‹ L'Ermitage - 1896 - volume 13Chapitre 125 sur 140 · AUTOMNALES · texte numérisé non relu

AUTOMNALES

De buccins haut sonnant aux vides carrefours

VÉté rallie en vain ses flottantes cohortes.

N'as-tu pas entendu, tout ce jour,

passer sur la plaine et les routes

la tourbillonnante déroute

des feuilles, des rouges feuilles mortes.

Écoute, 'Bien-Aimée, écoute*

Aux carrefours veufs de passants,

comme de larges flaques de sang

les feuilles stagnent et s'amoncellent

au pied des arbres et l'on croit voir,

quand viennent les crépuscules blêmes,

de fabuleux guerriers dardant vers le ciel noir

un ultime geste de haine,

cependant qu'à leurs pieds ruisselle

le sang pâle que leurs blessures ont saigné.

Ecoute, écoute, 'Bien- Aimée!

Moureç les joies de nos lointains étés, voici l'automne et ses longs soirs et ses jours gris et les tendres langueurs de ses tièdes midis oit s'attarde Vagonisante extase des soleils.

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