AUTOMNALES
De buccins haut sonnant aux vides carrefours
VÉté rallie en vain ses flottantes cohortes.
N'as-tu pas entendu, tout ce jour,
passer sur la plaine et les routes
la tourbillonnante déroute
des feuilles, des rouges feuilles mortes.
Écoute, 'Bien-Aimée, écoute*
Aux carrefours veufs de passants,
comme de larges flaques de sang
les feuilles stagnent et s'amoncellent
au pied des arbres et l'on croit voir,
quand viennent les crépuscules blêmes,
de fabuleux guerriers dardant vers le ciel noir
un ultime geste de haine,
cependant qu'à leurs pieds ruisselle
le sang pâle que leurs blessures ont saigné.
Ecoute, écoute, 'Bien- Aimée!
Moureç les joies de nos lointains étés, voici l'automne et ses longs soirs et ses jours gris et les tendres langueurs de ses tièdes midis oit s'attarde Vagonisante extase des soleils.