'est ainsi qu'en a jugé la Commission d'Action Sanitaire et Sociaie qui a prévu dans son plan d'équipement régional la réforme des méthodes actuelles de ces organismes.

Il est juste de signaler que des progrès ont été accomplis en divers endroits; que certains établissements comme «le Foyer de l'Enfance» de Thiers, dans le Puy-de-Dôme, tendent à se rapprocher des formules plus modernes en laissant loin derrière eux les aspects sévères et les procédés peu épanouissants du passé.

Nous ne saurions clore ce chapitre sans mentionner, avec l’intérêt qui lui est dù, la ressource offerte par l'adoption. L'adoption

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connaît de nos jours une certaine vogue. Elle peut représenter pour l'enfant abandonné une véritable faveur du destin et cependant on ne saurait manquer de faire à son sujet quelques réserves portant sur la grande opportunité qu'il y aurait à pouvoir limiter l'exercice de cette belle variété d’entraide sociale aux sujets offrant des garanties suffisantes de capacités éducatives et d'équilibre

individuel.

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