‹ L'équivoque du classicismeChapitre 41 sur 62 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

tourne vers les choses sérieuses, les choses pratiques ! Qu'y a-t-il de plus important que le bonheur, et comment être véritablement heureux, sinon tous ensemble, par la société?

Le génie de la littérature, on le saisit, là, dans son véritable rôle. Voltaire et Montesquieu ont servi de transition entre les purs classiques et les écrivains du nouveau siècle. Voici maintenant les d'Alembert, les Diderot, les d'Holbach, les Helvétius, tous les philosophes, tous les collaborateurs de l'Encyclopédie! Voici Jean-Jacques Rousseau.

Pks de crainte ! la littérature est libre, l'écrivain peu» livrer sans crainte toute sa pensée, chercher la vérité et la proclamer parmi le monde. Le livre accomplit sa fonction véritable. Il libère la race. Il crée l'Homme.

Les mots déterminent les événements en agissant sur les causes. Ils éclairent; ils chassent l'erreur et l'ignorance ; ils secouent les apathies, les inerties originelles ; ils suscitent les raisons de vouloir et de se mettre à l'œuvre ; ils montrent au peuple que les réalités sociales dépendent de lui-même et qu'il peut les transformer ainsi qu'il lui convient. Les seules forces des choses n'eussent point amené cette détermination. L'Esprit était nécessaire, l'Esprit créateur des mots et qui savait alors s'en servir universellement.

Il ne faudra pas cinquante années à l'Esprit, à la Littérature, pour déchaîner la Révolution.

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